Id., 1872-1878, Les Destins, p
rhomine, fier néant, n'est qu'un des parasites
D'une sphère oubliée entre les plus petites, Parasite à son tour des crins d'or du soleil ^.
C'est ainsi que la poésie phjlosophique devient l'occasion du développement regrettable d'une préciosité nouvelle. « Le flot limpide et sûr des conséquences», «les crins d'or du soleil», n'est-ce pas là le type même de l'ornement de style, de la fausse beauté ?
La philosophie offrira-t-elle au poète, à défaut d'idées ou d'images, son vocabulaire particulier ? Les termes de philosophie, en dehors des poèmes purement philosophiques, peuvent-ils servir à varier ou à enrichir le lexique traditionnel du poète ?
Il semble bien que non. Ces vocables, lourds et pédants de forme, essentiellement abstraits de signification, n'ont aucune couleur. Les Parnassiens n'ont pas réussi à donner à la littérature française l'équivalent de ce qu'est, pour la littérature latine, le poème de Lucrèce ; et la poésie, en général, n'a rien à gagner à la fréquentation des psychologues ou des métaphysiciens.
LES SUJETS sciEJsriFiQUES. — La poésie scientifique 2 se heurte aux mêmes difficultés. Si le poète recherche l'exactitude, il est plat :
Dans les combats légers de l'air avec la feuille, Il [le chimiste] nous fait voir un gaz attaquant du charbon ; La fleur miême pour nous, depuis qu'il en recueille L'âme sous l'alambic, ne sent plus aussi bon^.
S'il veut rester poète, il devient vague, et telle page de Sully- Prudhomme doit se présenter à l'astronome comme une véritable devinette :
Mais la terre suffit à soutenir la base
D'un triangle où l'algèbre a dépassé l'extase ;
L'astronomie atteint où ne ment plus l'azur :
Sur des plafonds fuyants chasseresse d'étoiles.
Elle tisse, Arachné de l'infini, ses toiles
Et suit de monde en monde un fil sublime et sûr*.
Dans les deux cas, la langue laisse une impression d'effort et d'artifice. Il est même arrivé à Sully-Prudhomme de surpasser les maîtres