‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 31 sur 385 · O. de Varennes, Le Voyage de France · texte numérisé non relu

O. de Varennes, Le Voyage de France

2. Celte faconde juger les patois du Midi est assez commune. Les étrangers sont frappés de Tanalogic avec les autres langues romanes ou avec le latin. On lit dans ui^ Mémoire de U généralité de Moulins, 1698, dont l*auteurest rintendant Le Vayer, et qui a été publié par Flament: « Le langage des paysans de ce pays et de ceux de Guëret est si corrompu que ceux qui n'y sont point accoutumés ont besoin d'interprètes et de truchements pour Tentendre. Il y a beaucoup de mots de latin corrompis dont ils se servent » (p. 14). A Varambon. le 20 mai 1665, Locatelli et ses compagnons descendent dans une auberge, où Ton parlait un langage un peu difTérent du» français et mêlé de savoyard (Voi/. de Fr., 261-262). Les patois de langue d'oui causent une surprise plus grande. Un Mémoire dont je parlerai souvent à propos de l'Alsace, dit du langage de Belfort «... la bourgeoisie suit les coutumes d'AIlenragnesoit pour la cuisine, les poêles, la monoye; mais pour le langage, c'est un patois, qui> n'est ni françois ni allemand, qui tient pourtant de tous les deux, et que tous deux n'entendent point. Ils appellent ce jargon là le Romain » (De L'Hermine, Mémoire»^ de deux voyages et séjours en Alsace, 216). Entre Ballersdof et Dannemarie, de L'Hermine n'arrive pas à bien comprendre le langage d'une vieille paysanne « quoiqu'on y parle une espèce de françois » (//>., 211).

j'entends assez bien ces deux langues, j'y al quelquefois recours pour entendre les autres et pour me faire entendre. Mais il arrive souvent que j'y perds toutes mes mesures, comme il arriva hier, qu'ayant besoin de petits clous à broquette pour ajuster ma chambre, j'envoyai le valet de mon oncle en ville, et lui dis de m'acheter •deux ou trois cents de broquettes : il m'apporta incontinent trois bottes d'allumettes ^ »

Je ne citerai plus qu'un texte, mais il en dit assez. Quand la Cour envoya des ecclésiastiques pour prêcher les « nouveaux-convertis», l'évêque du Vivarais leur dit: « Si vous ne savez pas le patois, que venez- vous faire ici, sots que vous êtes? ^ »

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