COLBERT
ccst une maxime constante et reconneiie genéllent dans tous les estais du monde que les finances en sont lapins importante et lapins essentielle partie, c'est une matière qui entre entoutes les affaires soit q"»' regardent la subsistance de Testât en son dedans, soit q"" regardent son accroissemen et sapuïssance au dehors, par les différends effects q"" produit danles esprits des peuples p'° dedans et des princes et estât estrenger p'" dehors.
Il est presque certain que chaque estât aproportion desa grandeur et deson eslendue est auffisamment pouruéu de moyens prsubsister en son dedans pourueu que ses moyens soient bien et fidell""' administres maïs pr saccroistre il ny a queles deux courronnes de france et despagne qui ayent paru jusqu'à présent en leurope avoir assez de force et assez dabondance dans leurs finances pr entreprendre des guerres et des conquestes au dehors.
(Bib. Nat., f. fr. 7755, f" 1. Cf. Clément, Lettres, inslriicl. et mém. de Colhert, II, 1°, p. 17-18.)
Louvois :
Les' dauburier m'a donné une liste des noms des comp".' que vous desiriez qui montast sur chaque gallere ; ie vous enuoye lord" que jay expédié ensuite affinque si elle est dans vostresenz vous la fassiez exécuter sinon preniez lapeinc de me la renuoyer, leroy vous en ayant laissé l'entière disposition et ne m'en ayant commande lexpedition quesurceque i'ay eulhonneur de luy dire qu'elle estoit sollicité de vostre part Monsieur trouuez bon Monsieur que ie profite de cette occasion pour vous renouueiler les assurances demes respectz.
(Post-scriptum d'une Lettre à Vivonne du s mai 1665 ; Bib. Nat., N. acq. fr., 2481, f 58 v°.)
Louis XIV :
Les roys sont souuent obligés afaire dcschoscscontre leurjnclination et quiblesse leur bon naturel ils doiuent aimerafaireplessir etil faut quils châtie souuent et perdedesgens aqui naturellementils veulent dubien linterestdelestat doitmarcherlepremieron doit ibrser son jnclination et ne ce pas mettreenestat decereproclicr dans quelque chosed'importantquonpouuoit faire mieux maisquequelques jnterestparticuliers en oulempesché etondestourné lesueues quon deuoit auoir pourlagrandeur lebien et lapuissancedelestat souuentouilyades androits quilsfontpeines ilyenadedelicatsquil estdificileadesmesler onadesjdees confuses tantquecelaeston peut demeurersansce dcsterminer mais desque loncestfixé lesprit aquelquechoseet quon
croituoir le meilleur partyil lefautprendre riennaistsi dangereux quelafoi-
îîlesse de quelque naturequellesoit pourcommender auxautres il fautsesleveraudessus deux etapres auoirentendu ce qui uient detous lesandroits oncedoitdesterminer par le jugement quondoitfaire sanspreocupation etpensant toujoursa nerien ordonner nyexecuter qui soit jndigne desoy du caractère quonporte ny delagrandeur délestât.
Jay souferplusieursennees desafoiblesse de sonopiniastreté et desonjnaplication il men acousté deschosesconciderables je naypas profite de tous les auantages queje pouuoisauoiret toutcela parcomplaisance etbonté enfin il a falu quejeluyordonnonnase deceretirer parcequetout cequipassoit parluy perdoitdelagrandeur etdelaforce quondoitauoir enexecutantles ordres dun roy defrance quinaist pasmalheureux et jaiujis pris leparty delesloigner plustostjaurois esuisté lesjnconueniens quime sontarriues etjenemereprocheroispas quema complaisance pourluya pu nuirea lestât jayfaitcedestail pourfaire uoirune exemple qui (sic) de ceque jaydit cy deuant.
(Louis XIV, Mémoires. Bib. Nat., f. fr., 10331, p. 125-130 ; cf. éd. Ch. Dreyss, II, 518-521.)
Lauzun :
Sire trans porté de ioye et de gratitude des effets de la clemance quil plait A ^'ost^e Maiesté de répandre sur moy ; ie demeure confondeu Sire dans leinpuisance ■où, ie suis danpioyer des paroles a des grâces qui me sont aussi sansible les actions du reste de ma vie vous parleront de latachement que Vostre Majesté me trouuera pour sa sacré personne et vousfairont connoistre que nul subiet ny domestique nest plus avons que Lausun.
(Autogr., Coll. Morrison, pi. 102.)
