‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 151 sur 324 · Et le barcarol me dépose » devient · texte numérisé non relu

Et le barcarol me dépose » devient

L'esquif aborde et me dépose

(P. 19 ; Var. sur le Carnaval de Venise, II, str. 14)

Que venait lécher dans ses crues Hopi-mou, le père des eaux,

est remplacé par :

Salit mon pied, que dans ses crues Baisait le îsil, père des eaux

(P. 47 ; Nostalgie d'Obélisques, str. 9).

s'enfonçait dans la grandiloquence et le verbalisme, alors que les enfants perdus du romantisme exagéraient — parfois jusqu'à l'absurde — les manies des bousingos, Gautier, sans renier quoi que ce soit de l'Évangile romantique, revient, poussé uniquement par des scrupules d'artiste, à une technique à la fois savante et soignée. Il reste, avec Hugo et Balzac, un maître expert en vocables ; mais il n'use qu'avec circonspection des ressources que lui offrent les dictionnaires français et étrangers.

Gautierk grammairien ». — Notons seulement les scrupules grammaticaux de l'ancien Jeune France. Il avait fait d^ oasis un nom masculin, peut-être en souvenir de la phrase de Chateaubriand : « une espèce d'oasis civilisé» {Itin., 2) ; il corrige cette faute :

Fraîche oasis où l'art respire^.

Faut-il écrire : «les Racines y> ou «les Racine)^? Il avait opté pour le singulier en 1858 ; le texte définitif préfère le pluriel :

La procession des bourgeois,

Les Solons qui vont à la chambre,

Et les Arthurs qui vont au bois 2.

Gautier mettait-il, comme Flaubert, la Grammaire des Grammaires sous son oreiller? La chose serait possible^.

Procédés de style. — Nous retrouvons dans les Émaux et Camées la plupart des procédés mis à la mode par l'École romantique.

PLURIELS DE NOMS ABSTRAITS. — Nous en distinguons deux catégories : les somptuosités sont des choses somptueuses ; les corruptions sont des individus corrompus :

a. Impériales fantaisies.

Amour des somptuosités ; Voluptueuses frénésies.

Rêves d'impossibilités*.

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