NOIRS ESCLAVES
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La disproportion élait énorme.
Mépris pour les escl.wes. — Or aucune pensée d'assimilation systématique ne semble s'être fait jour, au contraire. Tout était réglé pour tenir à part le bétail. Noirs et mulâtres parlaient comme ils voulaient, pourvu qu'ils vécussent et travaillassent comme il fallait.
(( Les mœurs, dit Tramond, outraient encore l'effet des lois : c'était devenu un déshonneur, comme une impureté rendant toutes relations impossibles, que d'avoir eu « des parents à la côte », c'est-à-dire de compter parmi ses ascendants un ancêtre qui, par quelque côté, touchât à la race africaine; à l'église, au spectacle, des places spéciales étaient affectées aux nègres et aux mulâtres, dont le contact devait être épargné aux représentants de la classe supérieure ; on leur interdisait de porter les vêtements des blancs, de se faire appeler monsieur ou madame, et ce mépris était encore accentué par la différence que l'on faisait entre eux, suivant la proportion plus ou moins pure de sang de la race dominante qui coulait dans leurs veines » '.
Il est à peine croyable, mais exact pourtant, qu'après la Révocation, des Huguenots, hommes et femmes, furent emmenés en Amérique comme esclaves'. Deux navires partis de Marseille, dont l'un s'appelait la Concorde(!), l'autre la Marie (Sainte-Marie peut-être ?), en emportèrent à Saint-Domingue le premier quatre-vingt-dix, le
1. Hist. d. Col., t. L p. i^u. Il faut noter qu'en France les préjugés étaient singulièrement moins forts, puisque, en 1777, on est obligé par une déclaration, datée du 9 août, d'interdire des mariages « qu'il serait contre le bon ordre de tolérer » (Mathorez, 0. c, t. I, p. 398).