MOTS CONSIDÉRÉS COMME VIEUX PAR LES THÉORICIENS
Abrègement — corrigé par Du Perron dans l'édition de 1611 de son Or. [un. de Ronsard, cf. p. 70 de l'éd. de 1586. — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., G. A. Oud., 1660. — Le mot sera encore employé par Port-Royal et discuté par les grammairiens du temps qui le considéreront comme une nouveauté (Bouh., Doutes, 16, N. Rem., Suite, 287; Andr. de B. R., Suite des Réfl., M)9 ; Alem., Nouv. obs., 18-21).
Absconse — d'Audiguier substitue couché (Huguet, 45); * Nie, Cotgr.; — 0 Mon.; — *Oud., Rech. fC. A. Oudin ; — 0 Rich. ; — esl chez les burlesques : l'Astre du Monde Eut absconcé sa face ronde (Loret. \ Bept. 1060. t. III, p. 250, éd. Livet).
Absenter — Du Perron et Bertaut écrivent : la mort m absente d'elle au lieu de rtiesloigne d'elle ; ce mot est proscrit par la nouvelle École en ce sens (de Gourn., O., 955 ; cf. Adv., 635). — * Cotgr. : to tend away : Oud.. Rech, : dilunçjare : C. A. Oud. : apartar ; — 0 Rich.
Accoustumance — « commence à vieillir», suivant Vaugelas (11,98); — *Nic, Cotg., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud.; — il se trouve partout : j'ai vu un aveugle... ayant acquis cela par une longue accoutumance As/n><>, loti. II. 332-333. Cf. Almahide, t. I, 252). L'observation de Vaugelas, contestée par La Molhe cl Dupleix, sera discutée par la génération suivante. Cf. Rich. '-'.
i. On comprendra facilement le système adopté pour les références. Après le mol vient la mention de la condamnation, ensuite une indication relath eaux dictionnaires: * Nie signifie; est dans Xicot ; 0 Nie. signifie: manque à Nicot; + Nie. signifie: marqué d'une croix dans Ntcot.
< )n s'étonnera peut-être que j aie fait figurer dans cette lisi<- des mots que M"* de
(innrnav seule met ;iu mniibiv des mots tondainiirs. Mais son témoignage SSl SI SOU
vent ailleurs corroboré par d'autres, il est si généralement vérifié par l'histoire ultérieure de la langue, que ces raisons m'ont semblé suffisantes pour accepter tes tions de cette ennemie très ardente, mais très informée de- réformateurs.
[comparer es! barré, probablement comme vieux, par Malherbe ct.Doctr
Actif — raillé par Baudoin qui lui préfère agissant, dans la Comédie des Académistes (V, se. n) ; il est visé aussi dans la Résolution finale de la même pièce. — * Nie., Cotgr., Mon., Oud., Rech.,C. A. Oudin. — Aucune restriction dans Richelet. Y a-t-ii là une simple fantaisie comique ?
Adolescent — doux et beau nom, préférable, suivant Mlle de Gournay, à jeune homme ou à garçon (Adv., 260). Cette défense s'explique sans doute par des discussions dont nous retrouvons l'écho dans Chapelain (Let., I, 108) et dans Balzac (1,729-734). Nous y apprenons que Lemaître remerciait Balzac de la complaisance qu'il avait eue pour lui en ordonnant la suppression de ce mot qui lui donnait des scrupules « en ce sens que ce terme en notre langue ne se met plus et ne se dit qu'en façon de parler ironique ». — * Nie. Cotgr., Mon.,Oud.,Z?ec/i. — Richelet le considère comme un mot de raillerie.
Allégresse — « mot commun et poli, proscrit par la nouvelle école » (de Goura., O., 9^9; Adv., 638) ;* Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., Rich. ;— commun dans les textes.
Aime — souligné par Malherbe, dans les Ain. d'H., 75, f° 107 r° de son Désir portes. M,le de Gournay le défend contre Malherbe. « A quelle fin perdrions nous ceste diction aime, laquelle se peut loger en la Poësie, au rang des nécessaires, puisqu'elle a tant de grâce et de bienséance » (O., 428, cf. 965 et Adv. 260). — *Nic, Cotgr. ; — f Oud., Rech. — Hulsius l'indiquait déjà comme suspect et propre à Ronsard. — G Mon., — C. A. Oud., le donne sans réserve. — Soit que Y aime Phebus sorte au matin de l'onde (Montchr., Am., a. I, se. 1, cf. ib. a. I, chœur). Cf. Hardy, Corine, V, 3, III, 542, R.
Angoisse — « supprimé, dit la Requête des Dictionnaires, sans respect de
l'usage » M,le de Gournay confirme qu'il est proscrit par la nouvelle École,
O., 958; cf. Adv., 637) ; reproché à Malherbe par Chevreau (Rem. s. Malh.,
5). — *Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech. — Rich. : « un peu vieux ». Toute
la génération des grammairiens qui va venir le discutera.
Angoisseux — blâmé par Malherbe dans Desportes (IV, 392, note 1. Cf. IV, 443). — *Nic. Cotgr., Mon., Oud., Rech., etC. A. Oudin ; — G Rich. ; — Hardyr Corn., IV, 4, II, 272, R. Cf. chez les burlesques : Plaignant ses angoisseuses peines (Loret, 9 fév. 1659, cf. 26 janv. 1664, 9fév. 1664, etc.).
Anxiété — Sorel rapporte dans sa Bibl. franc., éd., 1664, p. 108, que Balzac reprochait l'emploi de ce mot à certains auteurs qu'on croit être du Vair, Coeffeteau, Malherbe. C'est une allusion à un passage de Balzac, I, 30. Oudin, Rech., donne le mot comme vieux. — * Nie, Cotgr., Mon., C. A. Oud. ; — G Rich.
Ardre — « tout ce verbe est hors d'usage. Il n'y a que le participe ardant qui vaille rien » (Malh., IV, 275 ; cf. Doctr., 255). Mlle de Gournay le défend (O., 954). — *Nie, Cotgr., Mon. ; — f Oud., Rech. ; Richel. — Il est burlesque : Argent ard gens (Courtisan parfait, 1640, 256). Ardre bouquins, gaupes tenter, asnes baster, cornes planter (d'Assoucy, Ov., 1650, 93-94).
Ardu — <( on ne peut rien loger en la place » (de Gourn., O., 427 ; cf. Adv., 259 : c'est un gros mot qu'il faut oser dire pour ne pas prendre ce long tournant de dire un mont hault, droict et coupé). Serisy l'affecte, dans
la Comédie des Académistes, pour exciter MMe de Gournay (a. III, se. h).
— 0 Nie., Mon.; — * Cotgr. ; — fOud., Rech., Rich. — Il est en général burlesque : Douze d'entre eux, des plus ardus, — Si l'on a quelque inimitié Pour ardus et pour mauvaïlié, Et si ces deux mots trop antiques Choquent l'oreille des critiques, Loin d'en être le défenseur, Je les abandonne au Censeur (Loret, 29 sept. 1657).
Atour — proscrit par la nouvelle École (Gourn. O., 958; cf. Adv., 636).
— *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech. et C. A. Oud. ; — f Rich. très fréquent chez les burlesques (Lor., 1er fév. 1653, 10 oct. 1654, 24 déc. 1655r 8 janv. 1656) ; se trouve aussi ailleurs : Tout ainsi le petit frivole... Chargé d'essences et de fleurs, De galons de toutes couleurs Et de tous les atours de teste, Que vous mettez aux jours de feste (La Mesnard., Po., 1656, 119b).
Attoucher — également proscrit, au dire de Mlle de Gournay (O., 954 ; Adv.r 635). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., et C. A. Oud. ; — e Rich. — Ceux qui attouchent de parentage a la personne aimée (Aslrée, II, 176).
Atlraire — « est un mauvais mot, attrayant et attraits me plaisent, non attraire » (Malh., IV, 337, 375). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., et C. A. Oudin ; — 0 Rich. — Se trouve dans le style comique : ma bellemère dont la bonne grâce avait attrait les chalands (Chap., Guzm. dyAlf., III, 424, cf. 294) ; Vous faites bien de ne pas escouster tous ces muguets qui vous veulent attraire (Sarasin, Œuv., 1656, II, 83).
Bailler — a vieilli, suivant Vaugelas (II, 39). C'est aussi l'avis de Patru, mais non celui de La Mothe Le Vayer (56) qui entraîne Barv (Rhet. fr., 1653, p. 224). Chevreau le censure dans Malherbe, 4. — * Nie, Cotgr., Mon. ; — Mais Oudin ne donne dans ses Rech. que les expressions la bailler belle, en bailler à garder. — Rich. : « n'est pas du bel usage hors du sens de bailler à ferme. » Il est encore dans bien des textes : Cette bonne nouvelle lui bailla de la consolation (Sorel, Franc, I, 15) ; ils lisent les premiers les lettres qu'on lui baille (Racan, I, 28). — Mais les burlesques le compromettent en en faisant un usage constant, et presque tous les grammairiens de la fin du siècle se déclareront contre lui.
Banquet — ce mot est vieux, et n'est plus guère en usage (sauf quand il s'agit des choses sacrées : le banquet des élus) Vaug. II, 197. — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., et C. A. Oudin. — Rich. confirme Vaugelas.
lU'itc/icence — * Cotgr. — G Nie, Mon., Oud., Rech., Richel. — M,,e de Gournay le défend comme très nécessaire (O., 427. Adv., 259) ; par leur benefi-
rence (Malh., II, 710).
Bénin — « je serois d'avis de bannir ce mot de l'écriture, il Test du langage » (Malh., IV, 313). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., et C. A. Oud.
— Vaugelas en avait fait une remarque qu'il n'a pas publiée, où il le jugeait vieux et peu usité par les bons auteurs (II, 382). — Çich. : se dit en parlant • les Astres et des Cieux, hors de là, il ne se dit guère qu'en raillant. » Il
dans Corneille, V, 85 [Theod., 1545), V, 379 (AnoV., 1403 . etc.., Mai» il
devient bientôt familier et burlesque.
Bienheurer — « n'est plus du monde. Il fiaul 'lire qui l'avait rendu bienheureux »
(Malh., IV, 400 et 331). Cf. M"« de Gourn., O., 954, Adv., 635. — * Nie., Cotgr., Mon., Oud., Rech., et C. A. Oud. ; — 0 Rich. Il estoit en toy seul de tous points bienheuré (Montchr., Dav., II, chœur). Les exemples sont très rares.
