Je passe une vingtaine de lignes
2. Mer, p. 179-180. — Ailleurs la Nature est personnifiée. L'insecte, anatomiste, dissé-
queur, est le « traducteur universel de la Nature Par lui, dégagée et légère, elle dit, d'une
joie sauvage : « Meure ce qui vécut plus d'un jour ! » {Insecte, p. 135).
3. Toutefois M. Chérel {Prose poétique française, p. 218) cite comme un modèle d'harmonie cette phrase de L'Oiseau : « J'ai maintes fois, en des jours de tristesse, observé un être plus triste, que la mélancolie aurait pris pour un symbole : c'était le rêveur des marais, l'oiseau contemplateur qui, en toutes saisons, seul devant les eaux grises, semble avec son image plonger dans leur miroir sa pensée monotone »
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GOÛT DE LA SYMÉTRIE. — Le lecteur reconnaît d'abord des rythmes familiers : éclectique, Michelet ne méprise pas le ronron de la période
traditionnelle. Il aime la symétrie : « Les bains [de mer] ajoutent
l'irritation saline à la chaleur caniculaire» {Mer, p. 395) ; «le grand attrait, le plus vif aiguillon d'amour, c'est moins la beauté que l'orage» {Id., p. 395-396). Voici quelques exemples de périodes bien construites : « Au matin, une voix puissante, d'une fraîcheur, d'une netteté singulière, d'un mordant timbre d'acier, la voix du merle retentit, et il n'est pas de cœur malade, pas de vieillesse chagrine, qui puisse s'empêcher de sourire» {Oiseau, p. 226) ; « l'araignée, par la fatalité de sa vie, de son organisme, a le caractère du chasseur, celui du sauvage qui, vivant de proie incertaine, reste envieux, défiant, exclusif et solitaire» {Insecte, p. 202) ; — « Pour la femme et pour l'enfant, c'est une grâce, vme grâce d'amour, d'être surtout frugivore, d'éviter la fétidité des viandes et de vivre plutôt des aliments innocents qui ne coûtent la mort à personne, des suaves nourritures qui flattent l'odorat autant que le goût» {Femme, p. 125).
GOÛT DE LA ^i SENTENCE «. — La «sentence», à la Sénèque, est aussi l'une des formes favorites de la rhétorique classique. Michelet recherche la phrase brève qui présente l'idée de façon saisissante : « on le peut dire en général : V insecte est le fils de la nuit)) {Insecte, p. 56) ; « L'homme n'eût pas vécu sans V oiseau, qui seul a pu le sauver de l'insecte et du reptile, mais V oiseau eût vécu sans Vhomme)) {Oiseau, p. 9).
Parfois aussi l'idée est reprise et résumée, en fin de phrase, en une formule frappante, qui se grave dans la pensée : « les moindres poissons avalent le frai et les œufs du hareng, se gorgent de laite, mangent V avenir.'^))
GOÛT DE LA NOUVEAUTÉ. — Mais ce n'est pas par là que Michelet est original : utilisant les innovations «romantiques», il sait se créer une phrase personnelle qui répond exactement à la nature et au rythme de sa pensée.
La phrase «à queue)). — La phrase «à queue», fréquente chez Flaubert et chez les écrivains de l'époque, détache, par sa clausule, souvent au moyen d'un tiret, un détail important.
Michelet étudie le madrépore arborescent :
« Les riches arborescences où s'épancha l'activité de ces laborieuses tribus, les ingénieux labyrinthes qui semblent chercher un fil, ce profond jeu symbolique de vie végétale et de toute vie, c'est l'effort
1. Mer, p. 104. — Cf. : (chercher) « contre les pensées du temps l'alibi de la nature » (c'est Michelet qui souligne ; Oiseau, p. 163).
d'une pensée, d'une liberté captive, ses tâtonnements timides vers la lumière promise, — éclair charmant de la jeune âme engagée dans la vie commune, mais qui doucement, sans violence, avec grâce s'en émancipait» {Mer, p. 144).
