APRÈS LÀ MORT DE GUILLAUME II
c'étaient les nouveaux-venus eux-mêmes qui enseignaient leur langue, et parmi ces professeurs il y avait des femmes — par exemple à Alkmaar en 1684, 1685 et 1687, à Brielle en 168S —, après eux ce furent leurs enfants. Souvent des pensionnats étaient attachés aux écoles. Les jeunes filles néerlandaises fréquentaient volontiers ces maisons, attirées par le bon ton. Un auteur du commencement du xviii*^ siècle écrit : « Les femmes de qualité apprennent toutes la langue Françoise dès leur première jeunesse, et il y a des écoles ou espèces d académies tenues par des femmes Françoises de naissance, et venues ou nées en Hollande de pères François, où celles-ci tâchent de former les jeunes demoiselles aux manières si fort goûtées et approuvées de la nation françoise * . »
Toutefois les grammaires françaises publiées en Hollande, si nombreuses, pourraient faire illusion sur les écoles ^. Il faudrait bien se garder de prendre pour des ouvrages destinés è la jeunesse hollandaise tous les traités et manuels imprimés en Hollande. Ce sont simplement des produits de l'industrie du livre, dont un certain nombre étaient réellement destinés aux élèves néerlandais ''\ mais dont la masse s^exportait. Parmi ces livres, plusieurs ont eu une influence considérable, tels ceux du réfugié. De La Touche^ et de Fr. De Fenne, dont le succès fut grand et se prolongea très tard"». VInslUutio de celui-ci parut à Leyde même, et elle servait vraisemblablement non seulement à ses élèves particuliers, mais aux élèves du cours qu'il professait à l'Université. Une bonne part y est faite aux exercices épistolaires, qui tiennent aussi une place importante dans Toeuvre de Piélat ^. On ne souffrit plus d'interruption dans l'enseignement de notre langue. En 1680, De Goux semble avoir succédé immédiatement k De Fenne, dans l'Université de Leyde ". C'est une preuve de l'attention qu'on apportait à cette matière.
Au reste, nous avons au sujet des écoles un mot de Bayle, qui
1. C. Freschot, Hist. ainour. et badine du Congrès d'Utrechl^ Liège, 12", s. d., 87. 3. Je crains que Hatin (o. c, 56) n'ait été quelque peu dupe du nom d* « écoles françaises », que portaient ces établissements. Voyez Influence, 23.