‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 4)Chapitre 63 sur 189 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

LE DICTIONNAIRE DE L'ACADÉMIE. L'ANCIENNE ET LA NOUVELLE ORTHOGRAPHE RESTENT EN PRÉSENCE.

j En 1694, l'Académie porta au roi son Dictionnaire. Lai; Compagnie, dit la Préface, « s'est attachée à l'ancienne Orthographe receuë parmi tous les gens de lettres, parce qu'elle ayde à faire ctnnoistre r Origine des mots. C'est pourquoy elle a creu ne devoir pas authoriser le retranchement que des Particuliers, et principalement les Imprimeurs ont fait de quelques lettres, à la place desquelles ils ont introduit certaines figures qu'ils ont inventées, parce que ce retranchement oste tous les vestiges de l'Analogie et des rapports qui sont entre les mots qui viennent du Latin, ou de quelque autre Langue. Ainsi elle a écrit les mots Corps, Temps, avec un P, et les mots Teste, Honneste, avec une S, pour faire voir qu'ils viennent du Latin Tempus, Corpus, Testa, Honesius ^ ».

(( Il est vray qu'il y a aussi quelques mots dans lesquels elle n'a pas conservé certaines Lettres Caractéristiques qui en marquent l'origine, comme dans lès mots Devoir, Février, qu'on escrivoit autrefois Dehvoir, et Febvrier, pour marquer le rapport entre le Latin Debere, et Februarius. Mais l'Usage l'a décidé au contraire ; Car il faut reconnoistre l'Usage pour le Maistre de l'Orthographe aussi bien que du choix des mots » [Académie, Préf. êi j).

Cette déclaration donne une idée très exacte des résolutions adoptées. L'orthographe du Dictionnaire est telle que la faisaient attendre les Cahiers, volontairement et systématiquement archaïque, avec quelques concessions à l'usage. Pendant ces vingt ans, où tant de progrès s'étaient réalisés au dehors, on n'avait presque rien

1 . « C'est ce qui a rendu inutiles les diverses tentatives qui ont este faites pour la reformation de l'Orthographe depuis plus de cent cinquante ans par plusieurs particuliers qui ont fait des règles que personne n'a voulu observer. Ce n'est pas qu'ils ayent manqué de raisons apparentes pour dell'endre leurs opinions qui sont toutes fondées sur ce principe, Qu'il faut que l'Escriture représente la Prononciation ; Mais cette maxime n'est pas absolument véritable; Car si elle avoit lieu, il faudroit retrancher l'R finale des Verbes Aymer, Céder, Partir, Sortir, et autres de pareille nature dans les occasions où on ne les prononce point, quoy qu'on ne laisse pas de les escrire » (Académie, préf., ê i j.)

appris ^ Sans doute quelques lettres fuient sacrifiées : rheiime devint rhume, charactere = caractère. Des lettres doubles furent réduites aux simples dans banderole, bricole, bonace ; desprendre, descourager, d'autres encore perdirent leur s. En revanche on y rencontre dauphin, chyle, recepte, aggrandir, tandis que les Cahiers donnaient daufîn, chile, recette, agrandir. Les améliorations ne sont ni systématiques ni fort nombreuses. Et rorthograjjhe du Dictionnaire est, à de minimes diiîérences près, celles des Cahiers. De toutes les améliorations déjà en usag-e, l'Académie n'a guère accepté que la distinction de J et de i, de v et de u.

Elle ignore l'emploi de l'accent circonflexe ou de l'aigu pour remplacer s : apostre, tost, teste, descouvrir.

L'aigu n'est pas utilisé comme il aurait dû l'être : collège. L'accent grave est absent de procez, où se maintient le z. De sorte que toutes les notations employées ailleurs dans la conjugaison d'un verbe comme vous amènerez, vous amenez, semblent encore ignorées.