Voici maintenant des types de phrases que la rhétorique classique aurait sévèrement critiqués. Improvisées, elles le sont certainement. Mais il n'en reste pas moins que Michelet les a relues, recopiées, corrigées et recorrigées : il les a donc acceptées comme siennes.
Phrase à reprise. — Un sujet, jeté en tête de phrase et accompagné de compléments, est repris par un pronom qui précède le verbe. (Il s'agit du fils de Michelet) : « Cette fleur de mon automne, que j'aurais voulu animer de la vitalité puissante qui a commencé tard pour moi, elle disparut presque en naissant» {Insecte, p. 307). La valeur de la reprise est sensible ; elle met le sujet en valeur^.
Michelet ne s'interdit pas une double reprise, alourdie encore par un « dis-je» : « C^est dans une solitude sérieuse, dans la petite vie innocente que vous aurez là avec votre enfant, çie, s'il le faut, enfantine, mais pure, mais noble, poétique, c'est, dis-je, dans une telle vie que vous trouverez vraiment le renouvellement désiré» {Mer, p. 371). Outre l'insistance sur l'idée, Michelet recherchait peut-être l'impression de langue parlée, presque familière, que donnent ces reprises^.
Rythme haché. — Le rythme haché est, comme je l'ai dit, cher à, Michelet ; un exemple caractéristique me suffira : « L'Océan qui monta beaucoup, d'autant plus, au reflux, recule» {Mer, p. 384). Michelet pouvait aisément faire l'économie des trois virgules qui « hachent » cette phrase en déplaçant «d'autant plus» et «au reflux».
Il est plus intéressant de noter des effets de rythme. Voici une phrase «descriptive», qui annonce certaines phrases célèbres d'André Gide; Michelet vient de nous montrer les familles de dix à douze baleines qui naviguaient dans les mers polaires : « Rien n'était magnifique comme ces grandes flottes, parfois illuminées de leur phosphorescence, lançant des colonnes d'eau de trente à quarante pieds qui, dans les mers polaires, montaient fumantes» {Mer, p. 236-237).
Un autre type d'effet n'est pas moins saisissant. (En troisième, au collège de Charlemagne) : «Le pis, c'étaient les camarades. J'étais justement au milieu d'eux, comme un hibou en plein jour, tout effarouché
1. Cf. : n Telle qu'elle est, cette belle mer, avec ces climats puissants, elle trempe admirablement l'homme » {Mer, p. 364).
2. Dans la phrase suivante, la répétition de l'adjectif petites n'est pas à proprement parler une reprise ; la langue littéraire, qui ne peut guère construire : « des algues petites, mais grasses », oblige à user de cet artifice : « Au fond de l'eau onctueuse, de petites algues, petites, mais grasses et nourrissantes, d'autres plantes lilliputiennes de fins et jolis dessins, sont là, prairie patiente, pour alimenter leurs bestiaux, les mollusques, qui broutent dessus » [Mer, p. 386).
J'attribuais alors leurs risées à ma mise, à ma pauvreté. Je commençai à m'apercevoir d'une chose. Que j'étais pauvre.^»
PROCÉDÉS DE PHRASE. — Ils sont exceptionnellement nombreux dans des ouvrages qui s'intitulent La Mer, La Montagne, L'Oiseau, U Insecte, et qui pourraient être des ouvrages techniques.
Exclamation. — ■ Les exclamations sont abondantes. Michelet donne la parole à «l'imperceptible rhizopode», à « l'arrière-monde», pour reprocher à, l'homme civilisé son ingratitude : « Les plantes élémentaires, les animalcules ébauchés qui, de leur poussière, nous ont fabriqué la féconde écorce du globe, ce beau théâtre de la vie, quelles justes réclamations ils pourraient nous adresser ! « Suit le discours des fougères {Insecte, p. 32).
a Dialogue intérieur)). — De quel terme de rhétorique appeler le «dialogue intérieur» de la femme du travailleur, qui «met la table», en attendant le retour de son mari? « La table, le foyer, tout rira de lumière. Grand appétit, récits rapides ! Son couvert sera là... Non, mieux ici ! Voilà bien son mets favori, le nôtre, à nous deux seuls (Fido n'en aura pas), un baiser par bouchée...» {Femme, p. 290).
