‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 129 sur 330 · CHAPITRE VI LES FRANÇAIS AU DEHORS · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI LES FRANÇAIS AU DEHORS

Des déserteurs aux savants. — Un fait, qui surprendra, est souvent allégué : une foule de Français se sont expatriés ou pour toujours ou pour un temps, et parce que le pays souffrait d'un excès de population et en raison de l'esprit changeant de la race, de sa facilité à concevoir et à exécuter des entreprises de toutes sortes. « Chacun estime avoir à trafiquer de quelque chose, ne serait-ce que de ses projets, de sa langue, de ses danses, de ses fers à friser, de sa pince à toupet et de son fleuret » *.

Or ces expatriés ne sont pas perdus pour la France, ils conservent leur langue et l'enseignent à leurs enfants'.

Parmi eux se rencontrent une masse de déserteurs des armées françaises, qui, interrogés sur leurs intentions, répondent invariablement qu'ils veulent « faire les maîtres de langues « ^

Mais la France a donné au monde plus et mieux, des savants dont la liste, qui s'ouvre par Descartes, va jusqu'à Voltaire, La Mettrie, Maupertuis^, etc.

Le Refuge. — Le Refuge, amené par la politique d'intolérance, était naturellement, de toutes les émigrations, celle qui devait attirer particulièrement l'attention, parce qu'elle était la plus nombreuse, et aussi la plus récente. Personne n'a manqué d'en parlera

S énumère des faits et des noms : « Les Rois d'Angleterre et de Danemark, la ville d'Amsterdam les appelèrent. La désolation

1. ?s, f"^ 91 \° et 92 T°. L'auteur fonde ses calculs sur les données de Moheau.

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