‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 167 sur 385 · CEuv., m, It. Amand verd · texte numérisé non relu

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le préféré, sinon le plus grand, parait avoir été Claude Bouton, seigneur de Corbereau, qui joua un si grand rôle dans la diplomatie et la politique, sous Charles-Quint *. Des femmes aussi se mêlaient de* vers, telle la comtesse de Hornes. Bref, tout un petit cercle delettrés vivait autour de la gouvernante, et prenait son plaisir à des divertissements littéraires 2. Dans ce cercle on ne parlait que français et les « rederijkers », tels Herpener, en 1556, s'en sont plaints.

On peut ajouter que si le nombre des bons écrivains français des Pays-Bas n'a pas été plus grand, ce n'est pas que les Muses y aient parlé flamand, c'est que^ là comme ailleurs, quelques-unes se croyaient trop inspirées pour s'exprimer autrement qu'en latin . Des pédagogues comme Sturm et Vives, le délicat Jean Second se détournèrent à la fois des deux langues vulgaires. Malgré ces défections, M. Doutrepont n'a pas manqué de le remarquer, la littérature bourguignonne est devenue plus elle-même, sous le dernier duc de Bourgogne et après sa mort qu'auparavant ^. Sous Marguerite, son centre était bien la Flandre.

Charles-Quint et Marie de Hongrie. — L'empereur, élevé par Marguerite, avait lui aussi le français pour langue maternelle. Il n'a jamais correspondu qu'en français avec l'archiduchesse Marguerite et la reine Marie ^, et on pourrait citer une foule de faits montrant qu'il avait l'habitude d'user exclusivement du français, même en pays flamand. Ainsi, quand il prit possession de la ville de Dunkerque, en 1520, c'est en français qu'il prêta son serment ^. Et on rapporte qu'il avait défendu à ses serviteurs et à ses ministres de langue française de s'entretenir avec lui dans sa chambre en \me autre langue ®.

Avec Marie de Hongrie (1531) les choses changèrent déjà. La nouvelle maîtresse du pays était née à Bruxelles (1505), et avait été élevée à Malines. Toutefois, transplantée de bonne heure en Allemagne, elle n'avait pas reçu cette culture toute française dont Marguerite

1. Il est Tauteur d'un Mirouer des dumes, inédit. Voir E. Beauvois, Un agent politique de Ch&rles-Quint, Paris, 1882, et H. Guy, Hist. de la Po. au XVI* s., I, L'Ec. des rhétor.y Paris, 1910, p. 44.

5. L. Tilmant, Les albums poétiques de Mnrg. d'Aulr.^ Bull, du cercle archéol. de Malines, XI (1901), p. 129 ; dans Pirenne, III, 314.

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