Heredia, Trophées, p. 46 (La Prière du Mort
In-. — Le préfixe in- est très particulièrement répandu. Est-ce par nécessité? Ou le travail de Pougens^ a-t-il lancé la mode des «négatifs»? A côté de inconsolé^, insoucieux^, qui sont, vers 1870, de faux néologismes, je note indécrit, infrangible.
O solitude simple ! ô voluptés sauvag'es ! Bonheur indécrit, liberté sans lois* I
Viens. Partout tu verras, par les landes d'Arèz, Monter vers le ciel morne, infrangible cyprès, Le menhir sous lequel gît la cendre du brave^.
Re-. — Re-, comme in-, est bien vivant dans la langue parlée. 11 se présente sous les formes re, r, ré.
au loin s'allonge et plane en soulevant Les plis du soir, le geste étrangement vivant D'un noir tronc d'arbre hors d'une rocheuse fente, Ou d'un iTiort que sa fosse ouverte réenfante^ !
Du levant au ponant, des profondeurs au faîte. Sous le ciel rassombri la blancheur s'est refaite".
Trans-. — Trans- est exceptionnel :
Et, transfixant du bout de ses défenses d'or L'Univers échoué dans l'étendue humide.
Il remonta, couvert d'une écume splendide^.
Extension de sens. — La néologie consiste non seulement à créer des mots nouveaux, mais aussi à donner des sens nouveaux à des mots anciens : moins voyant, le procédé est peut-être même plus dangereux pour la « pureté» de la langue.
Quand Mendès, chantant Garibaldi. parle
des nations que couvre D'ombre le Vatican et de faux- jour le Louvre®,
ce n'est pas une impropriété, mais une métaphore. Mais quand, décri-