Barbezieux :
J'ayreceu lalettre qucvous auez pris lapeine dem éscrire le 13° de cemois, Lebrigadier qui doit seruir pendant cet hiver ensauoye sous mons' delaiioguette, cest m" dernoy, et j'aurois volontiers proposé m' defamechon, si sama.^f n'auoit pas résolu de n'yenpoint mettre denouueaux, jesuis Monsieur Vostretres humble ettres affne Seruiteur DeBarbesieux.
(Lettre à Gatinat du 20 nov. 1691, Bib. Nat., f. fr., 7887, î° 258.)
Catinat :
le t'adresse a cachet uolant la response que ie fais a M" La duchesse de Nauaille, sur les propositions quelle me fait, ie ne trouue rien a redire sur ce quelle me mande, •et ie n'ay contre cette affairres qui çertainemetseroit sortable et auantageuse, qu'une ferme resolution de ne me point enchaisnér des liens du mariage, lequel i'cnuisage sans aucun plaisir ni satisfaction future et iy uoi cent occasions de troubler un repos désprit dont ie ioûis touttes les considérations que Ion peut me représenter la dessus me sont conniies, mais en uerité elles regardent plustost les successeurs que les uiuans.
(Lettre à son frère, du 13 sept. 1692; Bib. Nat., f. fr., 7887, f» 27 i.)
De Tounvii.LE :
Je leur ay laissé Vostre moitié Entre les mains Et Je Vous aduoïie Madame Ma très chère Cousine que Jay Creu que Vous auies donné ordre a quelqun pour Cette petite
affaire, lors quelle Est morte Jestois Comme Je Vous mai-que auec le Roy au Voyage de Strasbourg le Viquaire S^ paul a Exécuté ses dernières Volontés Elle a donné ses hardes aux pauvres Et Ses meubles qu'il a Vendus ou faict Vendre publiquemant nont seruy que pour les frais funéraires a mon Retour Jay tant trouué de gueuserie dans tous Ces procédés que Je n'en ay parlé En Rien d umonde Voyés Madame Ma chero Cousine En quoy Jepuis Vous Estre propre Et ordonnés absolumant Car Jene Seray Jamais satisfaict que Jenaye trouué Une occasion de Vous Rendre seruice.
(Autogr., Bib. V. Cousin.)
Fabebt :
M', du Montai ma mandez queles espagnols ont laissez a M'" lePrince les canons et les munitions quils auoyent dans Rocroy et il me prie de receuoir cella icy ou il a ordre de la enuoyer. Je viens deluy faire response que sy cella y vient quon en aura le mesmesoing que dece qui y est desja...
(Lettre du 13 janv. 1660, d'après le fac-similé des Œuvres de Louis XIV, éd. Grimoard. Paris, 1806, 8".)
CaÉQUY :
dun moment a Lautre Lon atent quelqun de vos Couriers qui aportera La nouuelle de cequi aura este ataqué Linquietude des Serviteurs de Monseignieur le duc et des nôtres augmente de moment en moment...
{Ib.)
Fr. de Vaisdosme, duc de Beaufort (descendant d^Ienri IV) :
Monsieur.
venant daprandre par vn courier que Monsieur de lisieus ades pesche a Madame mamesre les instances que vostre esminanse a faites au roy pour obliger sa maieste a oublier toutes les prosesdures faistes contre Monsieur monfresre ie ne pas voulu difFesrerplus lontans avons an randre mes très humble remersimans auquels Monsieur ia ioutere que la modesrasion dont vous vses en vos propres instesres et en vne afaisrc qui vous touche de si près doit estre non seulemant estimer mais admirer de tout )e monde et de moy partiquliesremant qui la ressans infînimant et qui suis auec baucoupt de vesrite et de respect Monsieur Vostre très humble et très obesisant seruiteur françois devandosme '.
(Autogr. Bib. V. Cousin.)
F. d'Harcourt, marquis de Beuvron (ambassadeur d'Espagne):
Vous serés surpris qu'habitant la capitalle d'un aussy grande monarchie on ny puisse rien apprendre et tout le monde le seroit comme vous, mais quand on en fait l'expérience on ne l'est plus, les gens dece pays icy sont peu curieux de voyage et on ne sçait pas seulement ce qui se passe a quatre lieues dicy, le voyage le plus long est au pardo a deux lieues ou l'on va se promener une fois ou deux, et quand ie veux m'instruire de quelque chose ie recours a vos instructions et vous en sçaués plus des indcs que tout ce quil y a d'espagnols en espagne ceux qui y sont n'ont garde d'en rien decouurir a ceux cy, de plus vous croyés peut estre qu'on se parle icy non, monsieur, on ny parle pas dauantage qua la trappe et les seuls discours qu'on fasse sont aux dames par les doigts une chambre entre deux vous croirés peut estre que cette nation nest reseruée que pour les ambassadeurs il ne se communiquent pas dauantage entre eux, il y a peut estre dix ans que deux grands d'espagne n'ont disné ensemble, il en est de mesme de la promenade a pied et a cheual du icu et de la chasse de manière que
1. L'auteur a du reste conscience de son ignorance. Il écrit à Colbert, le 4 mars 1662 : Voilà bien hasarder nombre de choses pour un écolier ; comme tel et méchante orthographe, vous lui pardonnerez et lirez mieux au Roy que j'écris, s. v. p.
