‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 40 sur 324 · Châl., p · texte numérisé non relu

Châl., p

MOTS FAMILIERS. — C'est un principe cher à Hugo que la prose doit joindre la familiarité à la noblesse : le mot familier — celui qui vient naturellement aux lèvres entre parents, entre amis, entre égaux — est donc normal dans ses vers.

Notons seulement un procédé qui consiste à juxtaposer un terme familier à des termes plus relevés :

J'étais devenu vieux, timide, Et jaune comme un parchemin, A l'ombre de la pyramide Des bouquins de l'esprit humain^.

Hugo n'iiésite pas même à employer, quand il s'agit de l'Amour (Hugo professe que l'Amour antique était buveur d'eau, et que l'Amour moderne n'est présentable que quand il est en état d'ébriété), un mot très familier :

Sa petite bedaine à table-.

MOTS VULGAIRES. — Le mot vulgaire est un mot à effet ; le mot familier passe inaperçu et, à la réflexion, se justifie ; le mot vulgaire détonne.

Parfois il a une valeur insultante :

Aucune indignité ne manque à ces bonshommes ; Ruffins poussifs. Verres goutteux, Séjans fourbus,

Selles à tout tyran, sénateurs omnibus

Ils sont gais, et, contant leurs antiques bamboches. Branlent leurs vieux gazons sur leurs vieilles caboches^.

Mais il apparaît aussi dans des poèmes de caractère fantaisiste :

Le soir, quand luit la brume informe, Quand les brises dans les clartés Balancent une pourpre énorme De nuages déchiquetés.

Quand les heures font leur descente Dans la nue où le jour passa, Il voit la strophe éblouissante Pendre à ce décroche-rnoi-ça*.

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