LIMITES DE LA DIFFUSION DU FRANÇAIS
mée de nos jours*. On a pu voir par Tusage qui en est fait dans cette histoire même^ que le Dictionnaire de Guy Miège (1677) est fort important ^, Signalons aussi, à la fin de la période, Abel Boyer, qui fut journaliste en même temps que lexicologue, et traduisit ïlphigénie de Racine ^ C'est lui que Swift appelait par un affreux calembour : French dog (A Boyer).
Au reste, comme il était impossible « d'imiter l'inimitable », et que « l'allure française, pas plus que la langue, ne pouvait s'acquérir sans aller en France^ », les Anglais venaient sur place, à Blois, à Orléans, dans tous les pays dont la pureté d'accent était célèbre. Paris en vit beaucoup, non seulement de simples étudiants, mais des voyageurs de qualité ^\ des hommes de lettres aussi. Les maisons de M"*®* d'Hervart et de la Sablière leur étaient particulièrement accueillantes.
L'opposition. — Comme partout, les mœurs et les modes de la haute société étaient parfois copiées dans la bourgeoisie. Il y a en tous pays des « Bourgeois gentilshommes ». Dans la Cité aussi, on vit des gens qui se piquaient de connaître ce qui arrivait de France, y compris les mots nouveaux, qui vous donnent un air de bel-esprit ". Toutefois, il est plus facile d'acheter des mouches que de parler une langue, ou même de Técorcher. Il ne faut pas se figurer que Londres parlât français. On a cité un texte plaisant du réfugié Le Pays, disant que sans la fâcheuse habitude de parler anglais dans la ville, on n'eût pu distinguer Londres d'une ville française ^. En effet, on y parlait anglais, obstinément. Il est vrai que dans une société composée comme celle-là, cet entêtement n'avait pour le moment pas d'autre importance .
Cependant ce chapitre serait tout à fait incomplet, et donnerait une idée fausse des mœurs du temps, si je laissais croire que tout le monde cultivé donna son assentiment à cette imitation effrénée de