si ie ne fais pas bien les alTaires de s. m. ce n'est pas que i'en sois détourné par aucun plaisir, au reste ne croyés pas perdre beaucoup en if^norant les manières de ce pays icy vous ny fériés aucun profit, ny sur la manière de {ijonuerner les finances ny sur la nauigation ni sur la discipline des trouppes la iustice ny la police ne prenés aucune leçon de cette monarchie, il y a de fort bonnes testes dans le conseil mais elles ne sont pas ecouttécs ie croy Monsieur qén voila assés pour vous dej^ouster de vostre curiosité, les sciences mesme les manufactures ny lagriculture ny sont pas dans leur lustre en vn mot i'auray plus tost fait de vous dire quil ny a rien du tout qui meritte vostre curiosité.
(Lettre de Madrid, 9 octobre 1698 ; Bib. Nat., ms. Clairambault, 1164, f° 93-97.)
D'Argenson (1' de police) :
M. Le curé de S' Sulpice et des personnes de pieté de La même parroisse m'ont fait plusieurs plaintes contre vn grand nombre de Blanchisseuses etdeLauandieres qui Battent et Lauent publiquemant Le"^ Linges soit dans Les Batteaux soit sur Les hors même de La Riuiere, les festes et dimanches : Jay vérifié en elTet que ces plaintes estoient bien fondées ; mais pour ne pas donner lieu a vn conflict auec m. Le preuost des marchans et ne pas manquer a la paroUe dont vous aucz bien voulu vous rendre Le dépositaire; Jen'ay pas voulu quon fit assigner aucune de ces femmes pardeuant moy.
(Lettre du 30 septembre 1699; Bib. Nat., N. acq. fr., 4814, f° 43.)
De IIablay (Président) :
Lamaniere enlaquelle on a conduit L'affaire Dont V. A. m'a fait L'honneur dem'escrire en faueur dem : delà Bonneruille : en ayant Retardé le Jugement, Je n'ai pointfait De Response a lalettredeV. A. Jusquesa ce que Je pusse luy rendrecompte dusucces qu'elle auroit eu ; Je me Resiouis Monseigneur qu'il ait eu satisfaction, et Jesupplie V. A. D'estreassurée que Je m'estimerai fort heureus de Rendre a tous cens qui sont soussa protection tousles seruices quelajusticeme permettra, et deluy marquer en toutes occasions leRespect avec lequel Je suis. . .
(Lettre du 30 Aoust 96 ; Bib. Nat., N. acq. fr., 4814, f» 318.)
Vauban :
Il nia heure dans la journée que vous ne Soyez fort bien traitée chez moy ; nen Soyes point Scandalisée Cella ne vous fera point daffaire et tout Ce qui Ce passe chez moy A vostre Egart demeure dans le fond de mon Ceur et ne sort point dellà adieu ma belle Reine je vous aime et honoré de tout mon Ceur et tout Ce qui Ce peut Imaginer au délia Vauban.
(Lettre du 12 octobre 1701 à M"" de Ferriol d'après le fac-similé de Vauban. Sa famille et ses écrits, par le L' Colonel de Rochas. Paris, Berger-Levrault, 1910, I, 103.)
Louis, duc de Bourgogne :
le prestre de baccus auoit ordonné que toutes les femmes célébrassent la feste de ce dieu que les maîtresses et les semantes quittassent les trauaux quelles couurissent de peaux leurs poitrines quelles déliassent leurs cheueux quelles prissent des thirses. verds dans leurs mains et il déclara que la colère du dieu qui auoit ete offense seroit très grande les mères obéissent les filles laissent leurs ouurages leurs corbeilles leurs laines et ce quelles auoient a faire elles lui offrent de lencens et linuoquent parces diuers noms dont les grecs lapellent.
(Page de son cahier de Versions meslees ; Bib. Nat., f. fr., 1758, f» 80-81 .)
