‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 139 sur 324 · P. 22 ; Variations sur le Carnaval de Venise, I, str · texte numérisé non relu

P. 22 ; Variations sur le Carnaval de Venise, I, str

7. L'expression est de Régnier [Macette] ; elle a été reprise par Boileau (Sat. V). — Richelet (1680) considère le mot comme «injurieux».

MOTS FAMILIERS- — Les mots familiers jouent un rôle important dans la langue de Gautier : beaucoup mieux que Hugo, Gautier a réussi, en effet, à créer une langue à la fois poétique et proche du langage parlé.

Parmi les joujoux de la morte, Gautier nous montre « une dînette

avec ses plats de bois verni »^.

[Carmen], la moricnude,

Bat les plus altières beautés^.

Chapitrer n'est pas donné par H. D. T. comme familier ; sa nuance est précisée par le nom de « Minet » :

Devant Minet, qu'elle chapitre ^.

MOTS PROSAÏQUES. — Les mots prosaïques n'ont aucune «coloration» particulière, mais il n'est pas habituel de les rencontrer en vers, et leur emploi contribue à donner aux Émaux et Camées un caractère de simplicité bon enfant. Sur le chemin du Château du Souvenir, Gautier interroge les poteaux indicateurs (v. 10). Voici les vêtements de soirée qui attendent leur maître :

C'est bal à l'ambassade anglaise ; Mon habit noir est sur la chaise.

Les bras ballants ; Mon gilet bâille et ma chemise Semble dresser, pour être mise.

Ses poignets blancs*.

MOTS RARES. — Le naturel ne doit pas être confondu avec la platitude : les mots prosaïques servent en quelque sorte de repoussoir à des termes rares. Ces termes sont très variés d'origine. Certains, sans être des termes techniques, appartiennent au vocabulaire des peintres : nacarat^, moirer :

Dans son cadre, que l'ombre moire^.

Gautier a corrigé blondir'. Céruléen est peut-être un souvenir du cérulé de Chateaubriand^.

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