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LE FRANÇAIS DANS LA RÉGION DU KHIN

Le prince Maurice entendait répandre plus loin ses idées et ses goûts. Dans le Collegium Mauritianum qu'il fonda pour Tinstruction des jeunes gens de la noblesse et de la haute bourgeoisie, renseignement du français occupait une large place *. Innovation importante, le français était permis pendant les repas, comme le latin ^. Le Doux (né à Croisille, près de Genève, en 1546) enseigna dans ce collège à partir de 1602 ; c'est là qu'il fit jouer, en français, sa comédie de Tobie ^. Entre 1611 et 1612, un Italien, originaire de Ferrare, successivement professeur à Lausanne, Genève et Heidelberg, fut en possession de la chaire; en 1620, elle passa à Jacob Thysius d'Anvers *.

D'autre part, Maurice fonda ce que nous appellerions aujourd'hui des bourses de voyage. Non seulement il encourageait de jeunes nobles à visiter la France et l'Italie, mais il existe une lettre de lui adressée en 1607 à son ambassadeur à Paris, Jérôme Gurion, par laquelle il lui recommandait de confier deux de ses pages à un sieur- Gausson, afin que celui-ci les instruisît, les surveillât et les entretînt aux frais du prince ^.

Après son abdication, il eût voulu s'établir à Paris. On l'en dissuada pour des raisons politiques. Mais il ne s'en enfonça que plus profondément dans l'étude de notre langue, jusqu'à donner un exemple peut-être unique, car en 1631, il fit paraître un Dictionnaire français-allemand^ dont la Préface exhorte ses nobles élèves à

1. Sur renseignement du français en Alleniague voir: G. Kaufmanii, Die Geschichte der deuUchen Universitëien, 2 vol. in-8-, Stuttgart, 1888-1896; Dorfcld (D' Karl), Beilràge xur Getchichle des franzôsischen UnlerrichU in Deutschland (Beilage zum Frogramm des Grosaherzoglichen Gymnasiunis in Giessen, 1891/92; voir aussi Bei- Irâge xur Geschichte des franzôsischen Unlerrichts .im iS-fS^*" Jahrhunderi (W. Rein, Encykl. lïandbuch der Pttd. 2* Aufl.), Berlin, 1914; Ileubaum (A.), Geschichte des deulschen Bildungswesens seit der Mitle des siebxehnten Jahrhunderts, Berlin, 1905, in-8"; Voretzsch (D' Cari), Die AnfHnge der romanischen Philologie an den deutschen Universitâten^ und ihre Eniwicklung an der Universitnt Tûbingen, TObingen, 1904, in-8« ; Behrens, Referate und Rezen- «ionen, à la suite du compte rendu du livre précédent, p. 16fi et suiv. dans Ztschft, f. fr. Spr. u. L., 1904, XXVII ; Lehmann (D' A.), Der neusprachliche Unlerricht im 17. und 18. Jahrhnnderty inshesondere seine Méthode im Lichte der Reform der Neuzeit (Jahresbericht der Annenschule zu Dresden-Altstadt). Dresden, 1904 ; Th. Sûpfle, Die Universilaet Heidelberg und ihre Beziehungen zu Frankreich, Schwftbische Chronik (Beiblatt zum Schw. Merkur, 1895, n« 258).

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