Bienvienner ou bienveigner — proscrit par la nouvelle École (de Gourn., O., 954, Adv., 635). — Nie. : bienvienner et bienveigner, de même Cotgr. et Mon., Oud., Rech., et C.A. Oud. : bienveigner ; — 0 Rich. — Quand ce vieillard déjà cassé A nous bienveigner s'évertue (Racan, I, 177). Le mot était encore commun â la fin du xvie siècle (Passer., I, 108, l'Estoile, Journ. de H. III, 39). Au xvue, les exemples sont rares, sauf chez les comiques et les burlesques (ainsi Tabarin, II, 38).
Blandices — tourné en ridicule par la Com. des Acad., V, 2. La Requête des Dictionnaires regrette aussi qu'on Fait supprimé. -- * Cotgr., Mon., Oud., Rech., et C. A. Oud. ; — 0 Nie. et Rich. — Il est dans Hardy, Theag. et Ch., 5e j., II, 318; R. Bary cite sans observation une phrase où il figure {Rhôt.,
Blandissemens — supprimé par d'Audig. dans Amyot (Hug. p. 76). —
* Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., et C. A. Oud. ; — 0 Rich. Je n'en ai pas d'exemple du xvn° siècle.
Blondissant — proscrit par la nouvelle École (de Gourn., O., 955, Adv., 635),
— * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., et C. A. Oud. ; — e Rich.
Boursoufler — proscrit par les mêmes (de Gourn., O., 954, Ad*., 635). —
* Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech. ; et C. A. Oud. ; — Rich. le marque d'une croix au sens figuré. Les exemples sont en général du style burlesque : un gros boursouflé de gendre (Breb., Luc. trav., 99 ; cf. Loret, 3 mars 1652 ; Saint-Amand, II, 406).
Brouir (brûler) — dans le cas des précédents (de Gourn., O., 954, Adv., 635),
— * Nie., Cotgr., Oud., Rech., et C. A. Oud. ; Rich. le considère comme un mot technique. — O Mon.
Calamiteux — est changé par d'Audig. dans Amyot en misérable (Hug., 45). — 0 Nie. ; — * Cotgr., Mon., Oud., Bech., et C. A. Oudin. — Le mot, encore fréquent dans du Vair (p. ex. 404, 31) paraît surtout chez les burlesques, en particulier chez Loret : en si calamiteux état (3 mars 1657). Rich. lui-même l'acceptera sans observation.
Caut — blâmé par Chevreau, Rem. s. Malh., 7 ; — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. — O Rich. — Combien quelle fust très caute et très rusée (Chap., Guzm. d'Alf., III, 474) ; cf. Martin, Ec. deSal., 1650, 22, Lorel, 29 avr. 1656, 241.
Chaloir — proscrit par la nouvelle École (de Gourn., O., 954, Adv., 635).
— * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech. ; — f dans C. A. Oud. — Il était encore commun chez Malherbe, II, 295, 641, etc. On le retrouve chez Régnier (Sat. VI), chez Garasse, Doctr. cur., 243, dans le Rec. de Rondeaux, 1639, p. 73, dans la IXe Provinciale. Mais il apparaît toujours sous les mêmes formes, ce n'est plus un vrai verbe variable.
Chastiable — proscrit (Gourn., 0., 955, Adv., 635). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., G. A. Oud. ; — G Rich.
Chevalereux — corrigé par d'Audig. (Hug., 16^. — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., G. A. Oud. ; — G Rich.
Clameur — blâmé par Malh., IV, 384 et 340. — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., Q. A. Oud., Rich. — Cf. Corn., Méd., V, 4, et : Je pretens vous venger par leurs propres fureurs, Et remettre ce soin au cours de leurs clameurs (Dorimon, Fest. dé* Pierre, V, 387).
Clore — Chevr. trouve que Malh. en abuse (Rem. s. Malh., 11). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. — Rich. ne le donne que comme terme du Palais et expression de vannier. — II est dans Corneille, Nicom., IV, 1, ri ailleurs. Rare cependant au sens propre.
Coint — supprimé par d'Audig. (Hug., 16). — * Nie, souvent joint à joli, Cotgr.; — f Mon., Oud., Rech., et C. A. Oud. Il est burlesque : les filles coinles et jolies (Richer, Ov. bouf.,^9); cf. io.,203 et Loret(18oct. 1653, 177).
Compagnée — blâmé (Vaug., II, 15). -G Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., et C. A. Oud. — Rich. reproduit Vaugelas. — Luy faire compagnée (Diane des bois, 14).
Complainte — blâmé (Vaug., II, 54, cf. Chevr., Rem. s. Malh., 5). — * Nie,
w Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. — Il est dans Costar : Gardez, s'il
vous plaist, vos complaintes et vos regrets pour des accidents plus fâcheux
Let., II, 482). Surtout burlesque (Richer, Ov. bouf., 516-7; Lorel, 1er nov.
1664, 204). Rich. le blâme en tous sens.
(Condoléance — « estrange mot » (Vaug., II, 12). — G Nie, Cotgr. et Oud., Rech. ; — *Mon. sous condoloir, C. A. Oud. — Rich. le soutient.
Gondouloir (se) — encore toléré par Vaugelas II, 12, blâmé dans V Erratum) ; rondouloir est dans Nie, Cotgr., Oud., Rech. ; se condouloir, Cotgr., Mon., <;. A. Oud. — Rich. : hors d'usage. — se condolut avec elle (Loret, 12 juil. 1653, 33 ; cf. 12 dée 1654, 87, 4 mars 1650, 151 . etc.
Confort — « hors d'usage et fâcheux » (Malh., IV, 394, 277, 324). Cf. Corn. : Vain et triste confort ! soulagement léger! Afécf.,1428). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud. Rech., C. A. Oud. — Rich. : vieux mot.
Conforter — blâmé ih.). — * Me Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — V Rich.
Con jouir {se) — « on dit plustost te rejouyr » (Vaug., I. 246 . ;: Nie. Col Mon., Oud.. Rech., C. A. Oud. — Burlesque (Lorel, 2S juil. 1657,70). Rich. confirme Vaug.
Contemner — d'Audig. lui substitut' mespruer Hug., fc6 . * Nie. Cot| Mou. ; — f Oud., Rech., C. A. Oud. ; — G Richel.
Contempteur — u bien rude Vaug., II, 227). * Mon., oontamteur. — x
Cotgr.. Oud., Rech., et < '.. A. Oud. — Rich. continue VaugelâS. - N
devenons aussi contemptibles, comme nous bisons les contempteur* en la
maison (Malh., II, 77) ; cf. Racan, II, 327, 364, 373, etc. ; c'est un mot très familier à cet auteur. On le retrouvera plus tard.
Contemptible — « commence à vieillir » (Vaug., ib. ; cf. Gourn., Adv., 406 et Ghevr., Rem. sur Malh., 9). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud.
— Rich. soutient ce mot. — Gomme il méprise ceux qui le méprisent et les abbaisse pour les rendre roturiers et contemptibles (Théât. d rAoq.fr., 1656, 172). Il sera encore discuté plus tard.
Contendre — d'Audig. substitue combattre (Hug., 16). — * Nie, Cotgr., Mon. ;
— f Oud., Rech., C. A. Oud. ; — e Rich.
Contraymer — proscrit (Gourn., 0., 954, Adv., 635). — G Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich.
Contumélie — *Nic, Cotgr., Mon. ; — e Rich. fOud., Rech., et C. A. Oud. ; — Mlle de Gournay le déclare employé par les meilleurs écrivains (0., 591).
Convice (reproche) — G Nie, Rich. ; — * Cotgr., Mon. ; — -J- Oud., Rech., etC. A. Oud. — « Ne les blameriez-vous pas et avec convices ne les contraindriez-vous pas a faire l'office que la nature et la charité leur commande ? » du Vair, 334, 14).
Convoiteux — d'Audig. substitue désireux (Hug., 46). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — f Rich. — Cf. convoitable. — Burlesque et comique (Loret, 2 mars 1658, 235 ; 15 juil. 1656, 169. Th. Corn., Am. à la mode, IV, 7, don Rertrand, IV, 4).
Corrival — « plus guère en usage » (Vaug., II, 54) ; — G Nie. et Cotgr. ; —
* Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. — Rich. adopte l'opinion de Vaugelas. Il était encore commun au temps de Régnier (Sat. VIII, 95). C'est le titre d'une pièce de Troterel parue en 1612 (A. Th. fr., VIII, p. 235).
Couard — blâmé (Chevr., Rem. sur Malh., p. 5). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. — G Rich. — Cf. Richer, Ov. bouff., 1662, 353-4.
Courir sus — expression vieillie (Vaug., II, 159). — * Nie, Cotgr., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — G Mon.
Crimineux — « blâmé dans Pasquier comme vieux » (Gar., Rech. des rech., p. 554). — G Nie, Mon. ; — *Cotgi\, Oud., Rech., C. A. Oud.; — G Rich.
— La liberté est capitale et la vérité crimineuse (du Vair, 351, 4).
Cuider — proscrit (Gourn., 0., 934, Adv., 635), regretté par la Req. des Dict. et Sorel, Disc. s. VA. fr., 470. — * Nie, Cotgr., Mon. ; — f Oud., Rech., C. A. Oud.; Rich. : vieux mot burlesque. — Il est encore dans du Vair, 387, 6 ; Montchr., Dav., V, chœur. Les exemples se prolongent jusqu'en 1650. Voir à la Morphologie.
Cuissot — Malherbe lui préfère tassètes (IV, 403). — G Nie, Mon. ; —
* Cotgr., Oud., Rech., et C. A. Oud.
(Cupidité — « Nos bons escri vains disent convoitise » (Vaug., II, 23). — *Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud.; — Rich. le considère comme propre à la théologie.
Dam — blâmé par Chevreau [Rem. sur Malh., 7). — * Nie, Cotgr., Mon.
Oud., Rech. : à son dam, C. A.. Oud., id. — -{-Rich. — L'expression à ton
dam, à leur dam est extrêmement commune : Ils verront à leur dam qu'il
n'estoient eslevez Que pour rendre en tombant leur cheute plus profonde
ftacan, OEuv., II, 177; cf. Ghapel., Guzm. d'Mf., III, 152, S'-Àm., II, 451,
etc.).
