‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 219 sur 324 · Dierx, Œuvres, p. 5. — Le poète s'adresse à la France · texte numérisé non relu

Dierx, Œuvres, p. 5. — Le poète s'adresse à la France

Il est donc vrai ? Je garde en ((uittant la pairie,

G profonde douleur ! un ccjeur indifférent.

Pas de regard aimé, pas d'image chérie,

Dont mon œil au déjiart se détache en pleurant^.

A côté du «moi», M^^ Ackermann imagine le « nous-mêmes», qui en est une forme élargie : création heureuse, qui substitue en quelque sorte l'altruisme à l'égoïsme, elle méritait de rencontrer plus de succès.

Il ne reste plus rien de cet ancien nous-mêmes ; Sans pitié ni remords, le Temps nous l'a soustrait^.

Moins heureuse est la forme quelqu'une (sans complément) employée par Léon Dierx :

Peut-être existe-t-il quelqu'une plus fidèle, Dont l'amour deviné vous consolerait d'elle^.

Enfin notons, de Leconte de Lisle, un curieux accord par anticipation et par syllepse :

Les abeilles sortaient des ruches naturelles Et par essaims vibraient au soleil matinal ; Et, livrant le trésor de leurs corolles frêles. Chaque fleur répandait sa goutte de cristal*.

Au troisième vers, leurs « représente » les fleurs ; puis le poète précise son idée et écrit : « chaque fleur ». Cette savante figure est tout à fait dans le goût classique.

Le verbe. — lyATURE du verbe : VERBES TRANSITIFS ET INTRAN-

SITIFS. — Les poètes parnassiens usent du procédé qui consiste à donner aux certes transitifs une valeur intransitive en les employant sans complément, et à donner aux verbes intransitifs un complément d'' objet.

Dans ces vers de Leconte de Lisle, il est certainement plus expressif de ne pas limiter par un objet le sens des verbes, illuminer, connaître :

Là, sous le dôme épais des feuillages pouri)rés. Parmi les kokilas et les paons diaprés, Réside Bhagavat dont la face illumine^.

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