Les lettres grecques sont conservées avec soin : chymie, phlegme. A tisane le lecteur est renvoyé à ptisane ! Des consonnes étymologiques hérissent une foule de mots où on n'avait déjà plus l'habitude de les voir : sçavant, raffraischir, obmettre, oinct, poulmon.

Il faut dire que le plan même qu'avait adopté l'Académie la condamnait à ces archaïsmes. Puisque sous écrire, il fallait réunir, en vertu de l'ordre par racines, toute une famille disparate, escrire et escrivain se trouvaient mieux en rapport avec scribe ou description que ne l'eussent été écrire, écrivain. Pour la même raison manuscript était rapproché, grâce au p, de inscription.

Il n'en est pas moins vrai que la langue se trouvait ainsi affublée d'un vêtement qu'elle avait reçu de Robert Estienne, mais qu'elle n'avait déjà plus l'habitude de porter, et qui lui allait comme allaient à nos mariées de village, les vêtements des grand' mères pieusement conservés, dont on avait rafraîchi quelques ornements. Si encore le système eût été simple et régulier ! Mais diverses concessions à l'usage s'étaient imposées. De là l'absence de tout principe fixe et des inconséquences d'une famille à l'autre, ainsi que je l'ai montré plus haut.

Ce n'était pas un fait sans importance que l'Académie eût pris parti dans le débat orthographique. Si son autorité nesimposa pas, il n'en est pas moins vrai que le Dictionnaire laissait croire, ce qui

1. Dans les Observations sur Vauj^elas on énonce des principes comme ceux-ci : o» dit la plus rfrand'chère&u superlatif, mais il faut écrire la plus grande ! (Vaug., I, 279;.

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n'était pas, à savoir que les gens de lettres et les grammairiens avaient réglé la forme de la langue, comme la langue même, et dans les mêmes débats. Ailleurs usage avait une valeur bien déterminée, le mot représentait réellement l'opinion des cercles aristocratiques ; ici il prenait un tout autre sens et c'était équivoquer que de dire, comme la Préface « l'usage est le maître de l'Orthographe comme du choix des mots ». L'usage orthographique, pour reprendre l'expression de Vaugelas, n'était point « déclaré », il n'avait en tout cas point été reconnu par les mêmes autorités que le reste, c'était un usage d'imprimeurs, non d'auteurs, de gens du monde ou de grammairiens. L'existence d'une orthographe dite de l'Académie et qui n'était en réalité celle d'aucun de ses membres, allait obscurcir ce fait que j'espère avoir mis en lumière. Elle créait une équivoque, dont les conséquences à l'époque furent minimes, mais dont la langue ressentit les effets par la suite. Car on en viendra à proclamer que le peuple, maître tout puissant des langues, n'apoint de droits sur l'écriture, et bientôt, d'erreur en erreur, on prétendra que c'est l'écriture qui règle la langue parlée. Pour le moment, d'autres inconvénients se voyaient déjà. Il était fâcheux que l'Académie prît la suite du mouvement au lieu de le conduire. Il eût pu désormais y avoir une orthographe officielle. Il n'y eut qu^une orthographe académique, sans autorité. Ce n'était pas ce que Richelieu et Colbert avaient voulu. Le public y perdait, la Compagnie aussi, puisqu'elle fut par la suite obligée de se déjuger.

Déjà l'année même où parut le Dictionnaire, elle était désavouée par le plus compétent de ses membres. « L'abé Dangeau », comme il signait lui-même sur les Registres, donnait au public une Lettre sur Vortografe ^. Sa doctrine et sa pratique sont aussi loin que possible de celles de ses confrères. Il « respecte quelquefois les usages anciens sans les aprouver » (15), mais sur presque tous les points son indépendance est complète. Aussi hardiment que Monet il substitue an k en : amployer, an fin, ansuite. Même dans l'usage qu'il fait des accents, il montre de la décision et de la hardiesse. L'è et l'e lui servent non seulement à distinguer des timbres de voyelles près, prés, mais, comme on le verra par la suite, à économiser des consonnes (8-9). Il n'est pas moins judicieux dans l'emploi du circonflexe, qu'il refuse d'étendre à tous les cas où une consonne a disparu, et dont il surmonte les longues seules, pour

1. Cette lettre est reproduite dans les Essais de grammaire, publiés au xviu" siècle par d'Olivet {Opuscules sur la l. fr. par divers Académiciens) et au xix' par Jullien. L'édition originale (1694) esta la Bibl. Nat. (Inv. X. 2375).

