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LE DÉBUT DU XVII® SIÈCLE

ouailles, sans parler notre langue. Ils sV mettaient de leur mieux ^, et certains arrivaient à la posséder, au point de s'en servir pour leurs ouvrages ^. Or ioujs ne finirent pas leur vie parmi nous. Il arrivait (jpie devenus à demi Français^ ils s'en retournaient soit dans leur pays d'origine, soit en Angleterre ^. John Gordon, par exemple, fils d'un évêque réformé, après avoir vécu en France, et s'y être marié deux fois, fut appelé près de Jacques I®"^, pendant que sa seconde femme, fille de M, Maulet, premier président du Parlement de Bretagne, fut attachée à la princesse Elisabeth, future femme de TElecteur palatin, pour lui enseigner le français ^.

Du côté catholique, on était aussi attiré vers la France. A Bourges, par exemple, les étudiants venaient apprendre le droit *\ Mais voici un trait rapporté par M. Charlanne qui donnera à lui seul une idée de la place que tenait en Ecosse notre culture. Quand l'Ecossais Drummond mourut, il avait chez lui 267 livres latins^ 35 livresgrecs, 11 livres hébreux, 61 livres italiens, 8 livres espagnols, 120 livres français et seulement 50 livres anglais ^.

L'raFLUEKCE d'Hensiette de France. — On a considéré plusieurs fois le mariage de la fiUe de Henri IV avec Charles I*' comme ayant ^andement contribué au développement de la culture francise en Angleterre. La reine avait en effet emmené avec elle, non seulement trente-^six chapelains, mais toute une troupe de serviteurs et de

1. John Welsh devint en 1607 ministre de Jonzac. D'après des lettres en français adressées à Boyd, il s'y trou^-ail fort mal : il y i«sia cependant plus de dix ans, et y publia un ouvrage (rArma^çeddon de la Babylon apocalyptique). S'il est vrai, comme l'assure son biographe, que quatorze semaines après son arrivée à Bordeaux, il «iaUenétat de prêcher en français, il parait aussi qu'il ne {xarla jamais correctement noire laixgue, surtout quand il s'animait. Il sut pourtant par un mot d'esprit apai- "^r Louis XIII après le siège de Saint-Jean-d'Angely, alors qu"*!! avait été arrêté sur son^rdrc (Id., Cfc., H, 252-»4).

2. Parmi ceux qu'où cite comme auteurs %ure Primerose, qui fut pasteur k Bordeaux. Son compatriote Cnmeron, qui le remplaça en 1620, est aussi Tauteur d'ouvragesen français et d'une lettre qui eutThonneur du bûcher (Id., ib., II, 169 et suiv.). Le coadjuteur de l'archevêque de Paris, qui devait plus tard être le cardinal de l^lz, ayant besoin d'un secrétaire, prit a son service un Écossais nommé Robert Menteith de Salmonct. Michel de Marolles dit à propos de lui : « Cet homme... écrit en notre langue, comme un François naturel..: Il a composé l'Histoire des derniers troubles d'Angleterre et nous avons vu de lui une Remontrance au roi de la Grande Bretagne, qui peut être mise en comparaison de tout ce que nous avons de plus clegant » (Id., ib., II, 301). Malheureusement Marolles n'était pas grand connaisseur.

3. Primerose mourut pasteur de l'Église française de Londres, quoiqu'on l'eût bien prié de rester h Bordeaux (Id., Lb.y II, 168-179).

L W.,tA., II, 273.

5. Sur un album, de 1619 à 162i, ont signé 15 Écossai.s. Henri IV avait rétabli le corps des gendarmes écossais en 1604.

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