Ib
3. N, f" 93 r". Le Français le moins cultivé se croit habile en ce métier et, bien qu'il sache à peine lire et surtout écrire sa propre langue, ses fanfaronnades lui attirent toujours quelques élèves (Id., ib.).
L'auteur fait un piquant tableau de ce personnel improvisé: « Ln nouveau maître est arrivé. Comme, suivant les préjuges de la foule, le plus nouveau est le meilleur, le jeu commence. C'est ainsi qu'une fois engagés les élèves continuaient et que les déserteurs eux-mêmes devenaient des colporteurs de français » (Id., f" 9i r°).
5. Voir C, f° 468 V ; F, f» 444 r» ; P, f" 67 r» ; T. f» 44 V ; S, f" 26 V» ; X, f" 94 V» ; I, f» 424 r°.
augmenta. En trois ans de temps cinquante mille familles quittèrent la France ».
Il cite Barbeyrac, P. Bayle, qui alla « enrichir la Hollande de son dictionnaire, de ses raisonnemens, de son érudition )). La Suède eut Bochart. « Vous avez vu arriver au milieu de vous Jean de Beausobre, David Ancillon, Jacques Lenfant, qui contribuèrent plus que personne à répandre les grâces et la force de l'éloquence francoise aux extrémités de l'Allemagne » ',
Eberhard a fortement insisté sur le respect qu'inspiraient ces hommes". La preuve de l'efEcacité de la présence de ces Réfugiés, B la trouve dans ce fait que la langue est plus connue en pays protestant qu'en pays catholique \
L'industrie française exportée par cette émigration y a gagné aussi en prestige *. Mais c'est la langue qui a profité le plus de ces étrangers qui ont fourni des maîtres. Certes un grand nombre d'entre eux n'étaient guère qualifiés pour devenir des professeurs. Mais on avait été depuis longtemps habitué à se contenter comme maîtres de langues des premiers venus. Or désormais, on voyait des pasteurs venir au prêche des Réfugiés pour apprendre à faire un sermon '\ A plus forte raison le public se rendait-il à cette école.
Toutefois, comme le remarque G, il y a des Anglais partout, ils parlent anglais et cela ne tire pas à conséquence *'. Plusieurs des concurrents ont réfléchi que, si l'arrivée des Huguenots fournissait des moyens d'apprendre notre langue, elle n'en donnait pas le désir. Eberhard, tout en faisant la même réserve ', s'attache à montrer que les protestants français ne formaient en Allemagne qu'une infime minorité : un cinq centième environ de la population. H explique ensuite comment c'étaient eux qui, loin de communiquer leur langue à leurs nouveaux concitoyens, devaient apprendre l'idiome de ces derniers \
2. Quand on considère « la dispersion d'un nombre considérable d'artisans, qui se firent aimer à l'étranger par les arts de leur patrie, et surtout la dispersion d'une grande foule de citoyens estimables, que l'intolérance religieuse cliassa de leur pavs, leur assiduité au travail, leur frugalité, la régularité de leurs mœurs, unie à un esprit naturel et à l'enjouement qu'ils apportaient en pavs étrangers », on peut admettre que pareil événement doit être compté parmi les causes du succès de la langue française (f° 221 vo ; Impr.. p. 8).