Décrépitude — Traité comme anxiété d'après Sorel (Conn. d. bons liv., 108, cf. Mén., Obi., 465) — e Nie, Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. — * Cotgr. Admis sans réserve par Rich. Il est chez Sarasin : « les bagatelles... consomment souvent nostre vie et nous durent jusques à la décrépitude » OEuvr., I, 149 ; cf. Loret, 20 sept. 1659).
De fermer — blâmé par Malh., IV, i-25. — * Nie., Cotgr., Mon., C. A. Oud. ; — • 0 Oud., Rech., Rich. — Repris par Roursault : « Je croi, par les efforts que vos boulez feront, Si mes yeux sont fermez, qu'ils se dé fermeront » (Es. à la cour, III, 3).
Desanimer — proscrit (Gourn.. O., 954, Adv.,&'S§). — * Cotgr., Oud., Rech., Ç. A. Oud. ; — O Nie, Mon., Rich. — De sorte qu'à présent deux corps desanimés Termineront l'exploit de tant de gens armés (Corn., I, 300, Clif.,
Destourbier — Sorel souhaite que l'A. consente à supprimer ce mot (Disc. ». l'A.fr., 1654, p. 470). — * Nie, Mon., Cotgr. ; — f Oud., Rech., C. A. Oud.; — O Rich. — Je promets à M. Fontanier de ne luy nuire ny apporter aucun destourbier (Gar., Doct. cur., 151 ; cf. Chap., Guzm. d'Alf., II, 105).
Detrncter — raillé dans la Corn, des Académ., III, 2. — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. — Rich. : moins usité que médire.
Dextre — proscrit (Gourn., O., 958, Adv., 637); — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. — Corneille le corrige en 1660, dans Médée ; cf. Veuve, 835 et Poés. div., X, 211. Il est dans Monchrestien, Dav., I, 1, Racan, II, 404, et souvent chez les burlesques : Scarr. (QEuv., I, 428). Pour Rich. c'est un mot de piété : la dextre du Tout-Puissant.
Diffame — *Nic, Cotgr., Oud., Rech., C. A. Oud.; — G Mon. Rich. —De ce larcin d'amour couvrant tout le diffame (Montchr., Dav., I, 1). Est burlesque : tout ce qu'il disoit de moi à mon diffame (Chap., Guzm. d 'A//*., III, 514 et 287).
Effectif — raillé dans la Corn, des Acad.,a. V, 2; cf. la résolution finale, qui le rejette. — O Nie, Cotgr. — * Mon. : efficace, réel, Oud., Rech., C. V. Oud., Rich. — Un ami effectif (Chap. Let., n, 23); cf. chez les burlesques, Loret, 19 fév. L651, 168; 18 août 1657, 56, etc. et Monlfleury, Gentilh. de Beauce, IV, 11, Crisp. gentilh., I, 5. — Pascal, Pens., XV, 19, emploie d'effectif effectivement.
^Elabourer — vieilli d'après une remarque inédite de Vaugelis II. t04). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C A. Oud.; — G Rich. — Il était chei du Vair, 370, 44, on le rencontre chez Descartes. Mais Les exemples Boni surtout burlesques : (Loret, 2î mars 1652, 12; ."» janr. 1658, M : 6 avr. 212; etc.).
Emoi - « hors d'usage •> (Malh., IV. 162, 328)! — * Nie., Cotgr., Mon.; —
OOud., Rech., C. A. Oud., Rich. - Cf. Régnier; Compagne de mon mal
iste mon >'mo;j (Plainte .
Empirance — L'A. le rejette dans la Com. des Acad. La Requête des Dict. le regrette. — *Nic, Cotgr. ; — O Mon. ; — f Oud., Rech., C. A. Oud. — Rich. ne le conserve que comme mot technique de la monnaie.
Encombrier — Sorel, Disc, sur VA., espère que la Compagnie supprimera le mot (470).— * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rec h., C. A. Oud. — eRich. — Les exemples sont burlesques : la fit passer jeudi dernier, Sans affront et sans encombrier (Loret, 30 juin 1652, 168 ; cf. 21 avr. 1652, 195; 3 fév. 1657, 253 ; 22 fév. 1659, 106).
Encommencer — condamné par Malh., IV, 379. — * Nie, Cotgr., Mon. — fOud., Rech., C. A. Oud. ; — e Rich.
Endosser le harnois — A propos du vers 1620 du Cid, Scudéry dit qu il est du temps de moult, de pieça et d'ainçois. L'A. n'est pas de cet avis (Corn., XII, 460 et 498). Cf. : Pallas, beaucoup moins belle que si elle eust eu son harnois (Fleurs d'Eloq., 17 bis). — Corneille a corrigé son vers. — Burlesque est vieux, selon Richelet.
Envieillir — Vaugelas préférait vieillir. Mais il n'a pas publié la remarque
* (II, 420). C'est dans Malherbe qu'il l'avait trouvé. Il y est très commun
(11,38,444,481,585; I, 71). — Cf. du Vair, 357, 15; Pasc, Prov., 10 et
16; Corn., IX, 246, 248, 249.— * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud.
— -j- Rich. : il ne se dit bien qu'au figuré.
Êpoindre — proscrit (Gourn., O., 954, Adv., 635). — *Nic, Cotgr., Oud., Rech.,C. A. Oud. ; — O Mon., Rich. — Il était encore dans Régnier, Dial.
Erres — « Les mignardes oseroient produire au jour ceste loquution : « il suit ou reprend ses erres ! n'estans pas abreuvées d'une jolie censure des gens en question que le verbe errer est recevable, mais que le nom d'erres ne veut rien dire » (Gourn., O., 619, Adv., 404). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. — Rich. n'accepte plus que aller grand erre. En dehors de grand erre, belle erre (Th. Corn., Geôl. de soi-même, III, 3), on ne trouve guère le mot que chez les burlesques (Loret, 31 déc. 1662, 158).
Escient (à bon) — La nouvelle école veut qu'on dise « tout de bon » (Gourn., Adv., 392). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. — eRich.
Esclaver — « mauvais mot » (Malh., IV, 335). — *Nic, Cotgr. ; — e Mon.;
— -J* Oud., Rech., C. A. Oud.; — G Rich.; s'esclaver (de) — est encore dans Hardy [Corinne, I, IV, III, 485, R.).
Essourder — proscrit (Gourn., O., 954, Adv., 635). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — O Rich. — Il est dans Hardy : Theag. et Char., 2e j., III, m, 111, R.
Estour — proscrit (Ead, O., 958, Adv., 636). — * Nie, Cotgr., Mon.; — f Oud., Rech., C. A. Oud.; — O Rich. — Cf. Hardy, Alex.,V, I; IV,131,R.
Estourdiment (== étourdissement) — blâmé par Malh. (IV, 406). — O Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud.; Rich.
Estranger (verbe) — supprimé dans Amyot par d'Audig. (Hug., 18). — *Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech.,C. A. Oud. ; — O Rich.
Estuyer — même témoignage (Goura., 0., 954, Ade., 635). — *Nic, Cotgr.,
Mon.; — fOud.. Rech.. C. A. Oud. ; — 0 Rich.
Excogiler — « ne vaut rien, non pour estre trop latin, mais parce qu'il n'est pas en usage (Vaug., Rem. posth., II, 482). — *Nic, Cotgr. ; — -}- Oud. Rech., C. A. Oud. — G Mon., Rich. — Littré cite Saint-Simon. — Quelle peine eut-on pu excogiter qui eût autant géhenne ce catulle que faisait sa conscience? (Du Vair, 389, 16). Tabar., 11,107.
Félon — proscrit (Gourn., 0., 958, Adv., 637). — * Nie, Cotgr.. Mon., Oud. , Rech., C. A. Oud., Rich. Cf. Malh. : L'âme qui lui est commise, Félonne, ne sait pas fuir (I, 288) et Voit., Let., 40. Il est fort rare, sauf chez les burlesques : Scarr., Virg., II, 255 ; Loret, 15 oct. 1651, 4 juil. 165 k etc.
Fère — « c'est un mot qui se trouve assez dans Ronsard, mais il ne vaut rien » (Malh., IV, 266).— * Nie, Cotgr., Mon. — f Oud., Rech., C. A. Oud.:
— G Rich.
Ferir — proscrit (Gourn., 0., 427, 654 ; Adv., 259, 635).)Sorel déclare que personne ne le comprend plus (Disc. s. l'A., 470). — * Nie, Cotgr., Mon., C. A. Oud. — G Oud., Rech., — f Rich. : « verbe défectueux •>. Il est surtout chez les comiques et les burlesques ; Loret, 3 oct. 1654, 30 mars 1658, 25 mai 1658, etc.. cf. Mol., E. d. /., I, 6: peut-estre en avez-vous déjà féru quelqu'une (voir à la Morphologie).
Fortuner — blâmé par Malh., IV, 461. — *Nic. : bien fort une/- : fortunare,
Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — G Rich. Fuitif — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — G Rich. Était
encore dans Fauchet, les païs de ces fuit ifs (Or. de la l. fr., 535 v° ; cf. 536
r°). Il devient burlesque : des pauvres brebis fuitices (Scarr., Virg., I.
129. Œuv., I, 368). Cf. Baro, Clorise, III, 1, p. 60 : On ne voit plus le cours
de ses ondes fuytives, et Cyrano, Ped. joué, p. 11.
Gaudir— d'Audiguier le remplace par moquer (Hug., 18). — * Xic, Cotgr., Mon.:
— f- Oud., Rech., C. A. Oud.; Rich.: vieux mot. — Il est burlesque: jestois tout le jour sur le pavé pour paroistre et pour me faire voir, laissant les bonnes gens rire et gaudir en liberté (Chap., Guzm. d'Alf., III, 438).
Gel — condamné par Malherbe IV. 409). — * Cotgr., Mon., Oud., Rech. etc. A. Oud.; — G Nie, Rich. — Sans craindre gel, ni dégel (Loret, 17 déc. 1661).
Gratification — proscrit Gourn., Adv., 638). — * Cotgr., Mon., Oud.. Rech., C. A. Oud., Rich.; — G Nie. Il est dans Malh., II. 13, 608, 709, etc.
