Il y a une pièce de Santeuil qui lui est adressée
. ..latias Delpliinus amaverit Artes, Vivemus, prohibet Musa Latina mori.
4. Voiries Œuvres de Santeuil, Paris, 1698, I, 220 : iEterna esse praemia Poëtarum <{ui Latine scribunt. La pièce est suivie d'une traduction.
De sa gloire un François est quelque temps superbe.
De Desportes grossier le vers ne se lit plus,
Qui de rente autrefois valut dix mille ccus.
Du Perron est éteint, à peine on lit Malherbe,
De Voiture déjà s'enfuit d'un visle pas
L'élégance enjoOée avec tous ses appas.
Déjà suit de Balzac l'éloquence pompeuse.
Ainsi l'Usage, pour long-temps,
Montre une haine dédaigneuse Aux livres honorez d'éloges éclatans.
Mais des Chantres Latins la source toujours pure Pour les siècles futurs les assure d'un prix, Qui de ce siècle vain ne craint pas le mépris. Ainsi le pur Sidron des ans vaincra l'injure. Ainsi Vval, qui tantost du Chantre Calabrois, Tnntost d'Homère imite et l'esprit et la voix, S'est acquis de laurier une double couronne.
Et de Rapin vivront les fleurs.
Sans craindre THy ver ny l'Autonne.
Tant son divin nectar en nourrit les couleurs. .>. Ce n'est guère qu'une préface, suivie de pièces de vers, auxquelles il fut répondu assez vivement par Santeuil et par d'autres, en latin et en français.
et une Epitre fougueuse à Perrault répondit point par point à l'argumentation du P. Commire (Santeuil, OEuv., I, 224). Sa prose n'était pas moins véhémente.
Le débat est porté a l'Académie. — Le débat devint alors en quelque sorte officiel. Il fut porté, non pas devant la «petite Académie» ^, composée de quatre membres seulement, dont deux, Charpentier et Bourzéis, appartenaient à des opinions opposées 2, mais à TAcadémie française. Dans la séance du 12 décembre 167S, le directeur ayant invité les membres à lire quelques pièces de leur composition pour honorer la cérémonie, ce jour-là publique, et à laquelle Colbert avait daigné assister, Charpentier lut un morceau de prose, dans lequel il entreprit de prouver que les inscriptions devaient être en langue française. Son discours, disent les Registres^ fut fort beau et contenta toute Tassistance (éd. M.-L., I, 131). C'est sans doute, pour le fond au moins, un des discours qui composent la Deffense de la langue française,,, que Cl. Barbin acheva d'imprimer le 2 mars 1676.
Une pièce de Santecil. — Santeuil dut en être fort impressionné,, car chose inattendue, il honora la Deffense d'un poème latin en l'honneur de la langue française ^. La pièce fut imitée en vers français par M. le marquis de Robias d'Estoublon ^, qui la communiqua à l'Aca-démie d'Arles. L'abbé Vissac (0. c, 236) a prétendu que cette pièce n était qu^ironie, mais l'abbé Gouget ne Ta pas comprise ainsi, et il ne semble pas que les contemporains en aient jugé non plus dela sorte. A l'Académie d'Arles on admira « la douceur et la force desdicts vers », et l'on résolut de les garder dans les Archives 1 10 avril 1676) •'. Ce qui peut avoir donné lieu à la méprise, c'est que des amis de Santeuil écrivirent une lettre intitulée Ad Saniolium Vict, Amici De prœcedenti Elegia judiciiim (Santeuil, OEuv., éd.
1. L'Académie avait sa propre médaiUe en laliu : Ueriini ^cslarum fides... Academîa Ri^gia Inscriplionum et Numismalum instituta. Santeuil lui a adressé une pièce « Reçiae Numismatum et Inscriptionum* Academiae ut Latine inscribat publica monumenta ». (Ûb*ar., éd. citée, 1, 176).
2. Suivant Goujet. Tabbé de Bourzéis fit d^abord un discours pour montrer que- Ton devait se servir du latin [Bib. fr., I, 12). Il ny en a pas trace dans les Registres.
3. Voir à la suite de la Préface : In librum V. C. Francisci Carpentarii de Arcn triumphali galUce inscribendo. Dans les œuvres de Santeuil, le titre est légèrement modifié : Libro F. Fr&ncUci Carpentarii V. Academici de arcu Iriumphali gaUiceinscribendo applaudit Santolius V.
4. Cette imitation se trouve dans les Œuvres de Santeuil, 2" éd., Paris, 1698, L 'là. Certains vers mériteraient d'être cites.