‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 163 sur 330 · Id., f 36 r · texte numérisé non relu

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Cette question était importante, mais scabreuse. Beaucoup des concurrents ne se sont pas aventurés à y répondre. D'autres ne l'ont qu'effleurée '. Cependant quelques-uns (D, N) l'ont envisagée franchement et traitée en détail.

D'une langue commune. — On ne pouvait manquer de se demander d'abord si le monde civilisé conservera toujours une langue commune ; est-ce là chose qui lui soit nécessaire ? Platement P ne voit là qu'une commodité pour les voyages^. Cette langue joue dans un monde bigarré le rôle d'une monnaie dans un Etat, dit-iP.

Encore faut-il distinguer. Conserver sa langue, sauf à user, dans certains besoins, d'une langue commune, est tout autre chose que sacrifier son propre idiome. On peut accepter la première idée, il faut rejeter la seconde. L'homme politique doit parler sa langue, le savant et l'écrivain de même. Eberhard le montre sobrement, mais fortement*. Et I, plein de foi dans l'avenir de l'allemand, estime que plus jamais une nation ne sera assez folle pour substituer une langue étrangère à la sienne ''. F, sentencieusement, déclare que le bon sens, d'ici trente ou quarante ans, recouvrera ses droits. Les nations comprendront que « la pluralité des langues est un grand mal ; chaque nation se contentera de cultiver sa propre langue, en laissant quelques personnes apprendre une langue étrangère pour les affaires politiques et la traduction des livres » ".

1. Ainsi S. La portion de G relative à la Troisième Question est perdue.

8. Ib. : « Les communications que presque tous les peuples d'Europe ont aujourd'huy entre eux les a comme forces d'accepter une langue qui fut générale ... Toutes les académies ne pourroienl gueres seclairer mutuellement sans un établissement pareil... une langue commune fait ici l'efTet de la monnoye ou d'un signe repre- ' sentatif de la Valeur des denrées dans un grand état «.

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