‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 173 sur 330 · CHAPITRE XVI LE TON DES MÉMOIRES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI LE TON DES MÉMOIRES

Leur objectivité relative. — Je ne voudrais pas terminer sur ces extraits qui révèlent la naissance d'une sorte de nationalisme linguistique, sans marquer expressément que le ton général des mémoires que je viens d'analyser est fort convenable.

Ils ont été conçus et rédigés non dans un esprit de lutte, mais dans un esprit de concorde. Il arrive même qu'on y trouve explicitement exprimés des sentiments d'accord dans la paix \ u Les guerres, dit O, doivent ôtre regardées comme des guerres civiles ». « Les Sciences et les Arts sont autant de liens qui unissent entr'elles les nations Européenes (sic) et qui semblent... ne former qu'un seul et même peuple ». « Un sentiment d'estime les rapproche... dans les temps de trouble il échappe au vulgaire, la politique éclairée ne le perd jamais de vue » ".

On a fait en général un effort sincère pour examiner avec impartialité la question soumise. F s'égaie aux dépens des « pantins affublés à la Parisienne » qui suent sous leur perruque ou souffrent dans leurs souliers à hauts talons ^. Mais ce n'était pas manquer à la justice que railler ou même flétrir certains engouements. Quand il se gausse des gens qui empruntent des mots en se figurant qu'ils vont s'assimiler du même coup l'esprit de Golbert ou celui de Boileau, on ne peut que partager l'indignation que les snobs ont de tout temps causée à ceux qui regardent sans indulgence la comédie du monde. Quiconque aime sa langue comprendra qu'un Allemand ait espéré que l'expansion française une fois endiguée, le flot des barbarismes qui inondent les autres idiomes sera contenu du même coup *.

Une langue internationale pourrait jouer son rôle propre sans exercer cette action troublante et désorganisatrice.

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