HISTOIRE DE LA LANGUE FRAKCIAISE
étudier le français, préface sur laquelle je reviendrai. Maurice avait pour la France un culte véritable. Ce n'est pas qu'il veuille nier « que la bienheureuse France n'aye ses fautes et imperfections »y mais elles ne sont pas ce si excessives et durables qu'es autres. Pays ». Vous y trouverez, dit-il à ses nobles élèves, « plus de respect, de crédit, d'asseurance qu en aucun autre Pays. Point d'inquisition espag^nole, de voleurs de Cal abre. Vous supporterez mieux Tair de France que les ardeurs d'Espagne, que les infections et bestes venimeuses d'Italie, que les humiditez d'Angleterre, que la bise de& Pays-Bas »... « Vous n'y serez mesprisés par l'orgueil des Espaignols, ni soubconnes d'entretenir des dames par la jalousie des Italiens... n
Guillaume V, en faveur de qui Maurice dut abdiquer en 1627, continua dans la même voie. Lui aussi mit directement la main à l'œuvre. Sous l'influence de l'ambassadeur français La Boderie, il s'éprit de plus en plus de notre langue et traduisit Y Entretien des bons esprits sur les vanités du monde de De la Serres, puis YHonnesie Femme de Du Bosc . De petits faits de cour sont significatifs aussi et doivent être retenus. Ainsi ayant à nommer un valet de chambre, Gabriel de la Mer, le prince fait faire sa nomination en française A sa mort, qui fut prématurée (1637), sa veuve Amélie restafidèle k la France, son alliée. On sait avecquelle ténacité, cette femme supérieure, habile comme un politique et énergique comme un soldat^ tint tête à ses ennemis. Tout en portant le lourd fardeau du gouvernement, elle s'intéressait aux lettres et aux arts. Sa cour était toute française. Le futur Guillaume VI, qui devait devenir landgrave en 1650, fut envoyé en France avec son précepteur Jacob von Hoff, del646kl648^
On se vantait du reste dans la maison du landgrave d'avoir du sang des Bourbons, et Hedwige-Sophîe, fille de l'électeur de Brandebourg Georges Guillaume, et veuve de Guillaume VI, remit en 1649 à Chappuzeau « une curieuse Généalogie des Comtes de Hanau « (d'où était issue Amélie-Elisabeth), destinée à en faire la