Id., p
MÊLER A. — Victor Hugo avait imaginé un moyen nouveau d'introduire une comparaison antithétique, c'est le verbe « mêler (à) ». Heredia l'a utilisé.
Le pâtre, épouvanté, s'enfuit vers Tirynthe :
Car l'ombre grandissante avec le crépuscule
Fait, sous l'horrible peau qui flotte autour d'Hercule,
Alêlant l'homme à la bête, un monstrueux héros ^.
COMPARAISONS COMPLEXES. — Leconte de Lisle, dans ses poèmes orientaux, use de comparaisons complexes :
La grande Héré, Pallas, plus promptes que l'éclair, Comme un songe brillant disparurent dans l'air^.
De même, les enfants de Xiobé sont
pareils à des épis Que le gai moissonneur, l'âme de plaisir pleine, Ainsi çu'un blond trésor, amasse dans la plaine^.
Il semble qu'il y ait à la fois désir de variété et volonté d'accumulation.
Il rugit en lion, en molosse il aboie ;
Comme l'aigle habitant d'Athos aux pics déserts,
Il vole....*.
Tels sont les «outils comparatifs» qu'offrait la langue française, vers 1860, à des poètes savants, soucieux de clarté et d'élégance, curieux aussi de donner à leurs vers, quand l'occasion se présentait, un certain cachet d'archaïsme et d'exotisme.
L'objet comparé et l'objet de comparaison sont naturellement d'importance variable. Nous notons toutefois, dans Leconte de Lisle, deux types très nets. Le premier présente deux termes rigoureusement équilibrés : un vers, un vers ; deux vers, deux vers. L'autre type, au contraire, usuel dans les comparaisons homériques, oppose à un terme bref un second terme longuement développé.
La Métaphore. — La métaphore transpose comparé et comparant. C'est à la fois un réel avantage et un sérieux inconvénient. Toute métaphoreun peu osée se trouve interdite, à moins que l'on n'emploie quelque