C'est peut-cire coulevrinier^ dont il a le sens
2. il faudrait ajouter des mots composés d'un radical français et d'un suffîxe néerlandais. Mais ce groupe peut être laissé de côté ici ; il ne présente d'intérêt que pour rbistoire du néerlandais.
Histoire de U Langue française. V. 17
258 HISTOIRE Di: I.A LA>(;LE FRAM.lAISt
traductions et il faut parfois un hasard heureux pour pouvoir se prononcer avec certitude sur leur origine. 11 nous est impossible d'en désigner qui appartiennent certainement au xvi*^ ou au xvii*^ siècle, bien qu'il soit probable qu'on en a formé à cette époque aussi bien qu'aux autres. Il en sera donc question plus tard L
Il y a lieu, avant de clore ces listes, de rappeler que mot français ne veut pas toujours dire ici mot qui vient de France, tant s'en faut. Les provinces belges wallonnes ont été souvent la source où on a puisé. 11 est vraisemblable par exemple qu'Anvers a été la grande propagatrice des termes commerciaux. Beaucoup de jeunes Néerlandais y ont fait, dès le Moyen- Age. leur éducation commerciale. L'industrie des draps y était depuis longtemps florissante ; d'autre part, en 1385, après la reprise d'Anvers par le duc de Parme, nombre d'habitants protestants se transportèrent, nous le savons, à Amsterdam. Or ils y apportaient leur langue, mélangée de français et de flamand, et ils ont dû contribuer à établir dans les Provinces-Unies des termes français et des expressions propres à la conversation française.
Ce n'est pas ici l'endroit de rapprocher ce que Ton sait du parler belge des particularités que présente le lexique des mots français empruntés par le hollandais ; un pareil travail ne saurait être fait utilement que quand il s'agira de la langue moderne 2. Mais qu'on n'oublie pas la comédie de Hrederoo, où un Anversois tâche d'éblouir les honnêtes bourgeois d'Amsterdam par ses manières soi-disant distinguées et par son langage choisi. Ayant loué un domestique, il se plaint que celui-ci parle hollandais et non pas « brabançon », et fait vanité de son langage. « La langue brabançone est délicieuse, modeste et pleine de perfection, si aimable, si gaillarde, si correcte, qu'on ne saurait le dire... Notre langue est une rapsodie non pareille ; elle ne saurait être comparée en pureté avec le hollandais. » Et le domestique de répondre : « Oui, c'est un beau mélange, vous autres, vous avez pris pas mal aux Français, aux Espagnols et aux Italiens ; les Brabançons sont comme les Anglais ou comme les étourneaux, ils ont un peu de tout-^ »
Conclusion . — Le lecteur aura déjà rapproché les faits linguistiques qui viennent d'être énumérés de l'exposé historique qui précédait. Ils sont eux aussi des témoins, à leur façon, de la diffusion de notre langue dans le pays, surtout si, en les consultant, on prend soin
1. Voir provisoirement à Fra/ise Woorden, 3\ ci InIJiience, 106.