‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 172 sur 324 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

5. Leconte de Lisle à Heredia, 20 sept. 1880, dans Ibrovac, J.-M. de Heredia, p. 299, n. 2.

6. Lettre à André de Guerne, 19 nov. 1881, dans Ibrovac, op. cit., p. 182.

7. Préface des Poèmes antiques (1852). — Préface des Poèmes et Poésies (1855). — Les Poètes contemporains, dans Le Nain Jaune (1864) : Béranger, Lamartine, Victor Hugo, Alfred de Vigny, Auguste Barbier, Baudelaire. — Discours sur Victor Hugo, prononcé à l'Académie française le 31 mars 1887. — Je cite ces textes d'après l'édition Lemerre in-12 (p. 215-309).

résume brièvement toute l'histoire de la langue et de la littérature française : la Pléiade « tente avec éclat un renouvellement des formes poétiques.... ; mais sa langue n'est pas faite» (p. 290) ; au xvii^ siècle, « les esprits, avides d'une discipline commune, s'imposent bientôt d'étroites règles, souvent arbitraires, qu'ils tiennent à honneur de ne plus enfreindre... Il semble que tout a été pensé et dit, et qu'il ne reste aux poètes futurs qu'à, répéter incessamment le même ensemble d'idées et de sentiments dans une langue de plus en plus affaiblie,

banale et décolorée ))^. Le romantisme apparaît comme la véritable

renaissance intellectuelle : « Enfin, messieurs, à cette léthargie lyrique de deux siècles succède un retour irrésistible vers les sources de toute vraie poésie, vers le sentiment de la nature oubliée, dédaignée ou incomprise, vers la parfaite concordance de l'expression et de la pensée qui n'est elle-même qu'une parole intérieure, et la renaissance intellectuelle éclate et rend la vie à l'art suprême.^»

Toutefois le Parnasse se présente comme une réaction contre le Romantisme^. S'il est vrai que l'on ne se proclame classique que contre quelqu'un, Leconte de Lisle, nouveau Malherbe, a inauguré, en s'opposant à Musset, à Lamartine, à Vigny et à Hugo, un classicisme nouveau.

MUSSET. — Leconte de Lisle est dur pour Musset, « ce poète médiocre, artiste nul^». Mais cette boutade féroce, comme il arrive souvent, ne représente pas exactement le fond de sa pensée. Calmettes énumère la liste des défauts que Leconte de Lisle relevait dans l'œuvre de Musset ; mais, dans un article du Nain Jaune, il lui reconnaissait du génie ^.

LAMARTINE. — Lamartine est à, peine mieux traité que Musset. Leconte de Lisle critique sa versification « fluide et fade, d'une harmonie flasque et banale»^. «Le vers des Méditations, ample et mou, n'a ni ressort ni flamme. La lymphe en gonfle les contours onctueux. Son énervement le contraint de s'en remettre au vers qui le suit du soin

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