Gratitude — les poètes critiques et hypercritiques ont tort de regratter gratitude fGourn., 0., 574 : cf. Sorel, Disc. s. l'A., et Conn. d<'s h. Vu-.. 384. * Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich. — G Nie.; — Pour vous expliquer toute ma gratitude (Corn., Héracl., II, 5).
Grever - blâmé par Malh. (IV, W2). - ::"- Nie.. Cotgr., Mon.. Oud., fier/,.. C. A. Oud., Rich. — Il est fréquent chez les burlesques : Poire crue l'estomac grève, La mesme, cuite, le relève {Martin, Écol. deSàl., p. M) ; cf. Saint A.n.. II, ira;, Loret, s oct. 1651,72; Tabar., II.
Grief — proscrit (Gourn.. <>.. 958, Adr.. f»:c . — Andry de Boisreg. Suite des réfl. rrit ., 131 1 h; trouve encore bon, malgré quelques précieux. Il est approuve par Ménage. — *Nic. Cotgr, Mon., Oud., lier/,., c. A. Oud., Rich. Sa déca-
deiice commence seulement, et il est fréquent dans les textes : voudroit-il bien à ce coup leur faire un si grief outrage ? Astr., II, 79) ; Non qu'il me soit grief que la terre possède ce qui me fut si cher (Malh., I, 43). Il se retrouve chez Bossuet et Bourdaloue.
Guerdon — proscrit (Gourn., 0., 958, Adv., 637). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — G Rich. Il est dans YAstrée, I, 375 b, dans Montchrestien, Aman, I, 1, dans le Recueil de Rondeaux de 1639 : enfin reçoive son guerdon (p. 105). Fréquent chez les burlesques, Scarr.,, Virg., 11,30; Loret, il mars 1656, 9 fév. 1659, etc.
Guerdonner — blâmé chez Desportes (Malh., IV, 389, n. 4 ; cf. Gourn . , O., 954, Adv,, 635). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. — Rich. : vieux mot burlesque. — Scarr., I, 31, 211, Virg., 1, 336; Loret, 17 mars 1652, 19 sept. 1654, etc.
Haineux — blâmé comme adjectif dans Desportes (Malh., IV, 341), comme substantif (Id., IV, 394, note 2). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — O Rich.
Heaume —proscrit (Gourn., O., 958, Adv., 637). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech.,C. A. Oud., Rich. — Il commence à n'être plus qu'un mot technique :1e heaume timbré à la royale (Malh., III, 199). — Cependant chez les burlesques : Soit gens de plume ou gens de heaume iLoret, 27 juin 1654).
Héberger — blâmé au figuré par Malh., IV, 262. — * Nie, Cotgr., Mon. ; — •\- Oud., Rech., et C. A. Oud., Rich. — Le participe est déclaré vieux et burlesque : Hébergé comme un piedd'écot (Scarr., GEuvr., I, 386 ; cf. Loret, 16 mai 1654, 5 août 1656, 28 oct. 1656.
Hélas (subst.). — « Les écrivains critiques refusent ce mot que les mignardes même ne refuseraient pas d'employer » (Gourn., O., 618; Adv., 403). —
* Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech. , C. A. Oud., Rich. — Il est chez Corneille : Hélas ! que cet hélas a de peine à sortir (III, 545, Pol., .1253 ; cf. I, 463, Veuve, 1257). Même emploi chez Scudéry, Poés. div., 327 ; Racan, I, 356.
Herbageux — « le valon herbageux » proscrit (Gourn., O., 967; Adv., 643.) —
* Cotgr., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — e Nie, Mon., Rich.
Honny — « Accordons aux criards d'effacer honny des papiers de Ronsard et de ceux d'Amyot, s'il sy rencontre» (Gourn., O., 616). — *Nic, Cotgr., Mon. ; — f Oud., Rech., C. A. Oud., Rich. — Il est burlesque : honnis de maies crotes (Loret, 13 mai 1656; cf. 23 nov. 1658).
Housse — c< Lorsque la mode a voulu que les Seigneurs allassent à cheval par Paris, il estoit honeste d'y estre en bas de soye sur une housse de velours. D'un qui paraissoit dans le monde financier ou autre, on disoit : il ne va plus qu'en housse, maintenant cela n'est plus guère propre qu'à ceux qui ne sont pas des plus relevez ». (Loix de la Galant., Rec. de Sercv, 1544, p. 10-11). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich., ; — Et va, comme un banquier, en carrosse et en housse (Régn., Sat., II, 12) ; se promener en housse (Malh., II, 620).
Humblesse — proscrit (Gourn., O., 964; Adv., 641). — * Nie, Cotgr., Mon., f Oud., Rech. ; C. A. Oud. : vieux ; — o Rich. Histoire de la Langue française, III. 8
I I i HISTOIRE DE LA LANGUE FRANÇAISE
Idoine — d'Audiguier le supprime dans Amyot (Hug., 19|. — G Nie. ; — *Cotgr., Mon. ; — f Oud., Rech., C. A. Oud. ; — O Rich. Il est burlesque: Le seigneur cardinal Antoine A toute bonne affaire idoine (Loret, 3 mai 1653, 159 ; cf. 10 av. 1660, 230 ; Scarr., Virg., II, 289).
Immense — « On ne peut rien loger en la place de ce mot » (Gourn.. <).. 127 ; Adv.y 259) ; « mot unique en son genre, a faute de quoy il faudra nous contenter d'escrire qu'Atlas porte le fardeau du ciel sur ses grandes espaules. La belle peinture et vigueur héroïques!» (Ead., Adv., 259). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich. — La nature de Dieu est immense (Desc, Médit., 4).
Impiteux — (barré dans Desportes, Im. Ar. Rod., 234 r° ; cf. Doctr., 279).
— *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — f Rich. — Il est dans Théophile (Fur.), mais surtout chez les burlesques : Monsieur le Baron de Marré... Est mort enfin, non de migrène, Mais d'une impileuze gangrène (Loret, 5 mai 1652 ; cf. 22 mai 1655, 30 juill. 1650) ; Ennemy de ma fïame, impileux aversaire (Baro, Clorise, I, 5, p. 28). Impitié disparut en même temps (Doctr., 279 ).
Incoupable — condamné par la nouvelle école, qui ne veut qu'innocent Gourn., O., 959; Adv., 638). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — G Rich.
Ire — proscrit (Gourn., O., 958 ; Adv., 637). Plus tard Ménage et A. de B. en reprendront l'examen). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Reck.,C. A. Oud. Chez Monchrestien encore au sens général : Plain d'ire et de regret Car th., I, 1) ; Tousjours à la santé Vire porte nuisance (Id., Aman, I, 1 . Mais peu à peu il se restreint à « la colère de Dieu ». Déjà dans du Vair : les vices desquels des gens d'églises) ont autant qu'autre chose, embrasé l'ire de Dieu sur nous (381, 1); Racan : malgré lire des Dieux (I, 189; cf. I, 209; II, 159. 162, 183,205, 214,271, 291). — C'esten ce sens que Richelet voudrait le conserver.
Isnel — La Req. des Dict. regrette plaisamment qu'on l'ait rejeté - sai
pect de l'usage ». Scudéry, blâmant offenseur, pense qu'on le renverra avec isnel (Corn., XII, 457). — *Nic, Cotgr., Mon. — f Oud., Rech.. C. A. Oud. ;
— O Rich.
Jeteuse — Mlle de Gournay reconnaît qu'on ne peut plus l'employer o.. tilt» ;
— G Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud.
Jouvenceau — d'Audiguier le remplaçait par damoyseau dans Amyot, Malherbe le remplace par jeune homme dans Desportes (IV, 401). — *Nic., Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud.; — f Rich. — Il est burlesque el comique : Scarr., OEurr., I, 231,21)2 ; Dcm. mat)., 1. 263; Loret, 23 |fév. 1658, etc. Brébeuf, Poé$. div., 308.
Larmoyable — conduniu'' par Malherbe IV, Mri). — * Nie, Cot^r., Oud., Rech., C. A. Oud.; - • Mon., Rich. - Il est dans Hardy, «far., II, 1: II,
il'., R.
Larmoyer — proscrit par la nouvelle École (Goura., O., 954 : Adv., 63 *Nic. Cotgr., Mon., Oud., /*'•<•/;.. < :. A. Oud. ; — G Rich. — Burlesque : r.,Œavr., I, 71, M, 13 : cf. to il Mil. m m a larmoyé Loret, 30 sept, i
Liesse même observation Gourn., Ado., 6 M a Malh., IV, 300)„ —
* Nie, Cotgr., Mon. ; — f Oud., Rech., C. A. Oud., Rich. — Il devient burlesque : Cœur de porc engendre la tristesse, la rate, au contraire liesse (Martin, Ec. de Sal., 46) ; cf. Loret, 23 avr. 1651, 10 déc. 1651, etc., etc.
Loisible — « sent le vieux » (Vaug., I, 380 ; cf. Rich.). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — Soumis et aisé à condescendre en toutes choses loisibles (Franc, de S., VI, 17) ; le courtisan songe mille folies qu'il n'est loisible d'écrire (Guerson, Anal, du verbe, 106).
Los — proscrit Gourn., O., 958; Adv., 637). — ©■ Nie. ; — * Cotgr., Mon. : louange, Oud., Rech., C. A. Oud. ; — fRich.— Burl. : Scarr., OEuv., I, 339; Loret, 24 août 1658, 2 nov. 1658, 22 mai 1660, etc.
Magnifier — « excellent, a une grande emphase pour exprimer une louange extraordinaire », mais « vieillit, et auroit de la peine à passer » (Vaug., I, 222; cf. Rich.).— *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. — Burl. : Dont les estomacs et les yeux Amplement se rassasièrent, Et le Banquet magnifièrent (Loret, 23 juin 1657, 34 ; cf. 11 sept. 1660, 160).
Maintenant — proscrit par la nouvelle École (Gourn., O., 956; Adv., 636). — Mllfi de Gournay ne se sera-t-elle pas méprise ? Le mot est dans tous les dictionnaires et dans tous les textes.
Manoir — proscrit (Gourn., O., 958; Adv., 637). — * Nie, Cotgr., Mon. ; — -J-Oud., Rech., C. A. Oud., Rich. — La dame sort du creux manoir (La Mesnard., Po., 39) ; cf. Régnard, Menechm., IV, 2.
