CAUSES HISTORIQUES ET POLITIQUES DU SUCCÈS DU FRANÇAIS
N a fait des observations un peu enfantines, mais curieuses, sur le résultat des occupations militaires : Quand dans un pavs ou 1 autre une armée prenait ses quartiers d'hiver, les jeunes gens s occupaient de français et par complaisance pour ces étrangers poliset aussi parce qu'ils remarquaientque les Français traitaient avec beaucoup plus d'estime les gens avec qui ils pouvaient s'entretenir, qu'ils s'oÔraient gracieusement comme maîtres. Soit dans l'espoir d'en tirer avantage dans l'avenir, soit par désir de savoir le français, le repos et le loisir des troupes leur en fournissant l'occasion, ils s y appliquaient; jusqu'aux enfants des rues qui s'v mettaient pendant les quartiers d'hiver.
Si même on entendait dire « les Français arriveront bientôt, nous aurons de nouveau la guerre », une foule de gens s'appliquaient h acquérir leur langue, soit par peur, soit afin de pouvoir mieux s'entretenir avec eux et de trouver en eux des hôtes plus bienveillants '.
Louis XIV. — On imagine bien que, entre tous ceux dont la politique a cherché et réussi à grandir le prestige de la France, Louis XIY est placé au premier rang. « La langue françoise doit la plus grande partie de son usage à la réputation du monarque que je viens de nommer »''. Eberhard expose tout au long l'historique de cette influence \ « Le roi était un modèle presque disparu... de la vieille chevalerie, par sa galanterie, son désir d'action romanesque, son manque d'érudition ; le meilleur des modèles dans sa magnificence élégante, ses fêtes spirituelles, les arts des Muses qui environnaient son trône. Il présentait un exemple nouveau de la culture et de la perfection d'un prince, ayant eu l'art d'associer le premier à sa Cour la galanterie et l'esprit guerrier des anciens temps avec le goût le plus fin, et les connaissances les plus utiles et les plus agréables, sans aucune trace de l'érudition pédantesque acquise dans les écoles » ^.
La royauté a développé la culture française. — Avant lui le
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