Id., Sacre de la Femme, v
8. Cont., éd. Vianey, t. I, p. 57 ; Réponse à un acte d'accusation, v. 148-149.
9. Id., t. III, p. 32, v. 357. — Ire avait été « regretté » par La Bruyère.
HTTGO «VISIONNAIRE» 21
pour rimer avec redire^ et l'on a l'impression, non d'une tentative de sauvetage, mais d'un pis-aller, presque d'une licence. Cwadière^, — il s'agit d'un ci-devant, — est là pour la couleur locale : ce n'est pas un archaïsme à proprement parler, mais plutôt un terme technique.
Les mots archaïques appartenaient au genre troubadour, et Victor Hugo prenait garde à Marchangy.
jsÉOLOGiSMES^. — «Misérable ressource pour l'impuissance», tel était le jugement porté par Hugo, en cela fidèle disciple de Nodier, sur le néologisme.
Hugo a créé quelques néologismes, mais par occasion ; c'est pour lui une simple fantaisie. Rostabat est armé d'
Un noir grappin qui semble une araignée horrible, Masse affreuse oscillant au bout d'un long anneau ; Il lance sur Roland cet arrache-créneau^.
Le mot est pittoresque. Mais il est évident que Hugo n'a pas la prétention d'en faire l'aumône à la langue française. C'est un mot aventurier, — d'ailleurs placé à la rime.
H en est de même de grand' seigneurie qui, lui, est nettement plaisant. Hugo se moque de l'homme de lettres de jadis :
La dentelle au cou, grave
Dans le salon de ]\Iars ou dans la galerie
D'Apollon, submergé dans la grand' seigneurie,
Dans le flot des Rohan, des Sourdis, des Elbeuf *.
LE MOT ÉTRANGER. — Inconnu au lecteur, le mot étranger produit sur lui le même effet que l'archaïsme ou le néologisme. Hugo ne l'emploie qu'avec discrétion et discernement.