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remplacer la lettre qui servait à marquer la quantité *. Il a gardé Vy là où on prononce deux i : royaume ; partout ailleurs il Ta remplacé par f, même dans les mots d'origine grecque '^. Dangeau retranche enfin les lettres étymologiques : savant, savoir, cronologic, teorie, fdosofe, tout ce fatras dont les Italiens et les Espagnols se sont défaits et qui « ne fait qu'embarasser le lecteur » (15) 3.

Peut-être le bouleversement est-il cependant plus sensible encore dans les remarques qui font suite au Discours sur les consones. Il ose une suppression générale des doubles consonnes qui ne se prononcent pas ^. Il ne fait grâce qu'à ss, nécessaire tant que Y s sera

1. « Je répons que je ne l'ai ôtée (la lettre sdeplusieurs mots où on a accoutumé de l'employer) que de ceux où elle ne se prononce pas. Mais, dites-vous, il y a quelquesuns de ces mots où elle scrvoit à alonger la voyelle après laquelle elle ètoit, comme dans Evesqiie, Prestre, oster, etc. . . c'est pourquoi afin de faire connoître que ces voyelles sont longues, j'y ai mis un accent " , Evêque, Prêtre^ ôter. II y a déjà beaucoup de gens qui sont de même avis que moi, et qui retranchent des lettres inutiles : mais au lieu de ne mettre des accens " que dans les lieux où la longueur de la silabe ètoit marquée par les lettres qu'ils ôtent, ils en mettent dans tous les mots dont ils retranchent quelques lettres, et ils écrivent, il a crû, il a prèvù... parce qu'ils ont retranché de ces mots ou un e ou une s. C'est une faute qui peut induire en erreur, et qui peut doner une prononciation longue aux silabes qui doivent être brèves. Ceus qui écrivent des s dans les lieux où on ne les prononce pas, embarassent fort ceux qui lisent; Vs ne se prononce pas dans respondre, elle se prononce dans correspondre; éle ne se prononce pas dans respondant, elle se prononce dans responsable, elle ne se prononce pas dans destruire, elle se prononce dans destruction. Gomment peut faire un étranger, un enfant, etc. pour deviner de quelle manière il doit prononcer ? » (p. 7-8).

2. Dangeau essaie d'expliquer les origines de cet abus de l'y. « La lettre que les Grecs nommoient upsilon, et qu'ils écrivoient ainsi Y, avoit une prononciation qui aprochoitfortde notre iz Fransois; et comme les Latins n'avoient point de lettre qui répondît précisément à cette prononciation, ils se servoient du caractère Grec dans les mots qu'ils avoient pris de la Langue Grecque. . . cependant on est venu à s'en servir dans des mots purement Fransois, voici comme cela est arrivé. Quand dans l'écriture il se trouvoit deux l'de suite, et qu'ils étoient joints par une liaison, comme les écrivains ont accoutumé de joindre la pluspart des lettres d'un même mot, il y avoit à craindre qu'on ne les prît pour un u. Afin d'y remédier on alongea la queue du second t, et l'on trouve encore beaucoup de livres Latins soit manuscrits, soit imprimés, où les derniers i. . . sont plus Ions que les autres. On en usa tout de même dans les mots de la Langue Fransoise où l'on prononce deux i comme moyen, loyal, el. . . cette figure d'y... a passé dans la suite... à la fin des mots... moy, loy, etc. Cet y introduit dans la fin des mots où il est inutile, puisqu'on n'y prononce qu'un seul i, a passé depuis dans des lieux où il est non seulement inutile, mais même vicieus » (11-12).

