‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 113 sur 385 · LE DÉBUT DU XVII® SIÈCLE · texte numérisé non relu

LE DÉBUT DU XVII® SIÈCLE

J'autres '. M'™® de Motteyille prétendait mâms qu'elle laissait échapper des anglicismes.

Il ne faudrait donc pas s'exagérer rinfluence de cette fille de France sur une cour tout anglaise. C'est en anglais que ses poètes, même ceux qui la rejoignirent sur le continent, comme Waller, lui faisaient leur cour :

Mighty Queen, In whom the extrêmes of Power and Beauty move, The Queen of Britain and the Queen of Love.

Sans doute, de temps en temps, elle goûtait la joie de quelques représentations fran<;aises. L'année 1635 fut à cet égard une année bénie. Une troupe française fut autorisée à s'installer à Londres, à y demeurer, et à y jouer même les deux jours de sermon de chaque semaine, jusque dans la semaine sainte % Mais 11 n'existait pas de milieu français autour de la Reine, et, dans l'état de l'opinion, il lui eûtété impossible, môme avec l'assentiment du roi, d'en former un. Ses plaisirs, comme ses actes, étaient étroitement surveillés par les puritains et une opposition qui grandissait de jour en jour, et qui considérait, non sans raison, catholique et français comme à peu près synonymes.

La mode française et l'opinion. — On sait en quels termes sévères Milton — pour ne pas citer ici un fanatique obscur — après avoir prôné un système d'éducation fondé sur la pratique, condamnait l'éducation à la française : « Nous n'aurons plus besoin alors que les Monsieurs de Paris prennent notre jeunesse pleine d'espérance sous leur direction légère et prodigue, pour nous les renvoyer ensuite transformés en mimes, singes et nullités '^)). Dans une pièce de Jonson, jouée en 1626, Tun des personnages emploie le mot Migniardise ; là-dessus son interlocuteur répond : « Thou seem'st by thy language,... a courtier. » (Tu as l'air d'après ton langage, d'un courtisan ^).

1. Elle écril en français à Ilamilton, à lord Golcpepper, au marquis de Newcastle, €tc. — en anglais à Montrose. Toulefois dans une lettre à lord Finch, qui est probablement de 16 41, elle déclare que c'est la première lettre quelle ait écrite en an),'lais (Bâillon, Ilenr. de Fr., 359-360). M. Bastide a publié une lettre d'elle à soniils, le futur Charles II, en anglais {Anglo-French Entente in the SeventeenthCentury, 41).

2. Upham, o. c, 373. Cf. Gharl., Th. et cril., 66. Une troupe était venue déjà en 1W9, mais la présence de femmes avait fait scandale. Les représentations avaient «ccaiionné des troubles à Blackfriars, et Prynne le puritain, ayant visé la Reine <ians5es invectives contre les actrices françaises, fut poursuivi (Hast., o. c, 32). En 1635, on jouait pour eWe Mélize, du Sr du Rocher, avec d'autres pièces de Scudéry «tdeDu Ryer. Cf. sur les visites des comjdieus français, Anglia, XXXIl.

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