‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 138 sur 324 · P. 83 ; Fumées, str · texte numérisé non relu

P. 83 ; Fumées, str

Moussu, attesté au xii" siècle, est dans IL D. T. (([iii renvoie à 1 mousseux) sans exemple littéraire. D'une sonorité agréable, moussu j mérite de vivre à côté de mousseux ; il pourrait s'employer au propre,

alors que mousseux aurait un sens figuré. I Le cas de moite est assez différent. La Fontaine {Daphné, II, 1) et, : après lui, Grasset {Carême impromptu), ont appelé la mer « le moite

séjour», « le moite élément». Gautier écrit :

Un saut dans les moites sillons ' !

La langue commune n'emploie guère moite qu'en parlant de la peau ou de la chaleur, au sens de « légèrement humide». Ici Gautier s'efforce, — vainement semble-t-il, — de conserver une périphrase poétique qui lui a plu.

Peu nombreux, les archaïsmes sont discrets : ais^, ouir^, poudre au sens de « poussière»^. Gautier construit le verbe déplorer avec un nom de personne comme objet :

G vous que mes regrets déplorent, Amis, merci d'être venus ^ !

S'est-il souvenu de Corneille ?

Je soupire comme elle et déplore mes frères

[Horace, IV, 7 ; Sabine à Horace).

Il semble même que Gautier ait soigneusement vérifié le sens de ses archaïsmes. Il avait écrit :

Cornets à pistons, clarinettes,

Font sauter courtauds et grisettes*.

Gautier songeait évidemment à l'expression : « un courtaud de boutique»'^. C'est par les dictionnaires qu'il aura sans doute appris qu'un courtaud était un gros garçon sans distinction, et non un commis ; et il a remplacé courtaud par « commis».

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