Voy. Iles Amer., t. IV, p. 168-169; cf. p
4. Gramm. cr.. note bb sur la p. lx, p. 193. C'est le rapport envoyé par un Indien,
Mais bientôt nous aurons mieux. L'âge des textes va commencer.
Premiers textes. — Suivant La Selve \ le premier monument que nous possédions du créole, la « Sainte-Eulalie » de l'idiome, est une chanson d'amour composée, dit-on, en 1757 par Duvivier de la Mahautière, mort membre du Conseil de Port-au-Prince: Lisette a quitté la plaine . Elle est restée célèbre et se chante encore.
J'en donnerai ici quelques couplets, en suivant le texte qu'en a fourni Moreau de Saint-Méry, qui l'a accompagnée d'une traduction versifiée par un créole ".
Lisette quité la plaine.
Moin perdi bonher à moue ; Gié ^ à moin semblé fontaine Dipi moin pas miré toué.
Le jour quand mon coupé canne.
Mon songé zamour à moue ; La nuit quand mon dans cabane Dans dromi mon quimbé toué.
Si to allé à la ville
Ta trouvé geine Candio
Qui gagné *, pour tompé fille,
Bouche doux passé sirop.
To va crer vo bin sincère Pendan quior yo coquin tro ; C'est serpent qui contrefaire Crié Rat, pour tompé yo.
Dipi mon perdi Lisette, Mon pas souchié Calinda -^ Mon quitté Bram-bram sonnette, Mon pas batte Bamboula '',
Lisette, tu fuis la plaine.
Mon bonheur s'est envolé ; Mes pleurs, en double fontaine Sur tous ses pas ont coulé.
Le jour, moissonnant la canne, Je rêve à ses doux appas ; Un songe dans ma cabane La nuit la met dans mes bras.
Tu trouveras à la ville, Plus d'un jeune freluquet.
Leur bouche avec art dislille Un miel doux mais plein d'apprêt.
Tu croiras leur cœur sincère ; Leur cœur ne veut que tromper ; Le serpent sait contrefaire Le rat qu'il veut dévorer,
Mes pas, loin de ma LiseLlc, S'éloignent du Calinda ; Et ma seinture à sonnette.
Languit sur mon bamboula.
élève des Jésuites, au gouverneur d'Orvilliers, au sujet de l'attaque des Anglais (1744). A la page 183 (note S. de la page xlv), l'auteur raconte une conversation avec Pompée (1824), lorsqu'on retrouva le fameux chef de bande : Papa, sa kouman yé ka-plé-ou ? (Bon p";'re, comment vous appelle-t-on ?) — Kouman, met Alfred, ou pa konèt Pompée '.' (Gomment, maître Alfred, vous ne connaissez pas Pompée ?),