Coppée, Poésies, 1864-1869, p. 189 (L'Attente
7. Heredia à Leconte de Lisle, 30 oct. 1879 (Ibrovac, op. cit., p. 140).
8. Heredia à M™» H. de Régnier, 14 juil. 1905 (/</., p. 198).
Heredia eût-il, en vers, accepté haillonneux et calotte? J'en doute un peu. Nous saisissons ici la différence que faisaient nos poètes entre le néologisme « de conversation», que l'on risque dans un salon ou dans une lettre familière, et le néologisme poétique.
Un adjectif verbal inattesté doit être compté comme néologisme :
Et nous choisirons les routes tentantes, Sous les saules gris et près des roseaux, Pour mieux écouter les choses chantantes, Moi, le rythme, et toi, le chœur des oiseaux^.
VERBES. — Les verbes nouveaux sont rares :
Vous aviez fui, vive et charmée.
Par les taillis, en plein soleil ; Un flot de sang jeune et vermeil Pourprait votre joue animée^.
Encore Leconte de Lisle a-t-il pu supposer que l'existence du participe pourpré justifiait l'emploi du verbe.
Sur l'adjectif blanc (passer une nuit blanche), Bouilhet a créé le néologisme « blanchir des nuits» :
par mon cœur qui saigne averti que j'aimais, J'ai blanchi bien des nuits des feux de mes bougies ; Mais j'eus cette pudeur de n'en parler jamais^.
COMPOSÉS. — Les composés proprement dits sont rares. Simple-vêtu se trouve dans un article d'Anatole France*. Le type pâtre promontoire est resté en général réservé à Hugo.
PRÉFIXES. — - Peu de préfixes restent vivants. Dé-, dès-. ■ — • Découronner (l'arbre se découronne) est dans Sully- Prudhomme^.
En-. — Enténébrer :
Ma chair assassinée a servi de repas
Aux loups. Le reste gît en ce hallier funèbre.
Et l'Ombre errante aux bords que l'Érèbe enténèbre
S'indigne et pleure. Nul n'a vengé mon trépas®.