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Des changements possibles. — La question de principe une fois résolue, ou escamotée, on s'interroge avec quelque timidité. L'instabilité générale des choses est telle que toute prévision est bien aventurée. Une partie des concurrents a brodé sur ce thème \ On s'est remémoré le passé, on rappelle les destins du grec, plus généralement répandu que n'a jamais été le français, et aussi ceux du latin, demeuré longtemps à l'état de langue écrite, puis finalement déchu de cette dernière position encore honorable^. Les modes sont éphémères et la vogue d'une langue est en partie du moins « un véritable objet de ce qu'on appelle mode » '\ A Pétersbourg, sous Pierre I", on parlait allemand. A Vienne, sous l'empereur Joseph, on parlait italien, sous Charles VI, la préférence allait à l'espagnol *.
Les vaticinations sont donc le plus souvent très vagues, ainsi qu'on pouvait s'y attendre ^.
Pourtant, courageusement, quelques-uns essaient d'observer, de raisonner ; épiant les symptômes favorables ou défavorables qui annoncent l'avenir, ils étudient les conditions auxquelles le français a chance de se maintenir et les événements qui peuvent menacer sa situation.
Il n'y a aucun concurrent qui ait, plus que N, longuement — je ne dis pas intelligemment — supputé les résultats que pourraient produire diverses éventualités''. Judicieusement l'auteur s'est dit que la question n'est pas purement linguistique et que le français pouvait un jour être remplacé par une langue qui n'aurait pas ses qualités \ Il pense aux barbares et à leurs invasions d'autrefois ^ Elles peuvent recommencer ; les races qui naîtraient y trouveraient peut-être un regain de vigueur, mais y perdraient ce qu'on appelle aujourd'hui leur délicatesse. Les Turcs ont failli entrer à Vienne et c'en était fait de l'Occident. L'Italie a subi plusieurs fois de ces décadences, où sa culture a été ruinée ^ D est rassuré sur ce point, sans dire pourquoi ^''.
Foi dans l'avenir du français. — Nombreux, malgré tout, sont