DEPUIS L EXTINCTION DKS DUCS DE BOURGOGNE
gèrent à mettre à proBt cette situation pour faire instituer dans leur ville un centre d'éducation capable d'y attirer les étudiants. Une Ordonnance de Tannée 1530 constatait la coutume générale d'envoyer les jeunes gens en France pour leur faire apprendre le français « qui est langage fort requis * ». Ils représentèrent à* l'Empereur Tavantage qu'apporterait l'érection d'une Université à Douai, puisqu'il « ne seroit plus besoin à ses sujets de langue flamande de se transporter hors de son pays pour y apprendre le langage françois dont on use à Douai, et les deniers des étudiants resteroient dans le pays 2. »
L'idée fit son chemin. Le français n'était pas suspect, mais la France et les livres français l'étaient. Malgré les persécutions intermittentes contre les Huguenots, la France apparaissait aux catholiques fanatiques comme une mère d'hérésie. C^était de chez nous qu'étaient venus VInstitution chrétienne^ et une multitude de pamphlets calvinistes ; beaucoup étaient imprimés à Sedan, d'autres sortaient des presses clandestines de France. En somme, le luthérianisme était allemand, mais le calvinisme, plus redouté encore, était français ^. Douai présentait tous les avantages d'une ville française. La population était française de langage. De vagues disciples de Ronsard pouvaient donner l'illusion qu'il y existait une littérature française, et l'on y avait sous la main l'Inquisition, qui permettrait d'y conserver l'autorité sur les esprits. Depuis longtemps demandée, l'Université fut reconnue par bulle du Pape, le 6 janvier 1560, et constituée le 19 janvier 1562. Une chaire de français devait y attirer les étudiants flamands ^. Le 4 mars 1570, il fut fait — comme corollaire — défense ^ aux jeunes gens de fréquenter les Universités étrangères. En 1582 et 1587, nouvelles interdictions ^.
L'enseignement du français. — L'enseignement du français sur
1. Recueil des Ordonnances des Pays-Bas, 3* série, III, 59 ; dans Pirenne, III, 316.
2. PUate-Prëvost, Table chronologique des archives de la mairie de Douais 339 (Douai, 1842). Cf. Marx, Studien zur Geschlchte des niederlândischen Aufstandes, 45, n. 4 (Leipzig, 1902) ; dans Pirenne, Ib.