D'autres procédés, qui ne sont plus oratoires, concourent à désorganiser la phrase traditionnelle.
Parenthèse. — La parenthèse, chez Michelet, rompt moins la suite des idées que le rythme et l'harmonie de la phrase (elle exige un double silence et un changement de registre).
La plupart des parenthèses ont une valeur sentimentale. Tantôt Michelet s'indigne ou s'étonne, tantôt un cri d'admiration lui échappe : « une société si agitée, si violente, c'est (qu'elle le sache ou non) une vraie guerre à l'enfance» {Mer, p. 414). — (Il s'agit d'égorger, en un jour, cinq ou six cents thons : ) « Honte de la nature ! on voit alors en tous (même, à l'occasion, dans les plus délicates personnes), on voit quelque chose surgir d'inattendu, d'horrible» {Mer, p. 329). — Michelet nous décrit les sentiments de la femme enceinte : « Dans les moments de bonheur, un peu égoïste, où tu la tiens (la chère esclave du dévouement, du sacrifice), si tu pouvais voir son regard, tu aurais peut-être un regret, le trouvant si calme et si haut, si plein de la lumière du ciel» {Amour, p. 218).
Inversion. — L'inversion n'est pas moins destructrice que la parenthèse : elle est généralement plus choquante, étant exceptionnelle dans notre phrase littéraire française.
Le déplacement de l'adverbe peut n'être pas trop sensible. Michelet
1. Peuple, éd. Refort, p. 20-21. — Michelet a certainement voulu souligner « Que j'étais pauvre », qui est en fin d'alinéa.
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nous montre un artiste qui, à Granville, fait des tableaux de coquilles face à l'Océan : « Son écume furieuse, sautant bien plus haut encore, outrageusement venait lui frapper dans sa fenêtre» {Mer, p. 16). L'inversion est plus déplaisante quand le groupe adverbial comprend cinq mots : « L'avantage des falaises, c'est qu'au pied de ces hauts murs, bien plus sensiblement qu'ailleurs on apprécie la marée, la respiration, disons-le, le pouls de la mer» [Mer, p. 21).
L'inversion du sujet est toujours pénible. Si des phrases du type : « Grande fut ma surprise» ne sont pas rares dans la langue populaire, il est inhabituel de lire dans une œuvre littéraire : « Féconde est toujours l'Italie» {Oiseau, p. 48). Est-ce un archaïsme? La chose est possible. L'exemple suivant s'explique peut-être de la même manière. Il s'agit des relations de Michelet avec les pêcheurs de Saint-Georges, près Royan : « Bien vu, et bien voulu d'eux, je n'en eus pas moins la solitude nécessaire au travail. D'autant plus m' intéressais- je à ces hommes et à leurs périls. ^ »
Anticipation. — Un exemple d'anticipation permettra de se rendre compte de la différence qui existe entre un procédé reconnu et une construction anormala (et par là même choquante). Michelet étudie les mouvements des mollusques : « Au rivage de notre océan, étrangères à ces mouvements, les fleurs animées épanouissent leur corolle» {Mer, p. 387).
Ellipse. — Je n'insisterai pas longuement sur l'ellipse ; elle est fréquente chez Michelet, mais les effets en sont peu variés. Michelet analyse le murmure de la mer : « On en remarque bientôt la solennelle alternative, le retour invariable de la même note, forte et basse, qui de plus en plus roule, gronde. Moins régulière V oscillation du pendule qui nous mesure l'heure ! » {Mer, p. 8).
Anacoluthe. — L'anacoluthe est naturellement plus rare : les sujets traités par Michelet prêtent au « lyrisme », mais non aux grands mouvements de passion. Michelet se sert de l'anacoluthe pour marquer le trouble de la «demoiselle» (une jeune fille qui aide l'institutrice) quand un «beau monsieur» pénètre dans la classe. «Les enfants se serrent contre elle. Elle, surprise et souriante, quoiqu'elle rougisse un
peu, croyez-vous qu'elle va aller se réfugier sous sa mère ? Non »
{Femme, p. 192).