La Feuillade :
je merejouis auec uous monsieur de la mauuaise manœuure que M' de Sauoye a fait quand il a ueu que uous ne balancics point a l'attaquer, j'espère qu'il n'osera
s'opposer a l'entreprise de ucrme ou que s'il en a la hardiesse nous le battercs bien je suis très fasché dene pouuoir fauoriser uos mouuemens par une diuersion M'" de grif^^nan a retardé desa propre aucthorité ledepart des troupes qui estoient en prouence il a fallu luy enuoyer un second courier et luy marquer l'extrême conséquence de les enuoyer promptement uous pouués cependant conter quemalgré ce delay je commenceray lesiege de Suze le dix de juin auplus tard en cas que M' de Sauoye n'y l'v.rmc point d'obstacles inuincibles je désire toujours monsieur auec la mesme passion l'honneur de uostre amitié et uous suis très respectueusement acquis.
(Lettre autogr. du 12 mai s. a. ; Bib. Nat., N. ac([. fr., 4815, f"> 21).
Le duc de Tresmes :
uostre letre me flate monsieur que nous orons Le plesir de uous reuoir bientost isy et que uostre lait uous a fet des merveilles dont ie uous fes milles etmilles compliniens de ioy par advanseenatandant que iay le plesir de uous uoir ie uous ay manday quau moins uous auies doublée uostre argan ilya desca quelque temps et comme cela augmente uous ores fet un profitconsiderable pour moymes meschantes afferes fet que ie nyay pu mètre les gens qui mauent uoulu aduanser y ont mis sur leur conte etcomme cela ien ay estee frustrée il faut prandre patiense.
(Lettre autogr., s. d.; Bib. Nat., N. acq. fr., 4816, f» 68.)
Des.maretz (contrôleur général) :
J'ay leu au Roy la reponsedont vous m'auez honnoré le 24 du mois passé sur la lettre que je vous ay ecritte au suiet des emprunts que leDiocesede Reims pourroit faire pour le rachat delà Capitation, Sa Maiesté m'ordonnaaprcs l'auoir entendi'ie de vous dire qu'elle connoissoit vostre attachement pour sa personne, et vostre zèle pour son scruice, et qu'elle estoit persuadée que vous feriez plus qu'aucun autre dans des conjonctures si pressantes etsi dificiles.
(Lettre à l'Arch. de Reims. 1" février 1710; Bib. Nat., N. acq. fr.,
2*" SÉRIE. — Hommes de Lettres.
Malhehhe :
Je continue de soufl'rir, Madame; c'est pourquoy vous ne deuez pas attendre que ie cesse de me plaindre. Mon malheur yroit iusqu'au desespoir, si a la contrainte q[ue] iay de cacher mon mal a tout le monde, il me faloit adiouster celle de ne vous en ozer entretenir. Ce n'est pas sans vu deplaysir extrême que ie vous tiens des discours si mal agréables, mais en ce pitoyable moment que ie fus séparé de vous, ou pour mieux dire que ie fus arraché a moimesme, la tristesse s'estant emparée de mon esprit, s'y est tellement fortiffiée, et s'y fortiffie encore d'vn jour a l'autre aueque tant d'opiniastreté qu'a moindre condition que de vous reuoir, il ne faut pas que i'espere de l'en pouuoir faire sortir.
(Bib. Nat., N. acq. fr.,5168, f" 149 r". Cf. Œuv., IV, 185.)
Mainard :
Diuines Sœurs pour trouuer la finesse
De ce bel' art dont uous charmés les Uoys,
J'ay prodigué les ans de ma jeunesse
Et racoiu'cy mes uignes et mes bois
Et tous les biens que iéus de mes Ayeux,
Mes uers sont nets, la france en est rauie
Mais iay subjet de croire que ma uie
Aura de maux qui seront infinis
Si le grand Roy qui régit nos prouinces
Ne fait pour nous ce quo/it fait tant de princes
Qui sans ronfler dorment à S' Denys
Qui nuit et jour
Quon a portés du louvre a S' Denys.
(Dans Ch. Drouet, Fr. Ménard, 522-3.)
Théophile de Viau :
Je n'a}' rien quy m'oblige acraindre que tes desdains me facent plaindre Je scay que tu me fais l'honneur de me tenir en quelque fc]stime comme Je croy, bien légitime l'espérance de ce bonheur Je trouue vn soing bien ridicule de trauailler ason renom deubt on Vaincre le nom d'hercule dont Je doutte s'il feustou non après nous II ne faut attendre que la pourriture et la cendre achille dont le Vieux tombeau Est de sy freische renommée quand sa paupière feut fermée ne se Vit ny Vaillant nyBeau.
(D'après un fac-similé, dans Lachèvre, Le procès de Théophile, I, 93.)