‹ Histoire de la langue française des origines à 1900Chapitre 36 sur 385 · Vissac, o. c · texte numérisé non relu

Vissac, o. c

5. Voir Hamel, Hisl. de V^bb^iye et da collège de Jnilly (Paris, 1888). Cf. Lallemant, L'éduc&tionk VOratoire, et Carré, La lutte du latin et du français au Collège de VOratoire de Troyes^ dans les Mémoires de la Société académique d^agricuUure, des sciences, arts et belles-lettres du département de VAuhe., 1882, 3* série, t. XIX,

mentaire des règles et de Torthographe du français devait précéder les études latines. Le catéchisme, Thistoire, devaient être enseig^nés en français. Plus tard une nouvelle classe, la 7®, fut ajoutée à la 5® et à la 6® pour permettre de trouver le temps nécessaire à cet enseignement. « N'est-il pas évident, écrivait plus tard Malebranche, qui est aussi un Oratorien, qu'il faut se servir de ce qu'on sçait pour apprendre ce qu'on ne sçait pas : et que ce seroit se mocquer d'un François, que de lui donner une Grammaire en vers Allemands pour lui apprendre TAUemand? Cependant on met entre les mains des enfans les vers Latins de Despautere pour leur apprendre le Latin, des vers obscurs en toutes manières à des enfans qui ont même de la difficulté à comprendre les choses les plus faciles * ? »

Les maîtres de TOratoire ont l'honneur incontesté d'avoir institué et appliqué un programme où les premières classes étaient en français, et où on enseignait les éléments de la langue.

Renouvellement de la pédagogie par Port-Royal. — Toutefois celui de Port- Royal fut autrement novateur et fécond. Il n'allait à rien moins qu'à un renouvellement complet de la vieille pédagogie ; désormais les compositions françaises orales et écrites avaient leur place ^, et le règlement mettait la version au-dessus du thème ^, En outre, les raisons de ces innovations étaient nettement et fortement <lonnées. Port-Royal va même plus loin encore, car les Jansénistes sont les adversaires de cette rhétorique creuse dont on vou- <lrait restaurer aujourd'hui le culte, à laquelle vous habitue peu à peu la pratique d'une langue morte, dont on n'a pas encore, dont on n'aura jamais la complète possession : « Il ne faut ordinairement les faire parler (les enfants) ny écrire, disent les maîtres, que sur les sujets qu'ils sçavent le mieux, et dans le stile et les termes où ils sont le plus exercez ; autrement ils ne parlent qu'obscurément et confusément, comme sont leurs conceptions, et s'accoutument ainsi à parler et à se satisfaire de ce qu'ils n'entendent pas, ce qui est cause d'un défaut tres-ordinaire aux hommes, qui est de parler beaucoup de ce qu'on entend peu *. »

Voici maintenant qui concerne l'étude de la langue même : « Puis

Page 1