‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 269 sur 330 · Baird, 0. c, pp. 179 et suiv · texte numérisé non relu

Baird, 0. c, pp. 179 et suiv

second soixante-dix-neuf ! Il semble bien que les habitants des îles, les Caraïbes même, prirent pitié deux. La plupart réussirent à s'enfuir, et allèrent porter leur activité dans des pays qui échappaient h l'intransigeance des Missions. Nous les retrouverons à New York, à Boston et ailleurs. Il est à noter que ceux qui parvinrent à se faire tolérer reçurent longtemps des enfants des colonies britanniques qui venaient chez eux terminer leur éducation. Ils faisaient école. Mais revenons aux nègres.

Les CROISEMENTS. — Mariages et unions libres. — Je n'ai connu, dit Labat, dans nos Iles du Vent, que deux blancs qui eussent épousé des Négresses '. Le bon Père n'avait pas bien regardé. Son témoignage — sincère, il n'en faut pas douter — ne vaut que ce qu'il vaut, c'est-à-dire qu'il ne concerne qu'un pays et une époque.

On trouve un peu partout l'histoire d'alliances qui firent quelque bruit. Vaissière a montré ce qu'il en était pour Saint-Domingue seul ; des mariages scandaleux avaient lieu entre des négresses devenues riches (comment ?) et des habitants qui voulaient faire fortune ". Dans quatre mois, constatait M. de Cussy, dès 1688, il s'est fait vingt mariages d'habitants avec des mulâtresses ou des négresses '\

Quant aux unions illégitimes, elles ne se comptaient pas.

En vain, pour empêcher des croisements, toutes sortes de mesures furent ordonnées. On condamnait à une amende de deux mille livres de sucre les délinquants ; si c'était un maître qui était le père de l'enfant, on confisquait négresse et enfant au profitde l'hôpital*, perte grave pour les propriétaires. Le résultat principal fut la fréquence des avortements '. Les procès en recherche de paternité avaient des conséquences parfois ridicules. Un jour, une des négresses, bien conseillée, soutint à l'accusateur. Frère ****, qu'il était lui-même le père : « toi papa li » ''.

En mai 1743 fut promulguée une ordonnance pour obliger les gens illégitimement accouplés, à régulariser leur mariage supposé.

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