3. Voici un spécimen emprunté à la page 7: « Vous voulez, Monsieur, que j'écrive quelque chose pour justifier mon ortografe, et pour rendre raison des nouveautés qu'on dit que je veux introduire. Je vais tâcher à répondre à une partie desdificultés que vous m'avés proposées, j'en viendrois bien plus aisément à bout de vive voix que par écrit. Ces prétendues nouveautés vont à rendre l'écriture plus conforme à la prononciation, et ces raports des caractères avec les sons dont il s'agit ici, se comprendroient bien mieux par la conversation que par la lecture ». Eu 1722, l'orthographe est bien plus simplifiée encore.

4. « Quand deus consones samblablcs se prononcent come s'il n'y en avoit qu'une, je n'en écris qu'une; par exemple j'écris aprundre, ahalu, ocasion, adoner, afaire, èfacer, exagérer, agresseur, vile, halet, foie, unie, ampoule, comander, comerce,

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employée en fonction de z. Il a « été tante d'écrire uzage^ pluzieurs », mais il n'a pas osé, quoique hardi en cette matière (i). Il hésite aussi à proposer granmaire, ardenment (p. 7), bien qu'il s'en serve (11). Mais ailleurs il rompt avec l'usage. De terre et tère, de rejette et rejeté, j'appelle et j'apèle, il choisit les plus simples et écrit avec les accents (8-9).

Je n'entrerai pas plus avant dans l'examen du système. Ce que j'en ai dit suffit à mesurer la distance qui sépare l'orthographe de Dangeau de l'orthographe académique. Or l'opuscule était adressé à Pontchartrain par le principal grammairien de l'Académie, Et c'est là un indice suffisant que même aux yeux de certains membres de la Compagnie, l'orthographe adoptée par elle était provisoire. Nous le savons d'ailleurs d'autre source. Sur des questions aussi essentielles que la conservation de ez comme flexion du verbe : vous menacez, on discutait dans les bureaux sans pouvoir se mettre d'accord. L'opinion, très suivie dans le publie, qui voulait partout es, avait ses représentants (Choisy, Jo«r/i., 305).

Au dehors, l'ancienne et la nouvelle orthographe, comme on continuera à dire pendant cinquante ans, restèrent en lutte. Le Dictionnaire de l'Académie contribua à maintenir la première, cela est hors de doute, mais son action fut moindre qu'on ne pourrait croire. Il fut accepté sans enthousiasme et sans colère. L'ouvrage, trop incommode, n'eût pu influencer le public qu'indirectement, par les imprimeurs, mais ils ne paraissent pas l'avoir suivi, ou bien par les faiseurs de traités et de manuels, mais ils l'ont complètement dédaigné.

A l'étranger même, où on attendait beaucoup de l'Académie, le dépit fut grand. Le meilleur ouvrage de l'époque est incontestablement \Art de bien parler français, du réfugié De la Touche (1696). C^est un recueil excellent, clair et méthodique des remarques faites depuis cinquante ans sur la langue. L'auteur s'incline devant les Vaugelas et les Bouhours. Mais au sujet de l'orthographe académique, il le prend de très haut. « Ce que j'ai dit sur la manière d'ortographier n'étant pas conforme au sentiment de Messieurs de l'Académie Françoise, comme je l'ai remarqué dans les Préfaces de Messieurs Charpentier et Régnier, je me sens obligé de répondre ici en peu de mots à deux raisons qu'ils aléguent pour soutenir

conoilre, panenii, oposer, aviver, alirer», etc. Supplémcntau 5' article du Dt'.sr. sur lea Cons., p. 1 de l'édition de 1722. Ce supplément, dans l'exemplaire de la Bib. Nat. Inv. Rés. X. 1931, vient immédiatement à la suite du Discours, sans même en être séparé par un titi-e.

l'ancienne orthographe. Ces raisons sont prises de l'usage, et de l'étymologie des mots. Pour ce qui est de l'usage, j'avoue qu'ils pourroient s'en prévaloir, s'il étoit général et que tout le monde écrivît comme ils prétendent; mais il est si partagé qu'il ne favorise ni leur opinion ni la mienne. S'il y a d'habiles gens qui soient encore religieux partisans de la vielle erreur, il y en a d'autres, qui prennent la liberté de retrancher les lettres inutiles qui ne servent qu'à embarasser les enfans et les Etrangers qui apprennent notre Langue » [Préf., 8).

