‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 253 sur 324 · Bouilhet, Œuvres, p · texte numérisé non relu

Bouilhet, Œuvres, p

On dirait un pavot rouge

Quand il bouge, Un pavot dans le blé vert*.

L'air était plein d'un vol léger de lucioles, Et parfois on eût dit que des étoiles folles Pleuvaient du ciel en feu sur le feuillage noir^.

QUELQUE CHOSE COMME. — Voici un exemple de Goppée :

de mes vêtements et de mes mains fiévreuses

Se dégage un arôme exquis et capiteux,

Dont je suis à la fois trop fier et trop honteux

Pour en bien définir la volupté profonde,

Quelque chose comme une odeur qui serait blonde''.

LE VERBE « ÊTRE ». ■ — Le verbe « être » identifie deux personnes ou deux choses.

La terre est une épouse épanouie et mûre.

Le blé, pareil à l'or, lui fait des cheveux blonds

Qu'elle secoue au vent, étincelants et longs*.

Je sais une chapelle horrible et diffamée.

Dans laquelle autrefois un prêtre s'est pendu

Ma conscience est cette église de scandales ; Mes remords affolés bondissent sur les dalles ; Le doute, qui faisait mon orgueil, me punit^.

Aussi le poète, reculant devant une assimilation trop audacieuse, ajoute-t-il parfois l'adverbe «comme» :

toutes les ardeurs du mauvais souvenir,

Qui viennent s'imposer à mes sens et ternir

Les naïves blancheurs à peine encore écloses,

Sont comme des moineaux qui, dans le mois des roses.

S'installeraient, parmi tous les autres jardins.

Pour prendre leurs ébats effrontés et badins,

Se becqueter à l'aise et palpiter des ailes,

Dans un pensionnat de jeunes demoiselles^.

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