Notons en même temps l'intervention de Michelet et l'appel au lecteur.
Interruption. — La phrase, enfin, peut être interrompue artificielle-
1. Mer, p. 71. — L'adverbe d'autant plus n'est pas de ceux qui autorisent ou appellent l'inversion du sujet. — Notons que ce type d'inversion devient de plus en plus fréquent dans la langue littéraire d'aujourd'hui.
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ment par un point final ; la reprise d'un mot permet d'en compléter le sens. Dans l'exemple suivant, Michelet affirme que la femme est troublée par un orage intérieur, mais non caché. Il détache, pour le souligner, le membre «mais non caché» : «Faible encore, et toute nerveuse, elle est d'autant plus troublée de cet orage intérieur. Intérieur, mais non caché» {Mer, p. 395).
TYPES DE PHRASE. — Michelet use de tous les types de phrase, aussi bien de ceux de la langue familière, presque populaire, que de ceux de la langue écrite.
Voici qui est littéraire : « Grande position religieuse, d'avoir un pied déjà dans la voie haute, l'ascension prête et désirée vers les vies supérieuses ! » {Amour, p. 416) ; — «Vienne plutôt la mort pour remède et guérison radicale» {Amour, p. 5); — «Qu'on donnât à ceux-ci [les hommes du peuple] la rénovation de nature, l'air, la mer, un jour de repos, ce serait une justice.... {Mer, p. 418).
C'est un trait fréquent dans le parler populaire que de commencer la phrase par un adverbe du type « bien sûr que, même que », etc. : (le rossignol) « me regardait curieusement lorsque j'étais seul. Bien entendu que, sa maîtresse présente, il m'oubliait entièrement, j'étais annulé» {Oiseau, p. 274).
Le «développement». ■ — Nous retrouvons ici le même mélange d'innovations révolutionnaires et de procédés traditionnels. Voici qui pourrait plaire aux « classiques » : (Les résineux) « furent de tous les âges, sont de tous les climats. Ils acceptent les températures et les lumières les plus diverses. Aux cèdres le Liban, aux pins et aux cyprès l'Orient lumineux. Aux sapins la Norvège et les ombres du Nord » {Montagne, p. 218).
Ces artifices qui sentent un peu le rhéteur me paraissent plus justifiés quand il s'agit de l'Océan :
« Partout il apparaîtra imposant et redoutable. Tel il est autour des caps qui regardent de tous côtés. Tel, et parfois plus terrible, aux lieux vastes, mais circonscrits, où l'encadrement des rivages le gêne et l'indigne», etc. {Mer, p. 13 ; cf. p. 12).
Le même procédé sert à Michelet pour énumérer les défauts des maris : « Bizarre est l'inconséquence du temps. S'agit-il de briller, de gagner, de faire fortune, ils sont tous ce qu'ils appellent positifs,
ce qui veut dire grossièrement matériels. S''agit-il , etc. {Amour,
Avouons que parfois cette rhétorique passionnée nous paraît quelque peu hors de propos. Le mammifère, affirme Michelet, peut, dès sa
naissance, se tirer d'affaire tout seul : « Autre est le destin de l'oiseau. Il mourrait, s'il n'était aimé. »
«Aimé? toute mère aime, de l'Océan jusqu'aux étoiles. Mais je veux dire soigné, entouré d'amour infini, enveloppé de la chaleur du magnétisme maternel» {Oiseau, p. 64). Je regrette de ne pouvoir citer entièrement la page curieuse sur le vent du Sud et l'éclosion du printemps en
montagne : « le tyran du sud [8 lignes] , le brûlant démon d'Afrique
[4 lignes] La panique est dans l'étable : la vache effrayée mugit.
Dieu ! Que va-t-il advenir?... Ce qui vient, c'est le printemps» [Montagne, p. 47-48). .
