‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 145 sur 330 · Ib., f«M68 V» et 169 r · texte numérisé non relu

Ib., f«M68 V» et 169 r

DU HAUT Ex\ BAS DE L'ÉCHELLE SOGL\LE 941

joint à lui Joseph II, qui était non seulement un ami et un connaisseur du français, mais se piquait de l'écrire et qui lui aussi servait de modèle aux autres Cours '.

« Les princes à l'envi se mirent à l'étude ou du moins y mirent leurs enfants. Chacun eut son précepteur français » ^.

Q rapporte qu'on a vu en Prusse et en Saxe des princes s'adresser à leurs sujets dans une langue qu'ils ignoraient, et, sans y mettre de patriotisme, il est ditficile de comprendre pareille aberration ^

Sous cette influence le français (si on met à part les affaires politiques allemandes) envahit les écrits politiques et fut parlé partout du haut en bas ^.

Descente des sommets. Emulation et imitation. — De ces hauteurs le français ne pouvait que descendre de rang en rang, parmi tout ce qui environnait les princes. D'abord ceux-ci n'admettaient guère dans des postes un peu élevés que des personnages possédant cette langue '.

N'eussent-ils pas montré cette exigence, l'esprit de soumission moutonnière sulïisait. C'était une flatterie que d'adopter les goûts du maître. En Allemagne pareille propension était un instinct '^. Ignorer le français était se compromettre dans les Cours, autant que dans les Académies '.

N résume la marche des faits de façon assez heureuse : C'est sur la Cour que se règle la capitale, c'est sur celle-ci que se règle le pays... le français devint partie essentielle d'un homme galant, on le fit apprendre aux enfants ; le posséder était la qualité primordiale d'une gouvernante*.

« Il n'y a aucun Prince qui n'ait plusieurs François à sa Cour; qui n'entretienne des comédiens François ; qui ne se fasse habiller par un tailleur François ; qui n'ait au moins un valet de chambre François ; et à qui il ne faille un ou plusieurs cuisiniers François. Les autres grands Seigneurs et petits grands Seigneurs suivent ces exemples : et si leurs facultés ne permettent pas d'entretenir tout ce monde, ou que d'autres circonstances les en empêchent, ils font venir de Paris tout ce qu'il faut pour leur ajustement jusqu'aux

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