‹ Histoire de la langue française des origines à 1900 (volume 5)Chapitre 42 sur 134 · Paris, Jean Jost, rue Sainct-Jacques. au Sainct-Esprit · texte numérisé non relu

Paris, Jean Jost, rue Sainct-Jacques. au Sainct-Esprit

3. Paris, chez l'auteur, rue Bourg-l'Abbé, à l'école de Charité, et chez Gaspar Meluras, 1656 A. P. (Bibl. Mazar. 20249). Dans cette école, tout exceptionnellement, on attachait à la grammaire française un intérêt véritable. La méthode d'orthographe qu'on y suivait avait été publiée par Choiseul, fondateur de l'école, peu auparavant, sous le titre suivant : « Nouvelle et ancienne orthographe françoise. Mise au jour en faveur du bien et utilité publique, par une méthode autant facile qu'abrégée. Pour apprendre plus d'orthographe françoise en trois mois de temps, qu'en dix années entières, par l'usage et pratique ordinaire de ce temps. Avec les préceptes et enseignemens de la taille de la plume, de sa tenue, et posture du corps, pour bien et diligemment escrire. Ensemble un abrégé de grammaire françoise, pour apprendre en bref à décliner, et coniuguer toutes sortes de Verbes, tant réguliers qu'irreguliers ou Hétéroclites, et à parler bon françois. A Paris. Chez l'auteur rue Bourg-l'Abbé, à l'escole de la Charité, où le livre se distribue, aux Pauvres pour rien, aux Riches au poids de l'or. — De l'imprimerie de F. le Coin te, rue Saint-Jacques, au Collège du Plessis-Sorbonne. — M.DC. LÏV. ■>

syntaxe. Le chapitre v : des mots et des phrases qui sont en usage, et le chapitre vi : listes de quelques noms dont le genre est douteux, ne sont à vrai dire qu'un résumé de Vaugelas. Avec le livre dlrson, petite encyclopédie grammaticale, destinée à un enseignement élémentaire et pratique, Vaugelas fait son entrée dans l'école.

Le succès n'était pas moindre dans les provinces. Je n'en veux pour témoin que la très curieuse grammaire publiée à Lyon, sans nom d'auteur, chez Michel Duhan. en 1657 '. sous le titre de Grammaire françoise avec quelques remarques sur cette langue selon V usage de ce temps. L'auteur n'est pas tout à fait converti à la doctrine de Vaugelas. et il lui arrive de le discuter 2, comme il discute Malherbe :!. mais ce qui fait l'intérêt de ce livre rarissime, c'est que la substance en est empruntée au Commentaire de Malherbe sur Desportes4, encore inédit, et aux Remarques :\ L'anonyme ajoute, et souvent, des choses justes (i ; le fond est fait des règles de Vaugelas.

A l'étranger le succès n'était pas moindre. En 1659. le P. Chiitlet, de la Compagnie de Jésus, donne d'après Vaugelas son Essay (F une parfaite grammaire, imprimé pour la première fois à Anvers. Venu de Franche-Comté à Paris, avant d'aller à l'étranger, peutêtre Chitllet avait-il eu quelques relations avec l'auteur des Remarques « qui, dit-il, lui fît l'honneur de le visiter ». En tout cas, tout en affichant qu'il n'était pas idolâtre de ses opinions, il a pour lui une extrême admiration, déclare que son livre vivra dans l'estime des bons esprits, et transporte dans son essai tout ce qu'il y a trouvé de plus beau, sous forme d'observations annexées à chacun des chapitres.

Bref, à partir de la publication des Remarques, les grammaires de la langue française changent, en général, complètement d'aspect.- On sent que la matière vient d'en être profondément modifiée.

Quant aux écrivains, on sait avec quel soin ils se sont appliqués à « parler Vaugelas ». Racine a commenté quelques passages de la traduction de Quinte-Curce. et son fils nous apprend

1. Cette édition existe bien réellement. Gouget l'avait vue, Thurot s'en est servi, et je l'ai eue moi-même en mains. Elle est cotée O. 145. 15730 à la Bibliothèque municipale de Lyon.

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