P. G. Roy, Québec, t. II, p
8. Encore expulsa-t-on un lieutenant réformé, Jacques Mareuil, qui débitait des chansons trop libertines, paraît-il (P. G. Roy, Québec, t. I, p. 337).
cUus\ De leur côté, religieux et religieuses faisaient représenter pièces ou piécettes dans leurs maisons. Sur un petit théâtre monté par M. de Frontenac, des personnes de la société avaient donné Mithridate et Nicomède. Quand il fut question de jouer Tartufe, de violentes protestations s'élevèrent. Mgr. de Saint-Vallier fulmina contre cette œuvre a criminelle »".
Mauvaise atmosphère pour l'art dramatique que l'air d'un pays où gouvernent en fait des prêtres, scrupuleux comme. des membres de la Congrégation du Saint-Sacrement, et qui disposent indirectement de la censure. Croit-on pourtant que leurs oukases auraient réussi à fermer le pavs au plaisir d'entendre Esther, si l'appétit tût resté bien vif ? On ne clôt pas une ville qui a une garnison comme on clôt lécole des demoiselles de Saint-Cyr^
Rapports des paysans avec des gens cultivés. — L'organisation militaire a pu agir : les milices rapprochaient temporairement des gens de parlers différents, qui habitaient chaque « côte » ; seulement les rassemblements n'étaient que temporaires ; ils donnaient l'occasion à ceux qu'on appelait, plutôt de confronter leur parler, que de le corriger. D'autre part les femmes, qui transmettent aux enfants la langue maternelle, ne recevaient de ce côté aucune influence.
Rivard estime qu'il faut tenir compte des rapports de la population avec les « chefs de groupe », les officiers de l'administration, les membres du clergé, les missionnaires venus de Paris ou des autres villes de France, tous gens cultivés, qui parlaient sans doute le pur français ; et que « le peuple, par la situation particulière qui lui était faite, se trouvait en contact continuel avec ces personnages. Québec, Trois-Rivières, Montréal, où toute l'administration était concentrée, et où les colons devaient nécessairement fréquenter, étaient des centres français». Que valut la présence de cette bourgeoisie, je me sers de ce mot impropre, faute d'un autre? Il ne me paraît pas invraisemblable que le contact ait eu une action dans les villes, surtout à Québec ^. Il faut néanmoins observer que ce n'est guère qu'au xviii* siècle que cette action aurait pu se produire, alors que cette « bourgeoisie » se constitua solidement, qu'officiers et
■1. P. G. Roy, Québec, t. I, p. 176.