‹ Histoire de la langue française (volume 3)Chapitre 81 sur 324 · Id., p · texte numérisé non relu

Id., p

12. Id., p. 81. — Dans ses articles de journaux, Banville, suivant un procédé cher à LaforiTue et commun à l'époque, s'amuse à « reformer » des locutions toutes faites : un transfuge de la poésie, par exemple, meurt « pauvre et malhonnête » (Fuchs, op. cit., p. 445 et n. 3).

13. <i Les poètes oublient le sens pour ne s'occuper que des mètres ou des rimes de leurs compositions, et ils finissent par se glorifier eux-mêmes du nom de funambules de la poésie» (Lamartine, Cours fam., 18^ entretien, 1857).

votre art, quand il est évident que vous le glorifiez et que vous le défendez par les malins tours et les coquettes surprises du métaphorisme le ])lus ingénieux et le plus raffiné.^»

Quand Banville mourut, Paul-Marius André, au nom de la rédaction de La France Moderne, écrivait : « Les jeunes avaient gardé pour lui l'admiration qu'imposent les Maîtres indiscutables, et La France Moderne l'a vénéré comme le dernier poète de la grandeur romantique. 2»

Banville se faisait une haute idée de la poésie. Il écrivait dans son Traité de Versification : « La poésie est à la fois musique, statuaire, peinture, éloquence ; elle doit charmer l'oreille, enchanter l'esprit, représenter les sons, imiter les couleurs, rendre les objets visibles, et exciter en nous tous les mouvements qu'il lui plaît d'y produire ; aussi est-elle le seul art complet, nécessaire, et qui contienne tous les autres ^. »

Ce romantique «coureur d'oiseaux bleus et de papillons roses»* a fait les délices d'Anatole France^. Il n'a eu qu'un disciple, Glatigny ; mais sa conception de la poésie, qui rappelle celle de Gautier, annonce aussi les doctrines des symbolistes.

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