Malinier — « matineux est le meilleur, matinal n'est pas si bon. L'un et l'autre ne se disent que des personnes. Matinier ne se dit plus sauf dans Vestoilematiniere » (Vaug., I, 253 ; cf. Rich.). — O Nie, Mon. ; — *Cotgr., Oud., Rech., C. A. Oud.
Mauvaistié — banni des romans, des madrigaux, des élégies, des sonnets et des comédies (Req. des Dict.). — *Nie, Cotgr., Mon., C. A. Oud. ; — f Oud., Rech. ; — 0 Rich. — Vous ne descouvrirez que trop les mauvaistiez et infidelitez de l'un (VAstrée, II, 581); cf. Loret : Si l'on a quelque inimitié pour ardus et pour mauvaistié, Et si ces deux mots trop antiques, Choquent l'oreille des critiques, Loin d'en être le défenseur, Je les abandonne au Censeur (27 sept.* 1657).
Mesconientement — la nouvelle École lui préfère — mauvaise satisfaction (Gourn., Adv., 392). Est-ce exact? — *Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich. — Eh bien ! vos mecontentemens Me seront-ils encore à craindre? (Corn., VII, 90, Agés., 1995).
Mignarder (son enfant) — proscrit (Gourn., Adv., 403). — *Nie, Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — G Rich., — Si quelquefois ses yeux, d'un saint zèle emflambez, Vont mignardant le Ciel, toute ame elle mignarde (d'Urfé, Astrée, I, 309 a) ; Les enfans qui fuyent l'escole pour la crainte du foiiet s'en vont chez leurs tantes ou chez leurs grands mères, où l'on les flatte et les mignarde (Chapel., Guzm. d'Alf:, III, 417; cf. ib., III, 474, 261), Quinault, Les Rival., II, 1.
My — proscrit (Gourn., O., 966, Adv., 642). — O Nie ; — * Cotgr. : mi chemin, Mon. : mi jour, mi cheval, Oud., Rech.,0. A. Oud. — Les chassant my-
morts (Régn., Sat. X : des os rm'-mangés (Malh., II, 63*7 : cf. Scarr., Œuv.,
Nave — mauvais mot Malh.. IV, 371). — 0 Nie. ; — * Cotgr., Mon. : — f Oud., Rech., C, A. Oud. : — G Rich.
Navrer — proscrit Gourn., 0., 954 : Adv., 635). — *Nic.,' Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud.; — Burlesque d'après Rich. — De l'amour de son Dieu navrée (Corn., IX, 596, Hymn., 5 : El mon malheur extrême; auroit du reconfort Si, navré dans les flancs d'une playe incurable, J'estois assuré de la mort Hacan, II, 231) ; cf. Loret, ils se navrèrent ainsy A grands coups d'épée ou de lame (3 sept. 1651, 47 ; cf. 20 mars 1655, 56, etc.).
Nettir — désapprouvé par Voiture (OEuv., Roux, 283 ; cf. une rem. inéd. de Vaug., II, 443). — e Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. et Rich.
Nuisance — supprimé dans Amyot par d'Audiguier (Hug., 19). — * Nie. Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud ; — 0 Rich. — Tousjours à la santé lire porte nuisance (Montchr., Aman, I, 1).
Obsèques — mot commun et poli, proscrit par la nouvelle École (Gourn., ().. 959 ; Adv., 638). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. — M"«de Gournay n'avait pas inventé ce qu'elle rapporte, son témoignage est continué par celui de Richelet, qui soutient le mot.
Occire — d'Audiguier le remplace par tuer (Hug., 50), proscrit (Gourn., ()., 954; Adv., 635). — *Nic, Cotgr., Mon.;— f Oud., Rech., C. A. Oud. ; Rich. : vieux mot. — Alors ses équitables mains Occirent avec les humains Les animaux dans leurs pascages (Racan, II, 352) ; — Burl. : Scarr., Virg.,
II, 1. Exemples innombrables dans Loret.
Ocieux — proscrit (Gourn., O., 958, \dv., 637) ; cf. Chevreau, Rem. s. M.. S. à propos des vers : Et ne tiens point ocieuses Ces âmes ambitieuses (Malh.. I, 93). — G Nie, Mon. — * Cotgr., Oud., Rech., C. A. Oud. — G Rich. Ce n'est que le discours d'une fable importune, Et le faible entretien d'un esprit ocieux (Théoph., I, 37).
Œillade — m nom interdit chez les mignardes affectées de Paris et de la Cour » (Gourn., O., 618). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich. Ne permettons pas que... Mon sceptre soit le prix d'une de ses œillades Coin., [V, 55, Pomp.,U, 4) ; Si d'une adroicte main vous traitiez les malades Vous en faisiez mourir par vos seules œillades (Mallev., Po., 239) ; cf. Rec. de Rond., 1639, 103 : Trist. lïlerm., V. hér., 1648, 233: Tabarin, 1,
Œillader — ce mot ne me plaît point (Malh., IV, 410). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — j Rich. — L'une, en vous œilladant d'un regard ridicule (Le Desniaité, IV, 5 : Mais longue j*ay l'heur ci la grâce De les œillader face à face (Loret, 12 mai 1657; cf. f9 juin 1655, 3 mai 1655 Thom. Corn., Charme <l<- la rni.r. II. -j : fœiUade la suivante.
Opportun — " ce mot n'est guère bon Malh., IV, t32 , employé par tes mignardes. Les écrivains critiques prétendent qu? opportunité est recevable, tuais non pas L'épithète opportun (Gourn., <)., 619 ; Adv., M)4). — * Co
\i c, Mon., Oud., Rech.,C. A. Oud. ; — O Rich. — Fille qui Bail son inonde ;i saison opportune (Regn., Sat., XIII ,
Oppresse — « ne vaut rien » (Malh., IV, 471). — G Nie, Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. et Rich. — *Cotgr. — Il est dans Hardy, Corinne, II, 3, III, 498. R.
Osl — à quel dessein banniroit-on ost ? (Gourn., 0., 428 ; cf. 958; Adv., 260 ; cf. 636). — Massinisse suivi d'un grand ost (Montchr., Carthag., I, 1 ; cf. Aman, I, 1. Voilà de quoi est composé cet ost de maux que nous redoutons tant(du Vair, 347, 9). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech. et G. A. Oud. ;
— e Rich. Commun chez Loret : 12 mai 1652, 15 fév. 1653, 31 juill. 1655.
Oubliance — proscrit (Gourn., 0., 958; Adv., 637). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — G Rich. — L'art d'oubliançe (Balzac, 1. III, let. II) ;les vœux qu'ils a voient faits sont mis en oubliance (Racan, II, 211); Youbliance du Sommelier (Sorel, Polijand., II, 494; cf. Mais, des jeux, 1642, p. 416).
Outrecuidance — « je voy peu de gens, de ceux mesmes qui ne sont pas des plus délicatsau choix des mots, approuver celuy-cy, non plus qu'outrecuidé » Vaug.,II, 404(flem. inéd.). — *Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech.,C. A. Oud.;
— j Rich. — Sans outrecuidance je me puis donner le nom d'amant sans reproche (L'Astrée, II, 616) ; je sçay bien que Y outrecuidance Qui nous porte à l'impiété Nous figure leur Providence Sans pouvoir et sans volonté (Racan, I, 68).
Parentage — vieux, suivant Chevreau, Rem. s. Malh., 10. — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich. Très commun dans YAstréo; cf. : ceux de mon pays et de mon parentage (Racan, I, 34) ; Mayn., GEuv., 1646, 67, Chapel., Guzm. d'Alf., III, 262.
Puroir — Noté par Malh. (IV, 357). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C, A. Oud. — 0 Rich. - Il est conjugué par Maupas. V. à la Morphologie.
Paroy — proscrit (Gourn., 0., 966 ; Adv., 642). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A Oud. ; — Rich. : « hors d'usage ».
Pavois — proscrit par la nouvelle École (Gourn., 0., 958; Adv., 637). — *Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech. C. A. Oud.; — Rich. : « vieux mot ». . — Scudéry, Mathilde, 402. — Commun chez Scarron : L'autre avoit peint sur son pavois Deux camisolles de chamois (Virg., II, 263 ; cf. ib. 124).
Penser (subst.) — même mention (Gourn., 0., 955 ; Adv., 635). M1Ie de Gournay n'a-t-elle pas ici fait confusion? Il est vrai que les Dictionnaires n'ont pas pris soin d'enregistrer cet emploi, mais il est tout à fait commun dans les textes. Malh.. I, 15, 26, 59, 131, 157, 159, 174, etc. Corneille s'en sert à cent endroits : N'écoutons plus ce penser suborneur (Cid, I, 9). Cf. Hor., 1352. De même Racan, I, 35. — Cependant il est possible que Ml,e de Gournay ait entendu blâmer le |mot, caijen 1660, Corneille le fait disparaître à plusieurs endroits [: Cinna, 796, PoL, 725. — Richelet |ne le croit utile qu'en vers.
Perdurable — blâmé par Malh. (IV, 439). — *Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — G Rich. — telle soit-elle (ta gloire) à jamais perdurable (Corn., IX, 87 ; cf. Imit., III, 35) ; du tourment perdurable (Racan, I, 121 ; cf. II, 328).
Permanent — proscrit par la nouvelle École (Gourn., Adv., 403). — *Nic,
Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich. — Et rien que Dieu n'est permanent (Malh., I, 225) ; La gloire des mortels n'a rien de permanent (Racan, II, 112).
Pers (bleu, livide) — ne vaut rien (Malh., IV, 376). — * Nie., Cotgr., Mon.. Oud., Rech., C. A. Oud. — 0 Rich. — Portune aux cheveux pers (La Mesnard., Po., 225); elle se guinda dans l'air perse (Scarr., Virg., II, 55).
Piteux — souligné par Malh. (Desp., Diane, I, son. 16) ; regretté plaisamment par la Req. des Dict., blâmé par Chevreau Rem. s. Malh., 5. — * Nie, Mon., Cotgr., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — -J- Rich. — Rurl. : On doit avoir l'ambition de faire une mine piteuse (Scan., Virg., II, 13) : cf. Loret, 21 déc. 1652, 181.
Plaint — blâmé par Malh. (IV, 371). — Mllede Gournay, « depuis un an, l'a ouï dire a deux dames de cette Cour pertinentes et relevées, et si ne l'avoient pas appris de livres, car elles ne lisent point » (O., 620, Adv., 405 ; cf. O., 427; Adv., 260). — O Nie; — * Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ;
— O Rich.
