Voir Yalroom
Wat tuimeig^ecst behecrscht het laiid, wat baft^aardij
Valt in ons eigendom, en smet, aïs een harpij
Tôt ons schandaal çeteelt, met haar vcrgifte pennen
De gansche lucht, zelfs eer wij't grqwzaam monster kenncn ?
Dat rcakeloos het hooft verhefTende als vorstin,
De taal van Neerland schopt, en dringt er Frankrijk in
Met hare bastertspraak en dartele manieren.
Ontaarden wij met pecht van d'oude Batavieren ?
Wij zijn verraders van ons zelven, wij verge ten
Ons zelfs, maar hebben 't liefst aan andercn verweten.
De Fransche weerhaan kraaide ons lang zijn wetten toe ;
Toen ketende ons zijn stem, nu kruipt mcn voor zijn roe. « Quelle démence règne dans le pays, quelle bâtardise se jctlc sur ce qui nous appartient, et, comme une harpie engendrée à notre honte, souille de ses ailes empoisonnées toute l'atmosphère, avant même que nous connaissions le monstre redoutable qui dresse la tête comme une reine et chasse à coups de pieds la langue des Pays-Bas et pousse la France à sa place, avec sa langue bâtarde et ses mœurs lascives. Est-ce donc vrai que nous avons dégénéré depuis le temps des anciens Bataves? Nous sommes les traîtres de nous-mêmes, nous nous oublions nous-mêmes, tout en accusant les autres. La girouette française nous chantait depuis longtemps ses lois, puis sa voix nous mettait aux fers et maintenant nous courbons l'échiné devant ses verges. »
L'hymne devait être écrit, et on ne saurait reprocher au poète qui Ta composé d*avoir établi entre deux faits bien distincts un lien qui n'existait pas. Sans doute Louis XIV n'était pour rien dans les progrès de la langue française aux Pays-Bas, et on Feûtfort étonné si on lui avait dit qu'ils servaient sa politique. Mais il était naturel que van der Goes enveloppât le Roi et sa langue dans la même haine.
Le refuge de 1685. — Dès que Louis XIV commença à retirer une à une les concessions que TEdit de Nantes avait consenties aux Réformés, l'émigration redoubla, et, des provinces maritimes, un assez grand nombre de familles recommencèrent à se diriger vers l'asile où tant d'autres les avaient précédées.
Au retour de son ambassade à La Haye en 1668, le comte d'Estrades, gouverneur de Dunkerque, informait Ruvigny que plus de huit cents familles s'étaient retirées en Hollande. Les États de Frise (mai et octobre 1681) offrirent de grands et tentants privilèges, dont Texemption d'impôts pendant douze ans. En 1683, la municipalité d'Amsterdam, Haarlem, les États de Hollande, en octroient ou promettent de semblables. Des Poitevins commencèrent à affluer à Breda, dans la baronnie qui était propriété de la maison d'Orange, des négociants de Bordeaux, de Rouen, du Havre vinrent à Rotterdam, La Haye, Amsterdam.
Quand l'Édit fut complètement abrogé, l'exode se tourna en une fuite, qu'aucune mesure ne parvint à empêcher. Les vaisseaux hollandais, qui croisaient le long des côtes, recueillaient les malheureux fugitifs, qui arrivaient ou cachés sous des ballots dans des barques, ou quelquefois à la nage. A Rotterdam, un mois après la Révocation, ils étaient 5.000, presque tous Normands. L'abbé de Caveirac parle de 55.000 réfugiés aux Pays-Bas ; un des agents secrets du comte d'Avaux, Fillières, cite le chiffre de 75.000 dans une lettre du 24 mai 1686. Et en 1698, il en arrivait encore, du Palatinat ^ L'armée et la flotte s'emplirent de Français. Une foule d'officiers du régiment des fusiliers en garnison à Strasbourg, du régiment de Bourgogne, en garnison dans la même ville, de celui d'Auvergne réparti entre Metz et Verdun, des officiers et même de simples soldats accourus de Lille, du Quesnoy et généralement des villes frontières, avaient cherché un asile en Néerlande, et les États Généraux, sur la demande du stathouder, les avaient distribués dans les principales places de guerre. Il existait des compagnies presque