« J'ajoute à cela que quand l'usage seroit tel que ces Messieurs le disent, ils devroient être les premiers à s'y oposer ; puis que non seulement cet usage n'est point nécessaire, mais qu'il est même très incommode à toutes les personnes qui ne savent pas la manière de bien prononcer. Si l'on s'éloit toujours ataché inséparablement aux loix de l'usage, nous parlerions encore comme on parloit il y a cinq cens ans ; mais grâces à notre bon destin, il s'est trouvé d'heureux téméraires qui nous ont afranchis de la barbarie du vieux Gaulois. L'Usage est un Tyran dont nous devons secouer généreusement le joug, lors ({ue la raison et l'utilité nous y obligent.

(( A l'égard de l'étymologie des mots, je réponds que le retranchement de quelques lettres inutiles n'empêche point du tout qu'on ne reconnoisse aisénient d'où ils viennent. Quand on orthographie,. répondre, écrire, avenir, dette, promt, sujet, etc. au lieu de respondre, escrire, advenir, debte, prompt, subject, etc. a-t-on plus de peine alors à découvrir que ces termes ont été formés de respondere, scribere, advenire, debitiim, prompfus, subjectus? De plus, si l'étymologie est une si forte raison pour retenir toutes les lettres superflues et embarassantes, pourquoi ces Messieurs mêmes les retranchentils dans une infinité de mots ? et pourquoi écrivent-ils, par exemple, dette, fruit, pronostiquer, neveu, semaine, poumon, etc. aulieu de, debte, fruicf, prognostiquer, nepveu, sepmaine, poubnonl W faut en ces sortes de choses user d'une honnête liberté ; mais d'un autre côté on ne doit pas donner dans le caprice d'un l'Esclache et dé quelques autres fous qui vouloient rendre notre orthographe tellement barbare et monstrueuse qu'on né reconnoissoit plus les mots.

« Ce que je viens de dire sutit pour faire voir que l'on ne conserve que par coutume les lettres absolument inutiles. On a apris en sa jeunesse à écrire les mots d'une certaine manière, on se feroit de la peine de les écrire autrement. Si les Maîtres d'écriture embrassent quelque jour la nouvelle orthographe. Messieurs de l'Académie per-

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dront d'abord leur procès, et l'usage général leur sera bien-tôt contraire » {Ibid., 8 ^«-9),i.

La prédiction était quelque peu irrévérencieuse . Elle se vérifia •cependant, comme on le verra au xviii® siècle.

1. Le Dictionnaire du Voiageur, Genève, Krauscret Tcraschon(1695), dit: «Pour ce ■qui est de l'Orthographe Françoise, on a ordinairement observé celle des Livres modernes, qui est la plus aprochantedela véritable prononciation, pour aller au devant des vieilles plaintes des Etrangers; par exemple, on n'a mis en aucun endroit la lettre S •devant T, ou les autres consones, lorsqu'elle ne se prononce pas : Les mots donc que vous ne trouverez pas par as, es, ts, os, us, comme on écrivoit autrefois, cherchez les par â, ê, i, ô, ù, comme ils se doivent prononcer : Ceux que vous ne trouverez pas avec Ph, Th, cherchez les avec F et un simple T. Quelquefois nous avons aussi employé I au lieu d'Y : ù est aussi mis souvent au lieu d'eu, lorsque laprononcialion le requiert « (Au Lecteur, 3 v). ,

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