Souvent, au contraire, Michelet accumule des phrases brèves, parfois sans verbe. De pareils développements peuvent avoir une valeur sentimentale : « la vaste nuit marine, un noir infini ! rien et rien !... Mille dangers possibles, inconnus ! [Mer, p. 171). Mais, quand il s'agit de faits banals, le lecteur a l'impression d'un « tic ». La jeune femme est malade, ou près de l'être, affaiblie ; son enfant est plus faible encore : (( On a traversé l'hiver, le printemps, fort péniblement. Cependant nulle lésion grave. Faiblesse, anémie seulement ; rien qu'une difficulté de vivre » {Mer, p. 369). La femme et l'enfant iront passer l'été à la mer : « Grande dépense pour une fortune médiocre et peu aisée. Pénible dérangement pour une maîtresse de maison. Dure séparation, surtout pour des époux très-unis. On négocie» {Id., p. 370). Les joies de l'esturgeon sont présentées dans le même style : « l'esturgeon rentre, d'un
appétit immense, dans le banquet de la mer. Grande douceur pour l'affamé de trouver la grasse morue qui a assimilé en elle les légions du hareng. Bonheur infini pour lui de trouver là concentrée la substance, de mordre en chair pleine» {Mer, p. 106).
Conclusion. — D'une façon générale, Michelet est un écrivain à. procédés : il les accumule, procédés de phrase et procédés de style. Quand le sujet s'y prête, Michelet nous paraît l'égal des plus grands écrivains ; mais souvent le mécanisme joue à faux : Vaiiteur apparaît.
Michelet s'en est rendu compte. Quand il se corrige, c'est presque toujours dans le sens de la simplicité. Il avait écrit : « Qui ne voit, d'Orient et d'Occident, une ombre de mort peser sur l'Europe.» Il a préféré : « cette grande ombre s'étendre sur l'Europe » {Peuple, éd. Refort, p. 27). Il a renoncé à une métaphore peu exacte {peser) et à un procédé {ombre de mort). « L'activité infinie)) du texte primitif devient « l'activité croissante)) {Id., p. 8). Michelet ne serait donc pas, comme Sainte- Beuve l'insinuait, un grisâtre qui s'exciterait à faire le pimpant, mais un romantique échevelé qui, naturellement, verrait les choses plus grandes ou plus petites, plus belles ou plus laides qu'elles ne sont,
doublé d'un sentimental, qui se passionnerait tantôt à propos et tantôt hors de propos. Il partage d'ailleurs avec les grands romantiques l'habitude de l'improvisation ; son œuvre est considérable.
Quoi qu'il en soit, ses « Essais» sont difficilement lisibles aujourd'hui. Des phrases comme celles-ci : « Nulle part autant qu'aux Pyrénées on ne se sent en rapport avec l'âme de la terre» {Montagne, p. 96) ; « La soie n'est pas proprement brillante, mais lumineuse, d'une douce lumière électrique, tout naturellement concordante à l'électricité de femme. Tissu vivant, elle embrasse volontiers la personne vivante» {Insecte, p. 174), nous paraissent bien vieillies.
Mais l'influence de Michelet a été grande, et Lanson (qui toutefois s'est bien gardé d'imiter son style) n'est pas seul à le considérer comme le plus grand écrivain du xix^ siècle^. Loti admirait que Michelet eût «une langue à lui, où, sous chaque mot, s'ouvre un abîme» {Mer; Préface, p. xii), et ses «Essais» ont pu donner à Maeterlinck l'idée d'écrire la Vie des Abeilles et la Vie des Termites. Si on ne lit plus guère les volumes de V Histoire de France, ni V Oiseau ou V Insecte, bien des pages de cet écrivain passionné et toujours sincère méritent de survivre.
1. « Moins orné que Chateaubriand, moins gonflé qu'Hugo, Michelet est le grand prosateur du siècle » (Emile Henriot, Le Temps, 15 août 1939).
CONCLUSION GÉNÉRALE