Pleuvir — « Pasquier emploie trop librement et avec trop d'affectation de vieux termes décriés pour les remettre et fourbir comme de vieilles allumelles. Tel est le mot de pleuvir » (Gar., Rech. des Rech., 554). — * Nie, Cotgr. ; — Monet : vieux mot gaulois peu usité, hors en Bretagne, Picardie et Hainault ;
— f Oud., Rech., C. A. Oud. ; — 0 Rich. Mettre en main la marchandise, sans la pleuvir belle, bonne, franche, et quitte de la douane (Chap., Guzm. a"AZ/\, 461).
Point (piqué) — mauvais (Malh., IV, 413 ; cf. 289, 312, 334, 359.; — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech,, C. A. Oud. ; — Richelet dit que poindre est français, mais peu usité. — Le regret du passé cruellement me point (Regn., EL).
Preux — proscrit par la nouvelle École (Gourn., O., 967 : Adv., 643). — *Nic,rCotgr., Mon. ; — f Oud., Rech.,C. A. Oud. et Rich. — Toujours de
U preux le renom ils ont eu (Rec. de Rond., 1639, 7) ; Très fréquent chez Loret . Le sieur chevalier de Créqui, Si preux, si hazardeux 8 juill. 1656 ; cf. 31 juill. 1655; 8 août 1654).
Prime — ne vaut rien (Malh., IV, 470). — Nicot donne quelques locutions : prime entrée, prime barbe; Cotgr., Mon., Oud., Rech. et C. A. Oud. citent les locutions : de prime face, prime barbe. — G Rich. — Les textes donnent surtout la locution conservée : de prime abord. Les burlesques disent prime jeunesse: En sa belle et prime jeunesse (Lorel. 6 mai 1662 ; cf. 17 déc. 1651) ; durant sa prime verdeur 22 mai 1660).
Procure — contesté par Voiture (éd. Houx. 283). — Nie., Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich.
rofonder — était condamné par Vaugelas dans une remarque inédite II, fc85). — O Nie— * Mon., Cotgr., Oud., Rech., C. A. Oud;— e R"'li. Elle s.- traînera et profondera beaucoup plus que ne fait le chiendent .lard. /*/•.. 2.1 • ; des paroles qui confondoient plus-los les riches inventions qu'elles ue les produisoient ou profondoient 'Durai, Eteh. />•.. Av. i>r<>/>. .
Prouesse — vieux, n'entre plus dans le beau style (Vaug., II, 123). La Mothe aurait voulu le conserver (Cons. s. Véloq. fr., 67). — *Nic, Cotgr. ; Mon., Oud. Bech., C. A. Oud. ; — f Richel. (Il le conteste contre un bel esprit de l'A.), Il est comique et burlesque : je n'ai pas fait grande prouesse (Scarr., Virg., II, 175) ; L'un étant plein de politesse, L'autre d'honneur et de prouesse (Loret, 24 mai 1653, 198) ; cf. 13 déc. 1653, 119.
Qualité — « selon la nouvelle Ecole, il vaut mieux dire homme de condition que homme de qualité » (Gourn., Adv., 392). — *Nic. : de même qualité, nature, ou condition; * Mon. Rich. ; — G Cotgr., Oud., Bech. — Molière l'emploiera : les gens de qualité savent tout sans avoir jamais rien appris \Préc, 9) ; avait approuvé ce que j'avais dit d'elle et de Mlle de Guise qu'elles étaient des beautés de qualité (Retz, Mém., I, 1) ; il se faisait seulement passer pour gentilhomme de qualité (Segrais, Nouv. franc, 5e nouv., 6 ; cf. Id., ibid., 3e nouv., 80 ; Ie nouv., 50 et 51 ; 3e nouv., 4).
Rainceaux — Malherbe préfère rameaux ($V, 377). — *Nic, Cotgr., Mon. C. A. Oud. ; — f Oud., Rech. ; — G Rich.
Rancœur — d'après Mllc de Gournay, les beaux esprits l'affectaient pour rancune (0., 622) ; Une remarque de Vaugelas le déclarait vieux. Est-ce pour cela que l'auteur la laissa inédite? (II, 412). — *Nic, Cotgr., Mon. :
— fOud., Rech., C. A. [Oud. ; — G Rich. — Il est burlesque : Quelle rancœur ! Quelle furie! (Loret, 10 févr. 1663) ; Et je, parmy tant de rancœurs, Seray toujours souffre-douleurs (Richer, Ov. bouff., 447).
Randon (à grand) — regretté par la Req. des Dict. — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. (cf. randonnée); — G Rich. — Il est burlesque : Les autres de grande randon,... Gagnèrent^au pied (Scarr., Virg., II, 153; cf. ibid., I, 288).
Ravir (à) — la Résolution finale de la Comédie des Académistes le rejette, mais c'est là peut-être une invention plaisante. — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech. C. A. Oud. — G Rich. — Le mot est partout, au moins chez les comiques et les burlesques : Le vain esclat d'une large dentelle, Riche à merveille et dressée à ravir (Saint-Amant, I, 429) ; En un caillou ||dur à ravir (Richer, Ov. bouffon, 427). Ce passant qu'on méprise est homme de mérite, Qui sent son grand seigneur et qui parle à ravir (Quinault, les Rivales, II, 7).
Refreindre — même observation (Gourn., 0., 954); — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech. et C. A. Oud.; — G jRichel. — Hardy, Théag. et Ch., 4e j., V, ii ; 287, R.).
Regesle — rejeté par Voiture (QEuv., Roux, 282). — G Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich.
Remordre — Chevr. blâme chez Malh. : Sa faute le remord (Rem. s. Malh., 7) ;
— * Nie. (dans un autre sens), Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud.; — f Rich.
Ressouvenance — ne vaut rien, quoique M. de Malherbe s'en soit servi (Vaug., II, 390, Rem. posth.) ; — * Mon., Cotgr., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — G Nie. ; condamné par Rich.
Ridicule — considéré comme scolastique (de Gourn., O., 598) ; — * Cotgr., Mon., Oud., Rech. et C. A. Oud., Rich. ; — G Nie. ; — Il est partout dans les textes.
Rondache — proscrit par la nouvelle École (Gourn., O., 958 : Adv., 63*3 *Cotgr., Mon., Oud., Rech. et C. A. Oud., Rich. ; — e Nie. — Il est dans des fragments de Malherbe (I, 414 et 416), et chez Régnier Sat. X) ; cf. Scudéry : Muse qui, seule du Parnasse, Portes le casque et la cuirasse, La rondache et le coutelas; (Poés. div., 295); cf. Racan, II, 67 ; Saint- Amant, I, 359; Scan., Virg., I, 156 ; Quinault, Am. indiscret, IV, 10.
Rouer — d'après M"e de Gournay, Malherbe conseillait d'écrire que Didon tournoyé fièrement sa prunelle, pour n'écrire pas qu'elle la roue (O., 428 ; Adv., 260)... Pourquoi les dames prononceraient-elles plutôt roue de chariot, d'orloge, de paon, que rouër, puisqu'on dit aussi rompre sur la roue, si elles ont l'horreur du verbe rouer à cause de l'expression rouer un homme [Adv., 260-262). Chapelain n'était pas du même avis. Il écrivait à Mlle de Gournay qu'il refusait d'employer trouer la prunelle « qu'elle aimoit tant, mais que lui ne pouvoit approuver » (Le/., lOdéc. 1032 . — *Nic, Mon.. Cotgr. : torne round, Oud., Rech. : rotare, C. A. Oud. : rodar; — O Rich.
— J'avois les yeux ouverts et rouans dans la teste (Astrée, 1,137b); rien n'estoit si estrange que ses yeux : car, en tout le visage, il n'y paraissoit rien de blanc que ce qu'il en découvroit quand il les rouait dans sa teste (//>., I, 18K b).
Rougissante — proscrit par la nouvelle Ecole (Gourn., O., 955: Adv., 635). — *Nic, Cotgr., Oud., Rech. et C. A. Oud. : — 0 Mon., Riche!.
Sauvement (salut) — même observation (Ead., O., 966 ; Adv.. 642 . — ■ * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — G Richel.
Senestre — proscrit par la nouvelle École (Gourn., O., 958 ; Adv., 637). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech. et C. A. Oud.; — e Rich. Il es dehors des emplois techniques) burlesque : Je ne scay... Si ce fut à la cuisse dextre, Ou si ce fut à la senestre ^Loret, 3 sept. 1654 : cf. ld., 9 août 1653 ; Scarr., Œuv. I, 218).
.Sens dessus dessous — proscrit par la nouvelle École (Gourn., <).. 956; Adv . 635). Vaugelas ne conteste que l'orthographe : Je voudrais sans ; I, 113 . Maupas écrivait sens et rappelait même l'orthographe c'en dessus dessous, 362). — 0 Nie, Mon. ; — * Cotgr., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich. — Je crois... qu'il a la tête vide et sens dessus dessous (Régnier, Sat. XIV); Ha ! dans quel siècle sommes nous! Tout y va sens dessus drssnus Colle te t, Juvénal burl., 1657, il ; cf., Th. Corn., Geôl. de soi-même. \
Servant — la Req. des Diction, désapprouve l'exclusion de ce mot. — *Cotgr.
— O Nie. Mon.; — Oud. Rech., et C. A. Oud. ne donnent que le pluriel et l'expr. frère* servons (cf. servante) ; — G Rich.
Simplesse — noté par Malh. IV. f22 . — *Nic, Cotgr., Mon. ; — -Oud., Rech., G. A. Oud., Rich. — H était dans Régnier : C'est erreur de la si/n; humaine Dial.) ; cf. : Leur entretien n'est qu'amour et Simplette lire. de
<Hr. Rond., 1639, 62). Cette expression est toute faite Scarr., Virg., I. 58
t La seule que Richelet accepte: On retrouve le mot en dehors d'elle chez les burlesques : 11 vouloit, par timpletse extresme, Gouverner un bateau luy-iuesme Loret, 26 juil. 1653, i'1 : ' es nouvelles qu'elle rapporte taraient trop, i La vérité De ëimpleue et de nudité ld., 10 sept. 1661, 16 cf. Dassoucy, Ot». en belle humeur, 1650, 18.
