‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 41 sur 324 · Chansons, liv. I, iv, xi, v · texte numérisé non relu

Chansons, liv. I, iv, xi, v

2. Id., liv. I, II, IX, Senior est Junior; v. 11. — H. D. T. qualifie bedaine de très familier.

3. Châl., p. 204. — Gazon : 0 Ac. 35, Ac. 78. — Littré : Se dit quelquefois, par plaisanterie, de la perruque d'un chauve, ou des cheveux très rares qui restent sur sa tète. — H. D. T. : Trivial. Perruque courte. — Il semble que Hugo emploie le mot dans le second sens noté par Littré.

4. Chansons, éd. Ollendorft, p. 284. — Décroche-moi-ça : © Acad. 35, 78 ; Littré, Littré Supp., Add. ; H. D. T. — Lorédan Larchey, Les Excentricités du Langage, 5« éd., 1865 : « -M. Auguste s'habille au décroche-moi-cela, ce qui veut dire en français chez le fripier.» — Au Temple, un Décrochez-moi-ça est un chapeau de femme d'occasion. Aussi : une croûte (peinture). — Point de départ : décrocher (déclouer] quelque chose du Mont de Piété.

Grâce à Hugo, le vocabulaire de la poésie s'est donc élargi jusqu'à comprendre, ou peu s'en faut (Hugo n'a jamais appelé le cochon par son nom qu'en théorie), le dictionnaire entier de la langue française.

CHANGEMENTS DE SENS. — Les exemples que je vais étudier doivent-ils être taxés d'impropriétés ? J'ai déjà cité (p. 7 et n. 5) les étymologies fantaisistes de Hugo. Ne considérait-il pas d'ailleurs que le poète, s'il ne pouvait pas, comme Dieu, créer des mots en partant du néant, avait du moins le droit de les recréer? Ce qui, chez d'autres, serait une faute — , ou tout au moins une licence — , est chez lui l'application d'un principe^.

Il décrit le monde de Napoléon le Nain : .

Ce monde-là prospère. Il prospère, vous dis-je ! Embonpoint de la honte ! époque callipyge^ !

Callipyge évoque pour Hugo une image où l'embonpoint se mêle à la honte.

Qu'est-ce qu'une jupe effarée ? Évidemment l'adjectif prend dans Hugo une valeur inconvenante. Les rois

sont les Mécènes De la jupe effarée et des groupes obscènes^.

C'est la nature môme de la stylistique visionnaire d'appliquer à un nom des adjectifs d'autant plus suggestifs qu'ils sont plus impropres. Charlemagne s'écrie :

Guerriers, allez-vous-en d'auprès de ma personne, Des camps où l'on entend mon noir clairon qui sonne

(Légende des Siècles, Aymerillot, v. 233-234).

Qu'est-ce qu'un noir clairon ? La suite l'explique :

Quand vous vous chaufferez les pieds à vos chenets, Tournant le dos aux jours de guerres et d'alarmes

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