CHAPITRE VIII L ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS
Gymnases et Universités. — Entre 1660 et 1715, renseignement du français continua à s'imposer dans de nombreuses villes d'Allemagne. M. Dorfeld a bien montré avec quelles réserves il faut conclure des données limitées que nous possédons. Les Gymnases créés depuis la guerre de Trente ans ont tous plus ou moins cherché à ajouter aux leçons d'escrime ou de danse les leçons de langue moderne. Dans les anciens, le français s*introduisait, quand on avait les moyens de le faire enseigner. En 1670 il pénètre dans le Gymnase de Heidelberg ; on l'établit à Stuttgard en 1685 *, puis à Géra en 1690, à Erlangen en 1696, à Halle en 1698, à Darmstadt en 1703, à Angerburg et à Hersfeld en 1705, à Zittau en 1709, à Aschersleben en 1705 2.
Il semble que quelques autres établissements aient également admis des cours de français, ainsi à Durlach, en 1670 ^, à Bayreuth, en 1680 *. On peut être affirmatif également en ce qui regarde Tûbingen. Ch. Patin, en faisant le voyage qui est Tobjet de sa Quatrième relation, nous rapporte qu'il a trouvé à Tubingen, comme directeur du CoUegium illustre, « M. de Meslay, qui en est le grand Gouverneur », et M. du May qui y professe*. Un autre voyageur, M. d'Olimpie, y a vu un « M. Royal, et en outre un M. Montvert, réfugié, professeurs tous deux en langue françoise dans le Collège Illustre, sous les gages de 600 livres *. »
Pierre Rondeau était le maître de la duchesse de Saxe Merseboui^. Il lui dédia son livre : Explication des Gallicismes qui ne se
1. Gebauer, o. e., 316. RQhs signale un prêtre, réfugié français, qui enseignait au Gymnase en 1685, il n*en donne pas le nom. Etait-ce Bartol de Montbéliard dont parie Dorfeid, o. c, 10? Ce dernier auteur donne ailleurs la date de 1686 pour Tintroduction du français au Gymnase de Stuttgart (Franz, Unttrricht, p. 6).
S. Dorfeld, o. c, 10-13 ; cf. p. 22.