Sollicitude — proscrit par la nouvelle Ecole (Gourn., Adv., 638). On se rappelle les vers de Molière : Ah ! sollicitude à mon oreille est rude, Il put étrangement son ancienneté (Fem. sav., II, 7). — *jNie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., et C. A. Oud. ; — G Rich. — Il a supporté tous les ennuis et toutes les solicitudes que la nourriture des enfans peut donner (Astrée, II, 69) ; La sollicitude... est un bien qui amende de vieillir (Malh., II, 318; cf., II, 619) ; tant... de peine et de sollicitude (Racan, I, 223).
Soucieux — blâmé par Malh., IV, 390 (note 1). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech. et C. A. Oud.; — « sent le vieux », dit Rich.
Souvenance — Vaugelas dit qu'il l'avait employé dans son Quinte-Curce, mais que ce terme a été depuis condamné comme vieux par l'Académie, et qu'il n'est bon qu'en vers (II, 459, Rem. posth.). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — Richelet ne l'admet que dans le bas style, « et encore fort rarement ».
Suader — blâmé par Vaugelas dans une remarque posthume (II, 449). — *Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. ; — G Rich. Maupas le donne également {Gram., 1607,320).
Sueux — souligné par Malherbe dans son Desportes (Rod., f° 242 v°). — *Nie, Cotgr., Oud., Rech., et C. A. Oud.; — e Rich.
Superbe (subst.) — condamné par Vaugelas et Patru, malgré les prédicateurs (I, 92). Il est blâmé par Balzac, dans le Socrate chrestien (II, 262). — G Nie. , Cotgr. ; — * Mon. , Oud. , Rech. , C. A. Oud. ; — Rich. partage l'avis de Vaugelas. — Bouffi de superbe et d'arrogance (Tabar., 11,92). Ménage (Obs., I, 122); Andry (S. desrefl., 353), reprendront la discussion. Le mot devient particulier au style de la dévotion.
Surhausser — proscrit par la nouvelle École (Gourn., O., 954; Adv., 635). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., et C. A. Oud. ; — G Richel.
Tardité — entièrement hors d'usage (Vaug., II, 421, Rem. posth.). — G Nie, Mon. ; — * Cotgr., Oud., Rech., et C. A. Oud. ; — G Rich. — Mais elle a encore une autre ardente occasion de tardité (Du Vair, 390, 11) ; mon précepteur a accommodé sa patience à ma tardité (Malh., II, 185).
Targe — d'Audiguier le supprime dans Amyot (Hug. 19). — *Nie, Cotgr., Mon., Oud., Reçh., C. A. Oud. ; — -{-Rich. — Le courageux Urie ombragé de sa targe (Montchr., David, IV). Les ministres huguenots font à tout propos une targe fort honorable du texte de la Bible et appellent cela le bouclier de la foy(P. Garasse, Doctr. Cur., 851) ; Du débris des dards et des larges... Nous avons comblé leurs fossés (Racan, II, 48 ; cf. Scarr., OEuv., I, 241; Virg. trav., II, 45; Richer, Ov. bouffon., 487).
Tendreté, tendreur — rejetés par Vaugelas (II, 466, Rem. posth.). — Nie, ^Mon., donnent tendreté, non tendreur; — Cotgr., Oud., Rech., C. A. Oud.
donnent les deux ; tendreur se trouve dans le Jardin, fr., 51 ; Qui décolent
les escussons à cause de leur tendreur; — G Rich.
Termer — proscrit par la nouvelle École (Gourn., O., 954; Adv., 635); — G Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich.
Titrer — proscrit (de Gourn., O., 954; Adv., 635). — G Nie, Cotgr., Mon.; — *Oud., Rech. et C. A. Oud.; — G Rich. — C'est une gueuse qui... se titrera marquise (Th. Corn., Gai. doublé, 1,1),
Triomphateur — même observation (Ead., 0., 967; Adv., 643). — G Nie. Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., |Rich. — Les lâches courtisans qui sont les triomphateurs n'ont pas été les victorieux (Balz., de la Cour, 7).
T/oublement — souligné par Malherbe dans Desportes (Cléon., st., f° 13t> — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., et C. A. Oud. — G Rich. — La Reine, entendant ces paroles, fut si transportée que, de peur de montrer par sa contenance le troublement de son esprit, s'en alla se promener en un jardin (D'Où ville, Contes, II, 51).
l'nissement pour conjonction — proscrit (Gourn., 0., 964 : A'dv., 644 . — G Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich.
! sance — d'Audiguier le change en manière dans Amyot (Hug.. 51). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. La Requête des Dictionnaires (31) regrette le mot. Richel. le donne comme terme technique de finance et de contrat.
Valeureux — proscrit par la nouvelle École (Gourn., Adv., tO'6). — *Nic. Cotgr., Mon., Oud., Rech. et C. A. Oud. ; — Rich. : poét. — Par quels faits d'armes valeureux, N'as tu mis ta gloire en estime? (Malh., I, 114).
Value — condamné par Deimier [Acad., 373). — * Nie, Cotgr., Mon., Oud.. Rech., et C. A. Oud. — G Rich. (cf. plus value).
Vergogne — Pellisson, rapportant l'examen de la célèbre strophe de Malherbe où se trouve ce mot, dit que l'Académie n'a rien trouvé à y redire, mais que certains feraient difficulté de se servir de vergogne (Hist. de l'A., I, 123). Et en effet Chevreau estime qu'il faut laisser ce mot aux anciens (Rem. s. Malh., 4). Il était dans Maynard, 1646, p. 101 et ailleurs, ainsi Traduction des Dialogues de Vives, 1611, 212a. Mais presque tous les exemples sont burlesques (Brébeuf, Luc. trav., 16b6, 80; Richer, Ov. bouf., 290, i-90; Saint- Amant, I, 371, etc.). * Nie, Cotgr., Mon., Oud. Rech., C. A. Oud. — f Rich.
Vergogneux — « honteux est beaucoup meilleur » [Vaug., 11. i-33. Rem. posth.). — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud.: — G Rich. — H est burlesque. Et sembloit la première un Lion Libien, Qui trainoil •ol un vergongneux lien (Montchr., Carth., I, 1) ;' les visages vergogneux Scarr., Virg., II, 71); O que ces noms, au lieu de gloire, Seront vergogneux dans l'histoire (Loret, 13 sept. 1653 : cf. Id., 10 juill. 1655).
Viol — condamné au profit de viole ment. (Vaug., Rem., II. 136J. Cf. Rich. — * Cotgr., Nie, Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. Veux-tu amasser le vol sur le viol [Ex. punition d'un 8IMN., V. H. L., III. 231 .
Virer — condamné par Malherbe iIY, 1-58 et 402). * Nie, Cotgr., Mon.. Oud., Rech. et C. A. Oud. — Pour Richelet, c'est un terme technique. Je les voyois après s'en aller aceoustréa en Saioci Martin, avec un reste <!«■ capot, lequel ils viroieniet tournoient, estonnés el esbaubis... Chap., Guzm. d'Alf., III, 171); La girouette, Laquelle au gré du moindre vent, Vireei revire si souvent (Loret, I» juill. 16 ï. Richer, Ov. bouffon,
Vitupère — M11, de Gournay le citail comme un mot à la mode ".. I 22 . Lofe., 106 . Suivant Vaugelas <' il commencée vieillir» (II, I3."> ;cf.Chevr., Rem.*.
Malh.,0. — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech. — C. A. Oud. Rich : très vieux Si de nos discords l'infâme vitupère A pu la dérober aux victoires du père (Main., I, 74, v. 124); Regrettant dans mon cœur la douleur que ma mère Posséderoit de moy, sçachant ce vitupère (Disc, sur la Mort du Chap., V. H. L., V, 35); Et sur un rien leur faire un vitupère (Bec. de Rondeaux, 1639, 60; cf. Scarr., Virg. trav., II, 141; Loret, 28 avril 1652; 24 janv. 1654 ; 5 août 1656).
Vitupérer — vieux (Vaug., II, 135); cf. Richel. — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud.
Voisiné — blâmé dans Pasquier, comme une diction ternie et rouillée par la révolution des années (Gar., Rech. des Rech., 554). — mot provincial, dit Vaug., (II, 160). — e Nie, Mon., Oud., Rech. et C. A. Oud. — * Cotgr. ; — Rich. reproduit Vaug.
Ces exclusions appelleraient bien des observations dont le lecteur n'aura pas manqué de faire les plus importantes.
Incontestablement, parmi les mots ainsi condamnés, un bon nombre, quoique usités à l'époque antérieure, n'avaient jamais vraiment pris racine : aime, bénéficence, contemner, contemptible, conviées, excogiter, fère, fratricide, sueux. D'autres étaient vraiment vieux : ardre, atoucher, attraire, bailler, bienheurer , bienveigner, blandices, chaloir, chevalereux, coint, conjouir, contendre, crimincux, cuider, destourbier, empirance, époindre, estour, ferir, fuitif, guerdon, idoine, impiteux, incoupable, ire, isnel, jeteur, los, naver netlir, nuisance, occire, ocieux, oppresse, ost, oubliance, pers, plaint, pleuvir, point, profonder, refreinure, regeste, targe, usance.
Mais ce qui prouve que beaucoup pouvaient vivre, c'est qu'en réalité, malgré le fâcheux discrédit qu'on jetait sur eux, ils ont vécu. Je citerai : actif, adolescent, allégresse, angoisse, anxiété, ardu, banquet, clameur, condoléance, contempteur, cupidité, décrépitude, effectif, élaborer, à bon escient, félon, gel, gratification, gratitude, grever, haineux, humiliation, obsèques, outrecuidance, paroi, pavois, raviver, sollicitude, soucieux, surhausser, triomphateur, valeureux, vénération. L'échec de la campagne menée contre eux montre assez qu'il y avait des raisons de les laisser vivre.
