Coppée, Poésies, 1864-1869, p
Les Parnassiens n'ont pas abusé du procédé, qui devait se développer dans la suite et qui est aujourd'hui bien vivant.
Les articles. — En français moderne, l'article s'emploie régulièrement devant tout nom pris avec sa valeur nominale.
Il est traditionnel de supprimer l'article, dans un texte littéraire, devant deux mots réunis par «ei», quand ces deux mots constituent une sorte d'unité (type : «promettre monts et merveilles ^^) :
Là-bas, soudaine et fière, une fanfare éclate ; Et, poussant devant eux clairons et timbaliers. Apparaissent au loin les premiers cavaliers D'un pompeux régiment qui vient de la parade^.
Les Romantiques ont développé le procédé qui consiste, dans une description, à construire un complément circonstanciel de manière sans préposition et sans article.
De loin, on croit des hirondelles :
Robes sombres et grands cols blancs ; Et le vent met des frissons d'ailes Dans les légers camails tremblants^.
Il est plus rare et plus exceptionnel de supprimer l'article devant l'objet d'un verbe.
Tu rêvais paix universelle' !
Ce n'est là qu'un artifice, médiocrement heureux, pour donner à une phrase, d'ailleurs prosaïque, l'aspect d'une formule de caractère général.
Voici, en revanche, un emploi curieux de l'article défini devant un adjectif :
La grande sœur, sereine et douce, travaillait ;
Sa sœur avait dix ans, et lisait, la savante,
Les contes qui sont vrais
(Mérat, Chimères, p. 152).
Pronoms personnels et adjectifs possessifs. — Quelques emplois archaïques se maintiennent. M°^^ Ackermann emploie il avec la valeur de « cela» (dans la locution : « il est donc vrai»).