‹ Histoire de la langue française (volume 2)Chapitre 3 sur 330 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

L'UNIVERSALITÉ EN EUKOPE

Origine du mot, so?i sens propre. — « Universel », dans le sens de qui s étend à la totalité des hommes, est ancien dans la langue • universalité remonte aussi assez haut. On le trouve employé par les théologiens à la place ou à côté de catholicité, dont on usait le plus souvent dans une autre signification. Bossuet affirme que l'Eglise, même si elle disparaît pour un temps de quelque endroit de la terre, gardera 1' « universalité », car Jésus-Christ la lui a promise dans tous les lieux et dans tous les temps, c'est-à-dire qu'elle restera jusqu'à la fin des siècles et ralliera tous les peuples de la terre '.

En quel sens restreint on applique ce mot a la langue.

C'est par un abus de langage qu'on a pu parler de l'universalité d'une langue. Si répandu qu'ait été jadis le latin, que soit aujourd'hui l'anglais, qu'aspire à devenir l'espéranto, il n'y a jamais eu, il n'y aura jamais de langue universelle, à proprement dire. Tout au plus peut-on parler de langue « générale » ou « commune ». C'est exactement ce qu'a été la langue française en Europe au XTiii" siècle, et, si frappé qu'on fût de son extraordinaire extension, bon nombre de ceux qui en ont parlé ou écrit ont fait du reste les réserves nécessaires ^.

La prem-ière observation critique qui s'imposait, et elle a été faite par ceux qui ont cru qu'elle méritait quelques lignes, c'est qu'il ne fallait englober dans l'empire de la langue française ni l'Asie, ni l'Afrique, ni l'Amérique, ni même toute l'Europe. On savait très bien par exemple quel rôle réduit, insignifiant, elle jouait dans les vastes États du Grand-Seigneur.

D'autre part on a noté ce que valaient au juste des façons de parler telles que : « elle est connue de tout le monde ». Il fallait

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