Toutefois, il ne faudrait pas juger ces jugements d'après les suites qu'ils ont eues. Combien de mots méritaient de vivre, qui, sans périr précisément, ont été comme fanés, et se sont trouvés rejetés du beau style : atour, bénin, complainte, émoi, héberger, honni, jouvenceau, larmoyer, liesse, manoir, navrer, œillade, prouesse, souvenance ! Bons pour le burlesque, ou plus tard, la romance et l'opéra-comique, bien peu sont parvenus à une com-
plèle réhabilitation. Parmi ceux qui sont tout à fait sortis de l'usage, il en est dont la perte est si sensible qu'on en mesure du premier coup l'importance : se condouloir, se conjouir, convoiteux, erre, etuyer, étranger, fortuner, humhlesse, magnifier^ mauvaiseté, nettir, œillader, pers, rouer la prunelle, tendreté, et d'autres ne se traduisent guère facilement, et sont mal rendus par des expressions ou des périphrases. Dans d'autres cas, il semble que le mot perdu est remplacé, et avantageusement quelquefois : beneficence par bienfaisance, chevalereux par chevaleresque, conforter par réconforter, corrival par rival, crimineux par criminel, defermer par ouvrir, desanimé par inanimé, envieillir par vieillir, esclaver par asservir, essourder par assourdir, impiteux par impitoyable, incoupable par innocent, loisible par licite, los par louange, rancœur par rancune, sauvement par salut, simplesse par simplicité, souvenance par souvenir, suader par persuader, trouhlement par trouble, vitupère par blâme. Sans doute l'expression ne manque pas à l'idée, mais on sait aujourd'hui assez de l'histoire des mots, pour affirmer que, même en admettant une complète identité de sens et d'emplois entre les mots condamnés et ceux que l'on conservait, si le goût public eût alors souffert qu'on ménageât un peu plus les richesses acquises, des différenciations se seraient produites dans le développement ultérieur, de précieuses nuances se seraient marquées, et le lexique s'en fût trouvé à la fois augmenté et affiné.
B. MOTS QUI VIEILLISSENT ET SORTENT DE L'USAGE SANS ÊTRE CONDAMNÉ8 PAR AUCUN THÉORICIEN, A MA CONNAISSANT.!] '.
abutler (s1; (se diriger vers un but, se proposer) — Moût., Ess., I, 4, l. 1, 2"»-
— G Nie, Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich ; — *Cotgr. : abutter; — * H. D. T. ; — e L. et Hug.
accoiser — *Nic., Cotgr., Mon.: — f Oud., Rech., C. A. Oud. ; — 0 Rich. — Mais nu lieu d'accoùer mon âme ton le émue (Montchr., Carth., 1,1); les puissances saccoisent à ^uise de chastes avettea Franc, de Sales, VI,
— Cf. Hu^., II. 1). T., et L. — Encore dans Molière et Bossuet.
acompar&ger (comparer) — *Nic., Cotgr., Mon.; — Oud., Rech.; —
-;-C. A. Oud.; — e Richel. — G H. D. T., L.,ei Hug.
l. G Iluj,'. signifie que M. Huguel ne la pas noté chez les classiques dans son l'ctit Glos$*ire dea classique* français. Paris, 1907. + Hug. signifie qu'on trouvera là des renseignemenU sur la destinée ultérieure du mot. Dans la même intention^ il m'a paru bon d'indiquer si le mot se trouve ou non dans il. D. T. el dans Littré. Voir suivi de l'abréviation d'un de ces lexiques indique qu'on y peut trouver des exemples inté restants.
«comparer — O Nie, Oud., Rech., Rich.; — 7 C. A. Oud. ; — * Cotgr., Mon.; — e Hug., H. D. T., L.
«compter — G Nie., Cotgr., Mon., Oud., Rech., G. A.. Oud., Rich. ; — *Maupas, Qram., 266. — G Hug., H. D. T., L.
accroches — G Nie., Cotgr., Rich. — * Oud., Rech., et G. A. Oud. : heurt, empeschement; — Mon. : difficulté retardant une affaire. — Trouvant des accroches aux offres qu'on luy faisoit (J. J. Bouch., Conf., 68); — G Hug., L.; Voir H. D. T.
acertainer (acertener — certifier) — *Nic, Cotgr., Mon.; — 7 Oud., Rech., et G. A. Oud.; — G Rich. — Ce que je vous peux acertener (Ghapel., Guzm. d'Alf., III, 307) ; — G Hug., L. ; Voir H. D. T.
acouardir (rendre lâche) — G Nie, Mon., Oud., Rech., Rich.; — * Cotgr., C. A. Oud. — Il est dans Hardy {Theag. et Chariclée, 6e j., II, 1 ; 388, R.).
achoison (occasion) — *Nic., Cotgr., Mon.; — G Oud., Rech.; — 7C. A. Oud.;
— G Rich. — faits de raisins d'élite et (Vachoison (R. Franc, Merv. de nat., 300) ; — G Hug., L., H. D. T.
aconsuivre (atteindre) — * Nie, Cotgr., Mon. ; — G Oud., Rech., Richel. ; — fC. A. Oud. ;— G Hug ., L., H. D. T.
acravanter (écraser, briser) — * Nie ; accrevanter, Cotgr., Mon.; — 7 Oud., Rech.; — *C. A. Oud.; — G Rich. — et nous, les consciences chargées, surchargées, acravantées de péchez énormes (Camus, Divers., I, 345, v° ; cf. Hardy, Theag., 5e j. I, 1, 301, R.). Plusieurs furent acravantés (Loret, 7 juill. 1652 ; cf. 5 nov. 1651); — G Hug.. L. Voir H. D. T.
alaschir — * Cotgr., Mon.; — s'allachir, Nie, Oud., Rech., G. A. Oud. — G Rich. — Afin qu'il ne se rompe en alaschissant l'écorce (R. Franc, Merv. de Nat., 292). — G Hug., L., H. D. T.
alangourir — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech. et G. A. Oud. ; s'alangourir; Rich. — Je suis sialangourie (Fr. de Sales, VI, 116) ; — G Hug., L., H. D. T.,
«lumelle — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich. — G Hug., L. ;
— *II. D. T. — Il est burlesque : qui fut un beau coup d'alumelle (d'Assoue, Ov., 1650, 136; cf. Scarr., Virg., II, 248 ; Loret, 20 fév. 1655, 23 nov. 1652. De Villiers, Fest de Pierre, v. 636, etc.).
altère (perplexité) — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech. et G. A. Oud. — G Rich. — Comme il était en ces altères (Ex. punition d'un assass., V. H. L., III, 236); La Grèce s'est trouvée en ces altères plusieurs fois (Guerson, Anal, du Verbe, 96) ; — G Hug., L. ; —Voir H. D. T.
appeler — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud. — G Rich. — Toutes les choses qui sont soumises aux sens appetent ce qui est égal (Theoph., I, 42). Le mot se retrouvera dans Buffon. — * L. et H. D. T.; — G Hug.
appiler — G Nie, Mon., Oud., Rech., Ç. A. Oud., Rich. ; — * Cotgr.; — cf. Mont., Ess., III, ch. 9, VI, 213 : — G Hug., H. D. T. ; — L. : mettre en pile.
artiste (syn. de artistique) — G Nie., Cotgr., Mon., — * Oud., Rech., G. A. Oud.; — G Rich. — G Hug., L.; — Voir FI. D. T. — consiste en un artiste meslange de couleurs (R. Franc., Merv. de Nat., 344) ; cf. Loret, 5 juin 1655 :
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invention artiste; 26 juin 1661 : un dénombrement artiste, etc. — Repris de nos jours.
Atterrassement — G Nie, qui donne aterrer, Cotgr., Mon., qui donne atlerement ; — j Oud., Rech.: — *C. A. Oud. — G Rich. qui donne altérer : il vieillit. — O Hug., L., H. D. T. — des chasses et des alterrassements de bestes (R. Franc, Merv. de nat., .'! i I .
Avant-courier — 0 Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud.; — Rich. donne le féminin. — 9 Hug. ; — *L. et H.D.T. ; — On avançoit de semblables discours qui n'etoient que des avant-courriers d'une rébellion (Gar.s Mem., 63); à la fin les ombres des forests et des montagnes commencèrent à croistre,et Yavancourière du jour et de la nuit, qui paroist tousjours la première (Gomb., Endim., 82).
Aveindre — *Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich.; — *H. D. T. et L.,qui cite^Hauteroche; — GHug. ; — d'où il est nécessaire de les aveindre (Let^PhylL, II,2$4).
Avesprer — G Cotgr., Oud., Rech., Rich.; — *Nic,Mon.,C. A. Oud. : avesprir;
— GHug., H. D. T.
Aooler — *Nic, Cotgr.; — eMon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich. : — © H.D.T., L., Hug. — Dupleix nous dit (Lu m., 297) : Il estplus expressif qu'accourir. « Le roy advola de Paris en Italieau secours du duc de Mantoue. » La course seroit prise de trop loin. M. le Cardinal, lisant mon histoire, rejeta ce terme, mais après avoir ouï ces mêmes raisons, il l'approuva, et sans son approbation, je l'aurois biffé. — Cyrano le met dans la bouche de Granger Ped. joué, a. I. se. 2 : Va-t'en dire à Chariot Granger qu'il avole subitement
Randon — *Nic, Cotgr., Mon.: — GOud., Rech., C. A. Oud., Rich.: GHug., H.D. T., L.
Riberon (qui aime à boire) — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech., C. A. Oud., Rich.; — l'enluminure du visage des biberons (R. Franc, if «r». de nat.,399).
— *H. D. T., L. ; — GHug. Il est resté populaire.
Rladier — *Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech. et C. A. Oud.; — G Rich. G L., H. D. T., Hug.
Rlasonner — *Nic, Cotgr., Mon., Oud., Rech. etC. A. Oud. — G Rich. — La bouche des méchants blasphème contre moi, Rlasonne ma puissance et taxe ma justice (Montchr., Dav., V). — G Hug. ; — *L., II. D. T.
Rloutre (motte de terre renversée par le soc) — *Nic, Cotgr., Mon. : — GOud., Rech., C. A. Oud., Rich.; — G L., H. D. T. et Hug.
Rluetter — * Nie, Cotgr., Mon., Oud., Rech. et C. A. Oud. - O Rich. -Mesme il hluette parmi la nuit (jette des étincelles, \\. Franc, Merv. de nat.. I7t> .
— GL.,H.D. T., Hug.
Bobeliner [rapiécer) — *Nic, Cotgr., Mon.; — -j-Oud.. Rech., <:. A. Oud. — Rich.;— eL, Hug.; — *H. D. T.
lioivin — *Nic, Cotgr., Mon., Oud.,/Wi. el C. A, Oud. ; Rich. — 0 L.,