Leconte de Lisle, Baudelaire, p
de le soutenir, et tous fondent l'un dans l'autre, à pleine strophe .^ » Jocelyn n'est pas moins sévèrement apprécié que les Méditations : « Sauf de rares morceaux pleinement venus, il y a dans ce gémissement continu une telle absence de virilité et d'ardeur réelle, cette langue est tellement molle, efféminée et incorrecte, le vers manque à ce point de muscles, de sang et de nerfs, qu'il est impossible d'en poursuivre la lecture et l'étude sans un intolérable malaise.^» Considérant dans l'ensemble l'Ecole lamartinienne, sujets et exécution, il conclut : « Ce sont des lieux communs propices à des développements indéterminés. Il en résulte que la mélopée lyrique en elle-même n'est plus qu'une longue lamentation musicale non rythmée qui se noie finalement dans les larmes.^»
Mais ceci s'applique surtout aux médiocres imitateurs de Lamartine. En province, d'innombrables poètes lamartiniens — sans compter les poétesses — exploitaient sans pudeur les procédés du maître ; à, Paris, l'École du cœur n'était pas moins florissante. Ce n'était, après les magnifiques cris de douleur d'un Lamartine et d'un Musset, que larmes simulées et gémissements d'emprunt*. C'est contre la banalité et la vulgarité de ce procédé nouveau que s'élève Leconte de Lisle^.