‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 4)Chapitre 68 sur 189 · R.\CAN · texte numérisé non relu

R.\CAN

Monsieur Si mes chevauLx me pouuoit traîner ie me serois donne Ihonneur de uous aller uoir et uous suplier de faire uoir mon procureur fiscal de brion présent porteur au curateur honorere de Messieur Seruien pour faire avecque luy le nantissement delà moitié de brion dont Je luy ay fait le foy et homage après quelle ma este adjujee par arrest sur les héritiers de feu Mon' le conte Maran ainsi que mond pr"^ fiscal luy fera entendre ie suis honteus de tant de pein que vous prenes pour moy. et encore plus destre si longtemps sans vous rendre mes deuoirs. estant comme ie suis. Monsieur, Vostre très humble et tresobessant serviteur.

Mendes moy si uous aues acheué les notes que uous faites sur les (cuures de M de Malherbe.

(Autogr., Coll. Morrison, p. 215.)

Pascal :

Ils croyent que dieu est seul digne d'estre ajmc edestrc admiré, et ont désiré d'estre aymer et admirer des hommes. Et ils ne connoissent pas leur corruption Sils se sentent pleins de sentimens pour l'aymer eladorer et quils y trouuent leur joye, principalle, quils sestiment bons ala bonne heure. Mais sils se trouuent répugnants sils n'ont aucune pensée qu'a se vouloir establir dans lestime des hommes et que pour toute perfection ils facent seulement que sans forcer les hommes ils leur facent trouuer leur bonheur a les aymer. Je diray que celte perfection est horible.

(D'après le fac-similé des Pensées, éd . Brunschvieg, f" 191 . )

Voiture :

Tout Le monde ence pays Se plaint de vostre Silence, et moy ie vous enlouë, mais il est temps De le finir, et detesmoignér que vous n'auézpas oublié vue prouince oùvous estes Si parfaitement honorée, Si j'eusse creu que mes lettres ne vous eussent pas desrobé quelques momens que vous estimiez Si chérs, ievous aurois fait connoistre par mes soins, que la qualité de vostre seruiteur inutile, est vu reproche respectueux, qui vous oblige àvous souuenir que iesuis tousjours la mesme personne, qui na perdulhonneur devos bonnes grâces quepar injustice.

(Lettre autogr. s. d. Bib. Arsenal, Ms. 5132, f" 43,)

GtiEz DE Balzac :

Puisque vos Livres sont vos amours et que je suis cause d'une absence de dix huit mois, Les ayant gardés icy durant ce tems la : Je m'imagine que vous avés fait des vœux pour Leur retour, et quils arriueront chés vous, sur Le point que Vous allés

faire des imprécations contpc moy. Vn si lonj? séjour hors de Leur demeure, et L'opinion quon a a Paris, que tout est Gascoigne au deçà de Loire, vous ont peu randre suspecte ma fidélité : et vous avés pu craindre auecque raison, que des Romains auroient bien de La peine a se sauner des mains des Barbares. Les voicy néanmoins Monsieur, aussi sains et aussi entiers, que je Les reçeus de Monsieur Giraud : et je jure que j'ay eu pour eux un tel respect, que s'il meust esté possible, je neusse voulu Les toucher qûauec des doigts de satin. Tout ce qui me vient de vous et qui porte La Liurée de vostre Bibliothèque, me persuade d'abbord de son pris et de son mérite. . .

(Autogr. du 2 Juin 1642, Bib. V. Cousin.)

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