LA CHUTE DU LATIN. CARENCE DES AUTRES LANGUES VIVANTES
Causes de l'abandon du latin. — En général on abandonne les époques où le latin a régné sans conteste, pour ne considérer guère son histoire qu'à partir du xvi'^ siècle. C'est l'époque où commence la décadence du vieil idiome savant.
Ce qui contribua le plus à interrompre le cours de la langue latine, c'est la réforme de Luther et de Calvin, qui, « en établissant un rite en langue vulgaire, furent les premiers à traduire la Bible, à faire chanter les Psaumes dans leurs langues respectives ». Aussi la langue française prit-elle un essor glorieux dès le temps de la Ligue, où {( vis-à-vis du françois, il falloit discuter en langue françoise les droits importants de la Religion et du Trône » '.
B, au sujet des latineurs, est sarcastique. Ils se sont défendus, ces (( pédants » qui latinisaient leurs noms en as, sauf à se donner l'air de renier leur patrie, et malgré tout, ne pouvant pas être des Romains, ne réussissaient qu'à passer pour des bâtards. Mais, comme le désir de se distinguer est commun aux laboureurs et aux rois, la mode, si puissante en matière linguistique, soutint cette nouveauté ^.
Latin et catholicisme. — P oppose les familles catholiques de France aux familles protestantes de l'étranger ^ Tandis qu'en France la langue de la religion et par suite de la science était le latin, et que les parents faisaient apprendre cette langue à leurs enfants, en Allemagne et d'une façon générale chez les Protestants, le culte étant célébré en langue vulgaire, on a été frappé de l'inutilité de la langue latine, et on a cherché une langue qui offrît plus d'intérêt. Le choix n'a pas été difEcile à faire.
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