‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 106 sur 385 · Egl.Rèf · texte numérisé non relu

Egl.Rèf

2. « Apportant l'industrie drapière, ils (les réfugiés venus des Flandres) BOtil reçus avec empressement par Elisabeth qui les aide à fonder les églises fortifiées ensuite par les réfugiés de France : Winchelsea, 1560-1589, Cnnltrbnry, 1561, SunéwicK W64-1570, Norwich, 1564-1829, Sonthnmplon, !567 n. (Id., tb., U).

3. On troux'era dans Schickler Vhistoire de cette lutte (o. c, ÎS-21). En 1588, Bnrghlcy dut plaider devant le Parlement la catrse des émigrés. Il Icwr fut interdît par le lord maire d'exercer leur ind-astrie et rinlcrdiction ne fut l«vée qu'en 1599. Jacques !•' fut plus libéral. Mais en 163Î, nouvelle crise et nouvelles violences pour

COUP d'œil en arrière 151

Cette sévérité, qui contraignait les réfugiés à se séparer, au lieu de former des groupes très compacts, ne leur laissait guère qu'une perspective, celle de se fondre dans la masse religieuse et ethnique où ils entraient ; elle fut certainement peu favorable à leur influence. Les Églises de langue française, à travers bien des vicissitudes, se maintinrent, il est vrai, mais la vie de leurs membres dut de bonne heure se conformer aux nécessités du milieu et s'angliciser. Combien de temps gardèrent-ils leur langue, rite et formulaire mis à part? C'est une question trop générale, et à laquelle on ne pourrait répondre que si on avait les moyens d'étudier un groupe après Tautre. Malheureusement, les documents font défaut*. Des études faites il ressort seulement que le Refuge procura quelques maîtres de français, en particulier ce Sainliens (Holyband), auteur de nombreux ouvrages, dont l'honneur principal est d'avoir fourni à Cotgrave la première ébauche de son travail. Il semble qu'il ait dirigé une école dans le cimetière Saint-Paul, centre de la ville et quartier des imprimeurs. En 1S68, il y enseignait avec laide d'un adjoint. Il quitta cette école, et elle ne cessa pourtant pas d'exister. En 1590-91, un imprimeur donne encore pour adresse de sa boutique : « près de l'école française 2. » Si modeste qu'on la suppose, cette école en annonçait d'autres, et, d'ailleurs, eût-elle même été unique, elle n'avait pas son pendant au quartier latin. Qui eût ouvert alors à Paris une école anglaise ?

Opposition et critiques. — En 1S77, Harrisson s'était plaint déjà du goût exagéré de ses compatriotes pour les modes et la cuisine française. Chapman imagine plaisamment que deux naufragés, en voyant les costumes et les allures des gentilshommes, se méprennent, ne croyant plus être débarqués en Angleterre. Le gallomane devient un type. Beaumont et Fletcher vers 1609, en ont esquissé le portrait en quelques lignes rapides ^i Les dangers de la Manche impitoyable, de Douvres à Calais, cinq longues heures de

tâcher de soumettre les étrangers à la liturgie anglicane, traduite en français. Enfin, en 1641, le Parlement sanctionna leur résistance, et le synode de 1641 publia la « Police et discipline ecclésiastique observées es Eglises de la langue française ». Cfomwell les respecta. Charles II reconnut aussi leurs droits au moins à l'existence (cf. Miss Farrer, /*a vie et les œuvres de CL de Sainliens^ Paris, 1908, 4-7).

1. Quelques-uns des réfugiés reçurent des bénéfices dans TÉglise anglicane, et publièrent des ouvrages en anglais.

2. Voir Miss Farrer, o. c, 10-13. On cite après Sainliens, Ledoyen de la Pichonnaye (Stenjfel, o. c, n° 28; mais personne n'a vu son ouvrage), de la Mothe, 1592 (Id., <i)., n" 36), et une grammaire anonyme de 1595, parue à Rouen (Td., ih.^ »• 37). Cf'Une liste très complète dans Upham {o.c.^ 9-10).

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